Message de Salah Hamouri au deuxième Congrès de l’Afps

lundi 18 mai 2009

Salah Hamouri était l’invité d’honneur de l’Afps pour son deuxième Congrès. Empri­sonné illé­ga­lement par les auto­rités d’occupation israé­liennes de la Palestine, il ne pouvait mal­heu­reu­sement être phy­si­quement des nôtres. Il nous a envoyé ce message .

Chers amis,

Je vous écris ce message depuis ma cellule, en mon nom et au nom de mes cama­rades, com­bat­tants de la liberté qui ne renon­ceront jamais à leurs prin­cipes de liberté, de justice et d’humanité.

Nous sommes heureux, malgré les dif­fi­cultés du monde d’aujourd’hui, de par­ti­ciper de notre prison israé­lienne à votre Congrès qui se tient le 17 mai, une date qui nous rap­pelle « la catas­trophe », l’expulsion du peuple pales­tinien de sa terre il y a 61 ans.

Malgré toutes les réso­lu­tions de l’ONU, l’Etat sio­niste continue à per­pétrer ses mas­sacres dans l’indifférence et le silence com­plices de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Le dernier ayant eu lieu à Gaza cet hiver. Pendant la guerre contre Gaza, les mani­fes­ta­tions de soli­darité avec la Palestine, en France où ailleurs, nous ont redonné du courage et de l’espoir.

Les événe­ments de ces der­nières années, les Accords d’Oslo fina­lement refusés par la majorité des Pales­ti­niens car ils ne pre­naient notamment pas en compte le droit au retour et n’ont pas ouvert de pers­pective, l’échec du pro­cessus de paix, l’expansion de la colo­ni­sation ont rendu impos­sible la réa­li­sation des objectifs légi­times du peuple palestinien.

Devant ces obs­tacles, nous n’avons pas d’autre choix que celui de la résis­tance pour obtenir nos droits qui sont : la fin de l’occupation ; l’application du droit inter­na­tional, comme la réso­lution 194 par exemple qui reconnait le droit au retour des refugiés ; la création d’un Etat pales­tinien avec Jérusalem-​​Est comme capitale ; la libé­ration de tous les pri­son­niers poli­tiques. Enfin, tout « sim­plement » le droit de vivre librement et dignement comme les peuples libres du monde.

Nous devons résister pour exister et les Français savent ce que cela veut dire.

L’histoire nous montre que l’occupation d’une terre, d’un peuple peut durer long­temps mais qu’elle n’est jamais éter­nelle. C’est en relisant l’histoire du monde que nous gardons espoir dans nos cel­lules, l’occupant ne cassera jamais nos volontés, mes cama­rades com­bat­tants et moi-​​même avons fait le choix de rester aux côtés de notre peuple.

Comme le disait le Che : « Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux ! »

Avec vous, ensemble en France et en Palestine, nous devons lutter pour les mêmes valeurs. La liberté, l’égalité et la fra­ternité sont un droit pour tous les peuples du monde.

Je remercie l’AFPS de m’avoir choisi comme invité d’honneur à ce congrès. J’espère que grâce à vous je pourrai y par­ti­ciper une pro­chaine fois, vous ren­contrer et parler au nom de mes camarades.

Avec mes chaleureuses salutations.

Salah