Mahmoud Abbas s’en irait ? Formidable !

Gilles Paris, dimanche 8 novembre 2009

Renon­cement de mahmoud Abbas ? Bonne nou­velle, écrit Marc Lynch, sur le site de Foreign Policy,

Alors que des articles alar­mistes fleu­rissent dans la presse israé­lienne après le renon­cement (pro­vi­soire ? défi­nitif ?) de Mahmoud Abbas (lire ici en anglais les extraits de son dis­cours du 5 novembre sélec­tionnés par l’agence Reuter [1], le blog de Marc Lynch, sur le site de Foreign Policy [2], pré­sente une toute autre analyse. Bonne nou­velle, écrit en sub­stance ce dernier, mettant en avant trois éléments :

1) La fin de la téléo­logie du pro­cessus de paix, du pro­cessus pour le pro­cessus façon Dennis Ross pendant l’administration Clinton qui ne produit en fait que du statu quo.

2) Un élec­trochoc pour le Fatah, alors que Mahmoud Abbas, assisté par un ancien bras-​​droit de Farouk Qad­doumi, avait cade­nassé la confé­rence de Bethléem au mois d’août au profit de la géné­ration fon­da­trice. L’ “ami pales­tinien” de Barack Obama, Rachid Khalidi, appelle depuis long­temps de ses voeux l’émergence d’une nou­velle direction poli­tique pales­ti­nienne [3]

3) Une remise en cause de la donnée devenue fon­da­mentale qu’est la coupure entre Gaza et la Cis­jor­danie. Et la fin de l’illusion du modèle “la Cis­jor­danie d’abord” pri­vi­légié par l’administration Bush pendant Anna­polis, puis ensuite par M. Obama.

On peut pro­nos­tiquer que M. Abbas retiré des affaires, les espoirs occi­dentaux se repor­te­raient alors sur les épaules du premier ministre Salam Fayyad, comme en témoigne cet éditorial du Washington Post [4], en dépit de l’absence de tout ancrage poli­tique du concerné (un indé­pendant formé au FMI) comme l’avait montré son faible score (2,41% et deux sièges pour sa for­mation Troi­sième voie) aux élec­tions de 2006 [5]. [6]

[1] http://​www​.reuters​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/topN…)

[2] http://​lynch​.forei​gn​policy​.com/post…

[3] http://israelpalestine.blog.lemonde…

[4] http://​www​.washing​tonpost​.com/​wp-dy…

[5] http://israelpalestine.blog.lemonde…

[6] voir aussi

Qui peut remplacer Mahmoud Abbas ?

Mohammed Dahlan et Marwan Bar­ghouti comptent parmi les pos­sibles suc­ces­seurs du pré­sident pales­ti­nienLes spé­cu­la­tions vont bon train depuis que Mahmoud Abbas a annoncé qu’il ne sou­haitait pas briguer un second mandat à la pré­si­dence de l’Autorité pales­ti­nienne. S’il ne change pas d’avis, nous devrons nous pré­parer à accueillir un nouveau visage à la table des négo­cia­tions. Sera-​​​​ce l’honorable Mohammed Dahlan [proche de Mahmoud Abbas, soutenu par les Amé­ri­cains ] ? Le pré­sident Nasser Al-​​​​Qidwa [pré­sident de la Fon­dation Yasser Arafat] ? Ou, pourquoi pas, le pri­sonnier Marwan Bar­ghouti [symbole de la seconde Intifada] ? Bien que cer­tains estiment que Mahmoud Abbas ne mettra pas sa menace à exé­cution et finira par se repré­senter, les noms de suc­ces­seurs poten­tiels ont déjà com­mencé à cir­culer. Le plus en vue est Mohammed Dahlan, qui est res­sorti de la convention du Fatah comme étant le per­sonnage le plus puissant du Comité central du parti.

Dahlan jouit d’un soutien croissant dans l’opinion publique ainsi que parmi les vieux com­bat­tants, qui n’interviennent pas encore à ce stade de la décision. Considéré comme l’une des figures les plus cha­ris­ma­tiques du Fatah, il paraît digne d’en prendre le com­man­dement. Il devra tou­tefois se défendre contre la cabale orchestrée contre lui par le Hamas et les médias radicaux. Ces der­niers ont entrepris de détruire sa répu­tation et en ont fait un per­sonnage hau­tement contro­versé. Le stra­tagème pourrait pousser cer­tains mili­tants du Fatah à se demander si un homme aussi contesté, malgré toutes ses qua­lités, mérite de les diriger.

Un autre nom circule, celui d’Abou Maher Ghneim, numéro deux du Fatah et vétéran de Tunisie. De retour dans les ter­ri­toires pales­ti­niens après de longues années d’exil, il serait le suc­cesseur naturel de Mahmoud Abbas, dont il est le bras droit. C’est tou­tefois le seul avantage qu’il possède sur ses poten­tiels rivaux. Cer­taines sources au sein de l’Autorité pales­ti­nienne révèlent en effet qu’il n’est pas un animal poli­tique et qu’il n’est cer­tai­nement pas capable de gou­verner l’Autorité pales­ti­nienne. Même ses col­la­bo­ra­teurs les plus proches indiquent qu’il ne sou­haite pas se porter candidat.

Il a également été question de Nasser Al-​​​​Qidwa, ancien ambas­sadeur de l’OLP (Orga­ni­sation de libé­ration de la Palestine) auprès des Nations unies et ministre des Affaires étran­gères à la retraite. Ses qua­lités poli­tiques et leur recon­nais­sance au niveau inter­na­tional consti­tuent ses prin­cipaux atouts. Il ne compte pas beaucoup de par­tisans au sein du Fatah, mais le fait qu’il soit le neveu de l’ancien pré­sident Yasser Arafat peut jouer en sa faveur. Tou­tefois, son manque de soutien ins­ti­tu­tionnel et ses affi­nités avec l’aile la plus radicale du parti peuvent nuire à sa candidature.

Enfin, le dernier can­didat éventuel est Marwan Bar­ghouti, ancien chef du Tanzim [bras armé du Fatah] et député du Fatah, actuel­lement en détention dans une prison israé­lienne. Les der­niers son­dages les plus fiables lui accor­daient une belle cote de popu­larité. Il reste une figure très res­pectée à presque tous les échelons du Fatah comme parmi les mili­tants. Il serait le can­didat qui aurait le plus de chances de battre le Hamas, car il est jugé comme un homme capable, incor­rup­tible et fidèle à ses prin­cipes. Les seuls obs­tacles qui se dressent sur son chemin jusqu’à la pré­si­dence sont tou­tefois les bar­reaux et les geô­liers qui le retiennent der­rière les murs d’une prison israé­lienne. Sa can­di­dature perd ainsi beaucoup de sa per­ti­nence et ne man­quera pas de sus­citer de fortes objec­tions au sein du Fatah.

Ali Waked

publié par Yediot Aharonot

http://​www​.ynetnews​.com/​a​r​t​i​c​les/0,…

et en français par Courrier international

http://​www​.cour​rie​rin​ter​na​tional​.co…