Message de l’AFPS au 6ème Congrès de la FSU – Lille 1er au 5 février 2010

Afps, mardi 2 février 2010

Nous par­ta­geons la même exi­gence de paix et de respect du droit inter­na­tional et des droits des peuples à l’autodétermination

Chers amis,

A l’occasion de votre congrès auquel vous nous avez conviés, l’Association France-​​Palestine Soli­darité tient en premier lieu à vous faire part de toute sa soli­darité dans votre combat contre la censure du débat sur le conflit israélo-​​palestinien, qui est aussi le sien, et face aux attaques dont vous faites l’objet.

Nous par­ta­geons en effet la même exi­gence de paix et de respect du droit inter­na­tional et des droits des peuples à l’autodétermination, à l’indépendance, à la liberté et à la justice et sin­gu­liè­rement du peuple pales­tinien meurtri depuis trop long­temps par la dépos­session, l’occupation, la colo­ni­sation, le siège de la bande de Gaza, l’exil forcé.

Le rapport du juge Gold­stone sur l’offensive israé­lienne dans la bande de Gaza l’hiver dernier a mis en évidence la nécessité de la lutte contre l’impunité comme condition désormais majeure pour obtenir et imposer la paix. Alors que ce rapport, mettant en lumière les crimes de guerre et pos­sibles crimes contre l’Humanité commis durant cette offensive qui a fait plus de 1400 morts pales­ti­niens et 13 israé­liens, détruit toutes les infra­struc­tures et les embryons d’économie de ce petit ter­ri­toire mar­tyrisé, la France, elle, a choisi de ne pas par­ti­ciper au vote dans le premier cas et de s’abstenir dans le second, tournant le dos à ses obli­ga­tions morales et à l’orientation de sa diplo­matie adoptée depuis 1967.

C’est dans ce contexte que, fidèle à ses valeurs et à ses prin­cipes, la FSU, s’est engagée avec le Col­lectif national pour une paix juste entre Pales­ti­niens et Israé­liens dans la cam­pagne BDS (Boycott, Dés­in­ves­tis­sement, Sanc­tions). Le boycott des pro­duits israé­liens tant que n’est pas res­pectée la tra­ça­bilité des pro­duits des colonies ; le dés­in­ves­tis­sement des sociétés fran­çaises qui doivent cesser de par­ti­ciper à la colo­ni­sation et à l’effort de guerre israé­liens ; des sanc­tions, en par­ti­culier par la sus­pension des accords de coopé­ration avec Israël tant que cet Etat ne res­pecte pas le droit inter­na­tional. Un enga­gement citoyen légitime guidé par une pré­oc­cu­pation : la fin de l’impunité israé­lienne pour par­venir à la paix par le droit pour les deux peuples, israélien et pales­tinien. C’est dans ce contexte aussi que plu­sieurs plaintes ont été déposées par cer­taines asso­cia­tions, sou­tenant la poli­tique israé­lienne, contre des syn­dicats de la FSU dont le SNES, leurs adhé­rents et d’autres orga­ni­sa­tions pour des textes condamnant l’illégalité et les consé­quences de la poli­tique israé­lienne dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés et assiégés. Nous-​​mêmes avons été convoqués par la Police judi­ciaire pour avoir publié ces textes sur notre site.

Chers amis, face à ces attaques iniques, soyez assurés de toute notre soli­darité. D’abord, parce que c’est une question de principe entre orga­ni­sa­tions militant ensemble pour le droit inter­na­tional. Ensuite, parce que les attaques dont vous faites l’objet par­ti­cipent d’une poli­tique qui vise à délé­gi­timer la soli­darité au nom de la « non impor­tation du conflit israélo-​​palestinien en France ». C’est au contraire en refusant d’entendre les exi­gence citoyennes, en refusant de faire appliquer le droit inter­na­tional, en laissant croire que la loi du plus fort peut impu­nément l’empoter sur le droit tandis que les Etats, comme la France et ses par­te­naires de l’Union euro­péenne, ne prennent le mesures contri­buant à y mettre un terme, que l’on laisse se déve­lopper des lec­tures iden­ti­taires dan­ge­reuses pour notre propre société. La soli­darité inter­na­tionale fondée sur l’exigence de respect du droit est un antidote à la théorie de la guerre de civi­li­sa­tions. Et il est de notre res­pon­sa­bilité commune de la déve­lopper plus encore.

Le peuple pales­tinien a besoin de toute notre soli­darité, de la soli­darité inter­na­tionale. La paix a besoin de cette soli­darité entre résis­tants pales­ti­niens, anti­co­lo­nia­listes israé­liens et citoyens du monde. Nous étions au Caire pour tenter d’aller à gaza à la fin de l’année 2009. Au prin­temps pro­chain, nous serons à Bil’in, en Cis­jor­danie occupée, pour sou­tenir le combat popu­laire des Pales­ti­niens et des anti­co­lo­nia­listes israé­liens contre le mur illégal qui s’enfonce pro­fon­dément en Cis­jor­danie, sin­gu­liè­rement dans et autour de Jéru­salem. Ce mur illégal qui enclave les villes, les vil­lages et les camps pales­ti­niens, est l’un des prin­cipaux ins­tru­ments de la confis­cation des terres et des res­sources d’eau pales­ti­niennes. Il empêche toute vie écono­mique, entrave la cir­cu­lation des Pales­ti­niens que ce soit vers leurs propres champs, leurs lieux de travail, les hôpitaux et les prisons où sont retenus des mil­liers d’entre eux dont notre ami le jeune Franco-​​palestinien Salah Hamouri, leurs écoles, leurs uni­ver­sités, par­ti­cipant aussi des entraves israé­liennes à l’Education de toute une géné­ration. Nous espérons, chers amis, vous retrouver aussi nom­breux à Bil’in.

Chers amis, sachant que nous pour­sui­vrons ensemble avec per­sé­vé­rance ce combat juste et néces­saire pour els droits du peuple pales­tinien, pour le droit, pour la paix, nous vous sou­haitons un bon congrès.

Fraternellement.

Jean-​​Claude Lefort, Président de l’AFPS