Mahmoud Abbas lance un appel au dia­logue national accueilli favo­ra­blement par le Hamas

Aloufok et agences, vendredi 6 juin 2008

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas a appelé mer­credi 04 juin à un "dia­logue national" avec le Hamas, une pro­po­sition accueillie favo­ra­blement par ce dernier.

"J’appelle à un dia­logue national, global sur la base de l’initiative yéménite", a déclaré Mahmoud Abbas dans un dis­cours à Ramallah en Cisjordanie.

Par ailleurs, les propos du can­didat démo­crate à la pré­si­den­tielle amé­ri­caine Barack Obama sur le caractère "indi­vi­sible" de Jéru­salem ont pro­voqué mer­credi la colère des Pales­ti­niens et l’embarras du gou­ver­nement amé­ricain. "Nous rejetons ces propos. Jéru­salem est l’un des dossier en cours de négo­ciation. Tout le monde sait par­fai­tement que Jérusalem-​​est a été occupée en 1967 et nous n’accepterons pas un Etat sans Jéru­salem, cela doit être clair", a affirmé le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas.

"Le dis­cours d’Obama détruit tout espoir d’un chan­gement dans la poli­tique amé­ri­caine sur le conflit arabo-​​israélien", a affirmé à l’AFP Sami Abou Zouhi, un porte-​​parole du Hamas.

En mars, une ini­tiative yéménite entre le Hamas et le Fatah avait été acceptée par les deux mou­ve­ments, mais elle était restée lettre morte à la suite de diver­gences sur l’interprétation du texte et son appli­cation sur le terrain. Le prin­cipal point de diver­gence portait sur l’exigence du Fatah d’un retour à la situation qui pré­valait avant la prise du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza le 13 juin 2007. Le Hamas a refusé de renoncer à contrôler cette région tout en se déclarant prêt à un dia­logue sans préalable.

Le pré­sident Abbas a expliqué faire cette pro­po­sition "par souci d’unité et à la suite de plu­sieurs appels en pro­ve­nance de pays arabes et amis pour mettre fin aux divi­sions et pour un retour à une situation qui pré­valait à Gaza". "Je vais m’activer sur la scène arabe et inter­na­tionale pour obtenir un soutien à notre ini­tiative des­tinée à res­taurer l’unité de notre peuple", a ajouté M. Abbas. Il a a aussi affirmé qu’à l’issue du dia­logue national, il entendait orga­niser des élec­tions pré­si­den­tielle et légis­lative, des scrutins prévus par l’initiative yéménite.

Le pré­sident pales­tinien a également appelé "la com­mu­nauté inter­na­tionale à inter­venir pour obtenir la levée du blocus imposé à notre peuple à Gaza. Ce blocus constitue un crime de guerre contre le peuple pales­tinien". Israël a imposé un blocus sur la bande de Gaza en réponse à la prise du pouvoir du Hamas dans cette région et aux tirs de roquettes par les groupes résistants.

Le porte-​​parole du gou­ver­nement à Gaza, Taher Nou-​​Nou, a déclaré à l’AFP que le "Premier ministre Ismaïl Haniyeh accueille favo­ra­blement cet appel très positif à un dia­logue national en vue de l’application de l’intiative yéménite". "Le Premier ministre apportera sa réponse offi­cielle demain (jeudi 5 juin) lors d’un dis­cours ou d’une confé­rence de presse", a ajouté le porte-​​parole.

Israël avait réagi néga­ti­vement à l’initiative yéménite. Un res­pon­sable israélien avait indiqué le 24 mars que "Mahmoud Abbas doit décider s’il veut pour­suivre les négo­cia­tions avec Israël ou s’il veut renouer une alliance avec le Hamas, car il ne peut pas avoir les deux à la fois". "Mahmoud Abbas, s’il veut continuer à diriger le camp de la paix, ne peut pas s’associer avec le Hamas qui prône la des­truction d’Israël", avait également affirmé Amos Gilad, un haut res­pon­sable du ministère de la Défense de l’autorité d’occupation [1]

[1] voir aussi le Nouvel Obs :

Le Hamas accepte l’offre de dialogue d’Abbas

"Nous saluons l’appel du pré­sident Abbas à la tenue d’un dia­logue national et le nouvel esprit positif qu’il a mani­festé dans son dis­cours, et nous affirmons que notre main est tendue afin de par­venir à l’unité nationale", a déclaré Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas dans la bande de Gaza.

