Messages à la Conférence sur la Résistance populaire à Bil’in

Bil’in village, jeudi 22 avril 2010

Une impor­tante délé­gation fran­çaise est pré­sente à Bil’in malgré les aléas des trans­ports. Parmi les mili­tants, le pré­sident de l’Afps, Jean Claude Lefort, qui apportera direc­tement le message de soli­darité de l’Afps, et plu­sieurs membres de son bureau national [1].
D’autres associations et partis ont fait part de leurs messages :

Message du MAN Côte d’Or au comité popu­laire de Bil’in pour la 5ème conférence

Il y a près de quatre ans, le 3 juin 2006, j’ai par­ticipé au Salon des Ini­tia­tives de Paix, à Paris, et j’ai assisté à l’atelier « résis­tance non-​​violente en Palestine et Israël ». Je décou­vrais cette résis­tance non-​​violente, ima­gi­native, à travers la pré­sen­tation faite en commun par un jeune pales­tinien, Mohamed Khatib du Comité popu­laire contre le mur et une jeune israé­lienne de la coa­lition israé­lienne contre le mur. Pour sou­tenir ce mou­vement de résis­tance popu­laire, dès le 1er sep­tembre 2006, le MAN Côte d’Or, avec six autres asso­cia­tions, décidait d’organiser un ras­sem­blement mensuel, le 1er ven­dredi de chaque mois, pour faire connaître le combat des vil­la­geois de Bil’in contre le mur et faire signer des péti­tions adressées au Pré­sident de la Répu­blique fran­çaise et au secré­taire général du Conseil de l’U.E (*).

Aujourd’hui, ma déception est grande de ne pouvoir par­ti­ciper à la 5ème confé­rence inter­na­tionale de Bil’in, les aéro­ports ayant été fermés à cause du nuage vol­ca­nique islandais. Beaucoup d’internationaux se pré­pa­raient à par­ti­ciper à la confé­rence, malgré la décision de l’armée israé­lienne de déclarer Bil’in et Ni’lin, « zones mili­taires fermées ». Il fau­drait plutôt déclarer Bil’in et Ni’lin, « zones de paix » et aussi tous les lieux (Al Massara, Nebi Salah, Silwan, Cheikh Jarah,…) où la résis­tance popu­laire non-​​violente se déve­loppe. D’ailleurs, j’aimerais dis­poser d’une carte avec ces dizaines de « zones de paix » en Cis­jor­danie pour mieux faire connaître l’ampleur de votre lutte…

Une délé­gation d’associations a été récemment reçue au Ministère des Affaires étran­gères à Paris et le porte-​​parole du Ministère a déclaré : « La France a tou­jours mani­festé sa soli­darité avec les habi­tants de ce village et ceux qui les sou­tiennent dans leur combat paci­fique pour faire res­pecter leurs droits. Le choix de la non-​​violence est la seule manière pos­sible de pro­gresser vers la paix ».

Le MAN Côte d’Or réaf­firme son soutien à votre lutte non-​​violente et entend continuer son action en inter­pellant d’autres asso­cia­tions par­te­naires (en France et en Europe), en sol­li­citant l’appui d’élus et de par­le­men­taires français et euro­péens, et en déve­loppant l’action BDS. Nous attendons, bien sûr, les conclu­sions de la Confé­rence, pour les diffuser.

Nous espérons que la 5ème Confé­rence sera riche de ren­contres et de pro­po­si­tions pour déve­lopper la coor­di­nation entre les dif­fé­rents comités popu­laires et sus­citer une soli­darité plus large de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Nous vous adressons nos pensées les plus cor­diales, bonne conférence !

Daniel Noisette, MAN Côte d’Or (Dijon, France)

Message du Mouvement de la Paix à la Conférence de Bil’in

Les 11 per­sonnes qui devaient faire partie de la délé­gation du Mou­vement de la paix n’ont pas pu partir du fait de la fer­meture des aéro­ports en France. Deux amis pourront peut-​​être rejoindre la confé­rence et nous repré­senter pour mani­fester notre soutien et notre soli­darité à la 5ème Confé­rence de Bilin, à Abdullah Abu Rahman et à tous ceux qui on été enlevés dans la plus totale illé­galité et à leurs familles, à toute la popu­lation des vil­lages soumise à une vio­lence crois­sante. Mani­fester aussi notre émotion à l’occasion du 1er anni­ver­saire de la mort de Bassem.

