Manifestation à Ma’sarah

Mahmoud Zwahre, dimanche 10 janvier 2010

Malgré les menaces récentes de l’armée de briser la résis­tance du village en 2010, et malgré la répression de la semaine der­nière, une cen­taine de Pales­ti­niens, d’Israéliens, et d’internationaux se sont ras­semblés [le 8 janvier 2010] à Ma’sarah après la prière de midi du ven­dredi pour la mani­fes­tation heb­do­ma­daire contre le Mur et les colonies.

Parmi eux se trouvait un groupe important d’internationaux qui venaient d’arriver en Palestine depuis l’Egypte ; par­ti­cipant à la Marche de Gaza pour la Paix, ils avaient essayé de briser le blocus et s’étaient confrontés à la police égyp­tienne dans toute une série de manifestations.

Le cortège a tra­versé le village sur des rythmes de samba, pour se retrouver devant le groupe habituel de soldats et de poli­ciers de la fron­tière, qui les atten­daient sur la route menant aux terres agri­coles et avaient établi un barrage de bar­belés du type lames de rasoir. Il y a eu des prises de parole en arabe, en anglais, en français et en hébreu, insistant sur le caractère non-​​violent, popu­laire, et uni de la lutte. Tout se déroulait paisiblement.

Au bout d’une heure la mani­fes­tation s’est ter­minée et les mar­cheurs ont repris le chemin du village, lorsque soudain deux pierres ont été jetées sur les soldats. Selon un membre du comité popu­laire [de résis­tance], c’était vrai­sem­bla­blement le fait de pro­vo­ca­teurs infiltrés dans la mani­fes­tation par l’armée. Cela a servi de pré­texte aux soldats pour franchir leur barrage et attaquer la mani­fes­tation. Des mili­tants ont cherché à calmer le jeu, pro­mettant aux soldats que s’ils n’avançaient pas et lais­saient la mani­fes­tation se ter­miner, il ne leur arri­verait rien. Les mani­fes­tants ont alors continué à rentrer au village, sans s’occuper des soldats. Cependant cela n’a pas suffi au com­mandant mili­taire, qui a alors donné l’ordre aux soldats d’entrer car­rément dans le village, déclarant que l’armée a le droit d’aller où elle veut. Les soldats ont de nouveau chargé les mani­fes­tants, dis­tri­buant des coups et essayant de pro­céder à des arrestations.

Une fois dans le village, les soldats ont fait venir leurs jeeps, et ont circulé à vive allure dans la rue prin­cipale, lançant des gre­nades assour­dis­santes tout autour et dans les cours des maisons. Ce n’est que quand ils ont compris qu’ils n’obtenaient pas la réaction attendue (à savoir d’autres jets de pierres) que les soldats sont repartis. C’est la deuxième semaine que les soldats enva­hissent ainsi le village, mon­trant bien qu’ils entendent mettre leur menaces à exé­cution. Malgré tout la lutte continue, et le comité popu­laire de Ma’sarah a tou­jours besoin de votre soutien.