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas (à droite) et le leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh lors d’une ren­contre en avril 2007 (Reuters)

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas (à droite) et le leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh lors d’une ren­contre en avril 2007 (Reuters) Le Hamas accepte l’offre de dia­logue du pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas en vue d’une récon­ci­liation inter­pa­les­ti­nienne, a annoncé, jeudi 6 juin, le chef du gou­ver­nement isla­miste dans la bande de Gaza Ismaïl Haniyeh. "Nous saluons l’appel du pré­sident Abbas à la tenue d’un dia­logue national et le nouvel esprit positif qu’il a mani­festé dans son dis­cours, et nous affirmons que notre main est tendue afin de par­venir à l’unité nationale", a-​​​​t-​​​​il déclaré dans un dis­cours télévisé. "Nous appelons au lan­cement immédiat d’un dia­logue national sur la base de l’initiative yéménite en vue d’un retour à la situation qui pré­valait dans la bande de Gaza" avant la prise du pouvoir du Hamas dans ce ter­ri­toire en juin 2007, a-​​​​t-​​​​il ajouté.

Un discours édulcoré

Dans un dis­cours mer­credi soir à Ramallah, en Cis­jor­danie, Mahmoud Abbas a lancé un appel inat­tendu au dia­logue avec le Hamas, qui avait délogé son parti, le Fatah, du pouvoir dans la bande de Gaza. Le pré­sident pales­tinien a pré­conisé un dia­logue sur la base de l’initiative yéménite acceptée en mars par les deux partis mais restée lettre morte en raison de diver­gences d’interprétation. Le prin­cipal point de désaccord portait sur l’exigence de Mahmoud Abbas d’un retour à la situation qui pré­valait avant la prise du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza, condition rejetée par le mou­vement isla­miste. Or Mahmoud Abbas n’a pas formulé cette condition dans son dis­cours et s’est abstenu de qua­lifier de "putsch" le coup de force du Hamas à Gaza comme il en avait l’habitude, se contentant de parler de "divisions".

Rice dit avoir reçu des garanties

La secré­taire d’Etat amé­ri­caine, Condo­leezza Rice, a obtenu jeudi de Mahmoud Abbas l’assurance qu’il n’avait aban­donné aucune condition préa­lable à l’ouverture d’un dia­logue avec le Hamas, selon le porte-​​​​parole du dépar­tement d’Etat, Sean McCormack. La chef de la diplo­matie amé­ri­caine a télé­phoné au pré­sident pales­tinien "pour vérifier où en sont les dis­cus­sions de paix entre Israé­liens et Pales­ti­niens", a déclaré Sean McCormack au cours d’une confé­rence de presse. "Ils ont évoqué le dis­cours du pré­sident Abbas", a ajouté le porte-​​​​parole. "Il a tout à fait clai­rement réitéré dans son dis­cours, ainsi que pendant sa conver­sation avec la secré­taire d’Etat amé­ri­caine, que ses condi­tions préa­lables à toute dis­cussion avec le Hamas n’avaient pas changé", a affirmé Sean McCormack.

Respecter les engagements de l’OLP

"En bref, c’est que le Hamas revienne sur son coup d’Etat à Gaza, qu’il recon­naisse que le Fatah dirige le gou­ver­nement pales­tinien et qu’il res­pecte les enga­ge­ments passés de l’OLP", l’Organisation de libé­ration de la Palestine avec Israël, a-​​​​t-​​​​il expliqué. La Maison Blanche a dit ne pas avoir d’objection à l’ouverture d’un tel dia­logue de récon­ci­liation inter-​​​​palestinien. "Nous n’avons pas soulevé d’objection à l’accord yéménite et, d’après ce que je crois savoir, ceci en est la suite", a déclaré la porte-​​​​parole de la Maison Blanche, Dana Perino.

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