Nous sommes très tristes de ne pas pouvoir par­ti­ciper, car cette délé­gation était pour nous d’une grande impor­tance. Pour le Mou­vement de la Paix, attaché à la culture de paix et de la non-​​violence, la résis­tance popu­laire qui s’étend dans toute la Cis­jor­danie, à Jérusalem-​​Est, à Bethléem, mais aussi à Gaza repré­sente pour nous un grand espoir et un moyen poli­tique d’action pour la construction de l’état pales­tinien. Une paix juste et durable sur la base des réso­lu­tions de l’ONU est pos­sible, et peut seule garantir la sécurité des popu­la­tions de la région. Cela suppose la création de l’état pales­tinien sur les fron­tières de 1967, avec Jéru­salem Est comme capitale

Les obs­tacles actuels aux négo­cia­tions viennent bien du gou­ver­nement de Benyamin Neta­nyahou qui ne cesse de mul­ti­plier les déci­sions pro­vo­ca­trices (construc­tions de colonies, des­truc­tions de maison à Jéru­salem, annexion des lieux saints, etc.) Il cherche aussi par tous les moyens à briser ce mou­vement qui l’inquiète for­tement par une vio­lente répression contre toute la popu­lation. . Mais, malgré la vio­lence qui s’exerce depuis 5 ans contre les mani­fes­ta­tions à Bil’in et dans les autres vil­lages, malgré les raids noc­turnes, les arres­ta­tions de jeunes, de res­pon­sables des comités popu­laires, la fer­meture des zones pour empêcher la venue d’israéliens et d’internationaux, la 5ème Confé­rence de Bil’in sera de nouveau un grand moment poli­tique et soli­daire. La répression ne vient pas à bout du courage, de la per­sé­vé­rance et de l’imagination créa­trice de toute la popu­lation, avec le soutien du réseau inter­na­tional créé lors de la confé­rence de Bil’in l’année dernière.

Le Mou­vement de la paix par­ticipe au réseau de soutien en faisant cir­culer l’information dans tous ses comités et divers réseaux en France, par le moyen d’une lettre d’information dif­fusée à plu­sieurs mil­liers d’exemplaires et de notre journal Planète paix. Depuis l’été 2009, nous avons eu plu­sieurs ini­tia­tives pour pro­tester contre la répression. Nous essayons avec AFPS de ras­sembler lar­gement de nom­breuses orga­ni­sa­tions. Avec plu­sieurs d’entre elles, nous avons ren­contré plu­sieurs fois le cabinet du Ministre des Affaires étran­gères pour lui demander d‘intervenir avec AFPS et des orga­ni­sa­tions impor­tantes. En Août un appel contre la répression a été signé par 40 orga­ni­sa­tions dont la CGT, plus grande orga­ni­sation syn­dicale de France. Suite à une inter­vention en février, le Ministère a publié un com­mu­niqué de presse sou­tenant la résis­tance de Bil’in, Mais pour le moment ; même si l’attitude d’ISRAËL est condamnée, les réac­tions inter­na­tio­nales restent bien timides et la poli­tique de colo­ni­sation et de répression en toute impunité continue !

Nous pensons que les euro­péens pré­sents à la confé­rence de Bil’in devraient, dans le cadre de la cam­pagne BDS, décider lors de cette Confé­rence, le lan­cement d’une grande cam­pagne euro­péenne pour la sus­pension de l’accord d’association entre l’Union Euro­péenne et Israël

Nous essayons aussi de faire inter­venir des élus à tous les niveaux, avec notamment le soutien de l’ANECR, (asso­ciation nationale des élus com­mu­nistes et répu­bli­cains) qui a envoyé une décla­ration de Soutien à la confé­rence de Bil’in. Nous devions apporter aussi des décla­ra­tions de soutien venant de maires, d’élus locaux ou régionaux. Décla­ration de la ville de Nan­terre, d’élus de Mar­seille,…. Un élu de Saint-​​Denis qui n’a pas pu venir, devait apporter une lettre du Maire de cette ville.

Nous vou­lions aussi témoigner notre soli­darité à Salah Hamouri (mais Jean-​​Claude Lefort le fera sans doute) jeune franco-​​palestinien empri­sonné depuis plus de 5 ans et ren­contrer sa mère, Denise Hamouri, qui se bat pour sa libé­ration. Salah Hamouri a été pro­clamé citoyen d’honneur de plu­sieurs villes, alors que notre pré­sident refuse tou­jours de recevoir sa mère.

Soli­darité aussi et surtout à Abdullah et à tous ceux qui ont été arrêtés ces der­niers mois et à leurs familles.

