Méthodes différentes … mêmes objectifs

Morsi Attalla, dimanche 7 septembre 2008

Les pro­cé­dures illé­gi­times et les manœuvres malignes d’Israël prouvent clai­rement qu’il veut ins­taurer sa propre paix et non pas celle de la légi­timité inter­na­tionale. Il n’est donc pas question de parler de négo­cia­tions et d’accords, mais d’imposer à tous un fait accompli.

Il est clair qu’il n’y a rien de pro­metteur dans les plans et les manœuvres effectués par Israël. Surtout si les Israé­liens conti­nuent à penser qu’ils peuvent obtenir la paix à laquelle ils aspirent, bien qu’ils insistent à fermer toutes les portes face au dia­logue concernant deux ques­tions essen­tielles. Pre­miè­rement : le retour de Jéru­salem arabe en tant que l’un des droits essen­tiels fixés par la légi­timité inter­na­tionale. Deuxiè­mement : le droit des réfugiés au retour ou aux indem­nités confor­mément aux réso­lu­tions du Conseil de sécurité, dont la plus impor­tante est la réso­lution n°194.

Qu’y a-​​t-​​il de nouveau ? N’est-ce pas c’est cette même poli­tique que les gou­ver­ne­ments israé­liens consé­cutifs ont tou­jours suivie ? La réponse est oui. Il est vrai qu’il n’y a rien de nouveau en ce qui concerne les pro­cé­dures. Mais le nouveau est qu’Israël veut aujourd’hui pra­tiquer l’agression et la colo­ni­sation sous de nou­veaux éten­dards. C’est-à-dire tout en parlant de négo­cia­tions, de trêve et de cessez -le-​​feu avec les Pales­ti­niens. Or, ceci est dif­ficile à assi­miler, puisqu’auparavant l’agression était pra­tiquée sous les tirs des canons et dans un climat dominé par les tam­bours de guerre. Il est également inquiétant de voir que les pro­cé­dures de confis­cation des ter­ri­toires pales­ti­niens, en par­ti­culier à Jéru­salem, sont effec­tuées paral­lè­lement avec la construction du mur de sécurité en Cisjordanie.

Il était com­pré­hen­sible que les Etats-​​Unis ferment les yeux face aux com­por­te­ments israé­liens qui pro­voquent les sen­ti­ments arabes et la légi­timité inter­na­tionale. Et ce, avant d’assumer le rôle du parrain du pro­cessus de paix.

Or, il est clair que les actions amé­ri­caines n’ont jamais eu pour objectif d’atteindre une paix réelle et sérieuse, comme le prouvent les données et les résultats de la der­nière tournée effectuée par Rice. Donc, il n’y a rien de récon­fortant dans les com­por­te­ments israé­liens et américains.

Les pro­cé­dures illé­gi­times et les manœuvres malignes d’Israël prouvent clai­rement qu’il veut ins­taurer sa propre paix et non pas celle de la légi­timité inter­na­tionale. Il n’est donc pas question de parler de négo­cia­tions et d’accords, mais d’imposer à tous un fait accompli.

Tout prouve qu’Israël n’a aucune intention de changer les poli­tiques suivies depuis 1967.

Il est main­tenant clair que l’objectif d’Israël a tou­jours été celui de pro­voquer un chan­gement radical dans la structure démo­gra­phique de Jéru­salem de façon à ce que les habi­tants juifs soient majo­ri­taires, surtout à Jérusalem-​​Est. Et pour réa­liser cet objectif, Israël a eu recours à des pro­cé­dures et des déci­sions intran­si­geantes octroyant des faci­lités sans limites aux habi­tants juifs et imposant des res­tric­tions étouf­fantes aux habi­tants arabes.

De plus, Israël a tou­jours voulu effectué le plus rapi­dement pos­sible des chan­ge­ments géo­gra­phiques radicaux de façon à changer com­plè­tement les carac­té­ris­tiques de la Cis­jor­danie. Et ce, par la concen­tration des colonies et la construction du mur de sécurité. De façon à ce qu’il soit impos­sible de réunifier la Cis­jor­danie. C’est ainsi qu’Israël pourra imposer une nou­velle réalité selon de nou­velles données géo­gra­phiques et démographiques.

L’objectif d’Israël a également tou­jours été de ter­ro­riser les habi­tants de Jéru­salem et de pra­tiquer des pres­sions autant légi­times qu’illégitimes contre eux pour les pousser à quitter la ville ou à vendre leurs pro­priétés et leurs terres. Et quand les Pales­ti­niens ont affronté cette poli­tique avec énor­mément de résis­tance et d’insistance à ne pas quitter leurs terres, Israël a eu recours à la confis­cation des pro­priétés et des ter­ri­toires et à entraver le travail et le com­merce dans la partie Est de la ville. C’est ainsi que l’écart est devenu fla­grant entre les niveaux de vie et les taux de crois­sance dans les 2 parties de la ville. Pros­périté chez les juifs et misère totale chez les Arabes ! Il est clair qu’Israël pense qu’il lui est pos­sible d’investir pour son seul intérêt, la crise que vit toute la région.

Or, il n’est pas vrai que seuls les Pales­ti­niens assu­meront les réper­cus­sions de la crise de la paix. Israël est le côté qui a le plus besoin de cette paix, puisqu’il obtiendra des béné­fices sans rien donner en contre­partie. Tout le monde sait que la formule de « la terre contre la paix » signifie qu’Israël obtiendra la paix sans sacrifier une seule par­celle de ses ter­ri­toires qui lui ont été octroyés confor­mément à une volonté inter­na­tionale qui a abouti à la réso­lution n°181 des Nations-​​Unies pro­mulguée en 1947. Selon cette réso­lution, une partie des ter­ri­toires de la Palestine avait été consacrée à l’instauration de l’Etat hébreu.

De plus, tout le monde sait que l’Etat hébreu, dans le cadre des fron­tières existant jusqu’au 4 juin 1967, com­prenait des ter­ri­toires arabes qui avaient été usurpés par agression mili­taire. Et Israël avait connu une expansion dépassant le double de ce qui avait été fixé par la réso­lution de 1947 sti­pulant la division de la Palestine en 2 Etats, un Etat hébreu et un Etat arabe.

Or, aujourd’hui les Israé­liens doivent savoir que la réso­lution finale sous n’importe quelle forme ne doit pas exclure le retour de Jéru­salem, le droit des réfugiés au rapa­triement, la des­truction des colonies, l’instauration de l’Etat hébreu selon les fron­tières du 4 juin 1967. Sinon la paix n’aura aucun sens. Au contraire, la situation dans les deux Etats deviendra de plus en plus dan­ge­reuse. Effec­ti­vement, les expan­sions colo­niales qui coïn­cident avec la course à la judaï­sation de Jéru­salem prouvent que la pensée poli­tique d’Israël est tout à fait loin de l’esprit de la paix réelle et globale. Cela dévoile également une inca­pacité, en par­ti­culier chez les Israé­liens, à faire la dif­fé­rence entre le vrai et le faux, entre ce qui est permis et ce qui est interdit, entre ce qui est pos­sible et ce qui est impossible .