Le Monde avec Reuters, jeudi 29 octobre 2009
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a signifié à Barack Obama qu’il suspendait sa candidature à la présidentielle de janvier au gel des colonies israéliennes, a déclaré mardi 27 octobre un responsable palestinien.
"Abou Mazen [Mahmoud Abbas] lui a dit qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle à moins qu’Israël ne respecte les critères de paix", a dit ce responsable sous le sceau de l’anonymat.
D’autres responsables ont néanmoins émis des doutes sur la mise à exécution de cette menace, jugeant qu’elle constituait surtout une manière d’exprimer la colère des Palestiniens, pour lesquels l’administration Obama a relâché sa pression sur Israël.
FIN DE NON-RECEVOIR
Washington tente de relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens interrompus lors de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, en début d’année et, pour ce faire, exhorte l’Etat juif à geler les activités de colonisation en Cisjordanie. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou lui a pour l’heure opposé une fin de non-recevoir et le principal négociateur palestinien, Saeb Erekat, a déclaré lundi ne plus croire en une reprise prochaine des pourparlers, invitant Barack Obama à en imputer la responsabilité à Israël.
Les élections présidentielle et législatives sont prévues le 24 janvier dans les territoires palestiniens. Le Hamas a toutefois prévenu que ces scrutins ne se tiendront pas à Gaza, territoire qu’il contrôle depuis juin 2007, qualifiant le décret présidentiel annonçant la date des élections d’"inconstitutionnel et illégal" [1]
[1] voir aussi el Watan le 29 octobre :
Le Hamas, qui contrôle la bande de Ghaza, a annoncé hier qu’il interdira la tenue dans ce territoire des élections palestiniennes convoquées pour janvier, une décision qui remet en cause le processus électoral lancé par le président palestinien Mahmoud Abbas.
Cette annonce, accentue la crise entre le mouvement islamiste et l’Autorité palestinienne de M. Abbas, qui ne sont toujours pas parvenus à un accord de réconciliation malgré la médiation de l’Egypte. Le Hamas avait déjà qualifié vendredi d’« illégal et inconstitutionnel » le décret de M. Abbas convoquant des élections présidentielle et législatives dans tous les territoires palestiniens le 24 janvier prochain. Le mouvement islamiste palestinien a indiqué, hier, dans un communiqué qu’il refuse « la tenue d’élections dans la bande de Ghaza », avertissant qu’il demandera « des comptes à toute personne impliquée dans ces élections ». Le communiqué justifie cette décision par le fait que le scrutin a été « convoqué par quelqu’un qui n’a pas le pouvoir de faire une telle annonce », en référence au président palestinien. Le Hamas conteste en effet la légitimité de M. Abbas, qui a le soutien de la communauté internationale, en arguant qu’aux termes de la loi fondamentale palestinienne, son mandat de quatre ans a expiré en janvier 2009. Dans son communiqué, le Hamas, qui avait vaincu son rival du Fatah lors des dernières élections générales palestiniennes en 2006, affirme qu’il rejette les scrutins convoqués pour janvier parce qu’« ils interviennent sans accord national » de réconciliation entre les factions palestiniennes.
Par R. I.