Nous sou­haitons plein succès et bonne chance à cette 5ème Confé­rence de Bil’in malgré l’absence de nom­breux délégués du fait des per­tur­ba­tions des voyages, malgré la répression israé­lienne et nous espérons qu’elle aboutira à des pro­po­si­tions d’actions.

Nicole BOUEXEL Mou­vement de la Paix Res­pon­sable du Groupe de travail Proche-​​Orient

Message du Parti communiste

Conférence de Bil’in : le PCF est solidaire de ce combat légitime et courageux

Le Parti com­mu­niste français salue la tenue, du 21 au 23 avril, de la 5e Confé­rence inter­na­tionale de Bil’in pour la résis­tance popu­laire pales­ti­nienne. Des Israé­liens et des Pales­ti­niens se réunissent pour exprimer leur volonté commune d’un règlement non-​​violent du conflit. Pour la pre­mière fois, les secré­taires généraux de tous les partis pales­ti­niens siè­geront ensemble lors de cette confé­rence. C’est un évé­nement poli­tique majeur.

De nom­breux sou­tiens inter­na­tionaux seront pré­sents. Des Com­mu­nistes français devraient par­ti­ciper à la confé­rence, si les condi­tions de cir­cu­lation aérienne le permettent.

Le mur d’annexion qui tra­verse et divise Bil’in est l’emblème d’une poli­tique illégale et illé­gitime d’occupation et de colo­ni­sation, dont les pra­tiques d’apartheid sont main­tenant lar­gement dénoncées dans le monde. Dans un contexte de dété­rio­ration très grave de la situation issu du refus de B. Neta­nyahu de toute négo­ciation véri­table et de toute solution poli­tique conforme aux réso­lu­tions de l’ONU, le Parti com­mu­niste français est soli­daire de ce combat légitime et cou­rageux mené à Bil’in et au-​​delà pour les droits du peuple pales­tinien à la paix et à l’édification d’un Etat indé­pendant à côté de l’Etat d’Israël.

Parti communiste français

Paris, le 20 avril 2010.

Message des Verts

Bil’in, mobi­li­sation non vio­lente contre le mur de l’apartheid et contre la colonisation

Communiqué de presse du 15 avril 2010

Les Verts sou­tiennent la popu­lation de Bil’in dans sa résis­tance non-​​violente contre le Mur de l’apartheid, la ségré­gation et l’occupation. Jérôme Gleizes, res­pon­sable de la com­mission trans­na­tionale les repré­sentera lors de la 5e confé­rence inter­na­tionale qui se tient à Bil’in, Palestine, les 21, 22 et 23 avril 2010.

Ce combat non violent n’a pas cessé depuis février 2005 quand les bull­dozers israé­liens ont com­mencé à arracher des oli­viers sur le futur tracé du Mur, qui prend 60% des terres de ce village de Cis­jor­danie au profit de l’extension d’une immense colonie, qui s’accapare une grande partie des res­sources en eau. Depuis, les habi­tants de Bil’in mani­festent paci­fi­quement, tous les ven­dredis, avec le renfort de mili­tants anti­co­lo­nia­listes israé­liens et inter­na­tionaux. Depuis 2006, ils ont organisé 4 confé­rences inter­na­tio­nales qui leur per­mettent de réunir leurs sou­tiens locaux et inter­na­tionaux ainsi que les repré­sen­tants des autres vil­lages de Cis­jor­danie qui les rejoignent dans leur résistance.

Bil’in a rem­porté son procès devant la Haute Cour de Justice israé­lienne qui a ordonné à l’armée de déplacer le tracé du Mur. Non seulement les mili­taires israé­liens ignorent cette décision, mais inten­si­fient la répression contre les habi­tants de Bil’in et des vil­lages de Cis­jor­danie qui suivent son exemple.

Bil’in est devenu le symbole de la résis­tance non-​​violente d’une popu­lation qui ne plie pas devant l’injustice et la terreur.

La décision du Tri­bunal de déplacer le mur repré­sente un pas en avant, mais c’est la des­truction com­plète du mur, la fin de l’occupation et des colonies que réclament les habi­tants de Bil’in.

Face à l’Etat d’Israel qui inten­sifie sa poli­tique de ségré­gation, de colo­ni­sation, de blocage à Gaza et en Cis­jor­danie, cette résis­tance non vio­lente sou­tenue par le mou­vement du Boycott, de Dés­in­ves­tis­sement et de Sanc­tions (BDS) per­siste courageusement.

Ce mou­vement de résis­tance non-​​violente popu­laire est rejoint par le mou­vement inter­na­tional de soli­darité avec la Palestine et les forces de paix en Israël. Avec eux, les Verts appellent à une par­ti­ci­pation massive à cette 5e confé­rence de Bil’in et à une par­ti­ci­pation large aux actions pour une paix juste et durable en Palestine.

Djamila Sonzogni, Porte-​​parole

Brigitte Brozio, Membre du Collège exécutif déléguée à l’international

…  [2]

[1] Les mis­sions civiles sont aussi pré­sentes, voir La 161ème mission civile est à Bil’in où elle par­ticipe à la 5ème confé­rence inter­na­tionale de la résis­tance populaire

[2] voir aussi Radio Canada :

Une goutte paci­fiste dans un océan de violence

Le choix du lieu de la ren­contre donne une idée de l’esprit qui anime la cin­quième Confé­rence inter­na­tionale sur la résis­tance popu­laire pales­ti­nienne, qui s’ouvre mercredi (21 avril). En effet, le village de Bil’in, en Cis­jor­danie, est connu pour être le théâtre de mani­fes­ta­tions heb­do­ma­daires paci­fiques contre l’occupation israélienne.

Pour pro­mouvoir le combat paci­fiste comme agent de chan­gement, de nom­breuses per­son­na­lités sont pré­sentes à cette ren­contre, dont le fils de Martin Luther King.

Ce dernier a expliqué qu’il était présent pour « encou­rager la tra­dition de la non-​​​​violence que mon père, Gandhi, et tant d’autres ont adoptée tout au long de l’histoire du monde. »

Cet évé­nement se déroule au moment où des leaders pales­ti­niens font la pro­motion de la lutte paci­fique comme étant un des outils pour se pré­parer à décréter uni­la­té­ra­lement un État indé­pendant, viable, en 2011, même sans l’accord des Israéliens.

Certains surnomment cette approche l’Intifada blanche.

Le député pales­tinien Bernard Sabella, un des par­tisans de cette approche, cite l’exemple du boy­cottage des denrées pro­duites dans les colonies comme moyen de lutte paci­fique contre l’occupation israélienne.

« L’insistance sur la non-​​​​violence chez nous, les Pales­ti­niens, aujourd’hui, est en accord avec le plan de M. Fayyad [le premier ministre pales­tinien] [pour] arriver à une position où la com­mu­nauté inter­na­tionale va regarder la Palestine et dire : Voilà, les Pales­ti­niens sont bien déve­loppés dans leurs ins­ti­tu­tions, et même dans leur men­talité. Alors, pourquoi ne pas leur recon­naître un État ? », a argué M. Sabella.

Ce futur État, le premier ministre pales­tinien Salam Fayyad en pose les jalons depuis plu­sieurs mois en Cis­jor­danie avec des réa­li­sa­tions d’infrastructures et le ren­for­cement d’institutions.

M. Fayyad affirme que le chemin vers la liberté com­prend aussi les voies poli­tique et pacifiste.

« Il y a eu des progrès dans le boy­cottage des pro­duits des colonies [israé­liennes], qui dérive de l’idée de résis­tance popu­laire paci­fique, et j’espère que nous allons faire dis­pa­raître de nos marchés tous les pro­duits des colonies d’ici la fin de l’année. », a affirmé M. Fayyad.

Mais le mou­vement paci­fiste reste limité dans les ter­ri­toires pales­ti­niens. La moitié de la popu­lation sup­por­terait tou­jours la résis­tance armée. De nom­breux Pales­ti­niens estiment que c’est la résis­tance armée qui avait forcé les Israé­liens à négocier par le passé et qu’il faut donc main­tenir cette option.

Le fils de Martin Luther King affirme que le paci­fisme portera ses fruits, car « parfois des choses mira­cu­leuses arrivent. Il est peut-​​​​être temps qu’un miracle arrive ici », a-​​​​t-​​​​il déclaré.

Israël rejette tout calendrier pour des négociations

Israël rejette toute ten­tative étrangère de fixer un calen­drier pour la création d’un État pales­tinien, a affirmé mer­credi le vice-​​​​ministre des Affaires étran­gères Danny Ayalon.

« Il ne faut pas faire de nou­velles conces­sions et signer parce quelqu’un est pressé, uni­quement parce quelqu’un dit qu’il faut créer un État pales­tinien d’ici deux ans », a déclaré le vice-​​​​ministre.

La veille, le chef de la diplo­matie israé­lienne Avigdor Lie­berman avait déjà mis en garde contre toute ten­tative étrangère d’imposer une solution au conflit israélo-​​​​palestinien et rejeté à nouveau toute division de Jérusalem.

D’après un reportage d’Anyck Béraud

Radio​-Canada​.ca avec Agence France Presse

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