Mahmoud Abbas déçu de sa visite aux États-​​Unis

Mohammed Daraghmeh, samedi 26 avril 2008

Le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas a déclaré ven­dredi être déçu de sa visite aux Etats-​​Unis, affirmant que ses entre­tiens à Washington avec George W. Bush et Condo­leezza Rice n’avaient pas permis de faire avancer les pour­parlers de paix au Proche-​​Orient.

Lors d’un entretien accordé à l’Associated Press dans son hôtel à Washington avant de quitter les Etats-​​Unis, M. Abbas a semblé pes­si­miste sur les chances de par­venir à un accord de paix avec Israël avant la fin de l’année, but pourtant affiché lors de la confé­rence d’Annapolis (Maryland) en novembre dernier.

« Fran­chement, jusqu’ici nous ne sommes par­venus à rien. Mais nous menons tou­jours un travail direct pour avoir une solution », a-​​t-​​il déclaré. « Tous les dos­siers restent ouverts. Aucun n’a été conclu. La situation est telle qu’elle était avant ».

Le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne a expliqué que le prin­cipal obs­tacle demeurait la pour­suite des implan­ta­tions israé­liennes sur les ter­ri­toires palestiniens.

« Nous avons exigé que les Amé­ri­cains appliquent la pre­mière phase de la feuille de route qui traite de la ces­sation de l’expansion des implan­ta­tions », a-​​t-​​il sou­ligné, pré­cisant qu’il aurait sou­haité voir Washington exercer une pression plus impor­tante sur Israël dans ce domaine. Ce point est « le plus gros oobs­tacle sur la voie des négo­cia­tions », a-​​t-​​il assuré.

Les col­la­bo­ra­teurs de Mahmoud Abbas ont également fait savoir qu’il avait été déçu par son entretien avec la secré­taire d’Etat Condo­leezza Rice jeudi. Evo­quant un éventuel accord de paix, Mme Rice n’a pas men­tionné l’objectif pales­tinien d’un Etat com­prenant les terres annexées par Israël lors de la guerre des Six-​​Jours en 1967.

« Nous exi­gions qu’ils parlent des fron­tières de 1967 », a expliqué Mahmoud Abbas, laissant trans­pa­raître une rare expression de colère. « Aucun d’eux n’a parlé des fron­tières de 1967 ».

Il a également assuré que les res­pon­sables amé­ri­cains n’avaient fait aucune nou­velle pro­po­sition lors de sa visite à Washington. « Ils font des efforts. Et nous nous sommes tou­jours en négo­cia­tions » sur les prin­cipaux points d’achoppement que sont les fron­tières défi­ni­tives du futur État, la question de Jéru­salem, les implan­ta­tions juives et le sort des réfugiés palestiniens.

« Nous ne voulons pas d’une décla­ration de prin­cipes, car nous en avons déjà une », a sou­ligne le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne, en réfé­rence à l’accord d’Oslo signé en 1993, alors que les Israé­liens ont laissé récemment qu’une « décla­ration de prin­cipes » d’ici à la fin de l’année serait déjà une avancée. « Main­tenant nous voulons un accord en bonne et due forme. Et alors nous pourrons entrer dans les détails ».

Malgré sa déception, Mahmoud Abbas a indiqué qu’il conti­nuerait à ren­contrer régu­liè­rement le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, et qu’il s’entretiendrait également avec George W. Bush lors de sa visite au Proche-​​Orient en mai à l’occasion du soixan­tième anni­ver­saire de la création d’Israël.

Mais Ehoud Olmert ne par­ti­cipera pas à cette réunion, a-​​t-​​il sou­ligné, aucun entretien tri­la­téral n’étant pour l’heure prévu. « Ce sera une ren­contre bila­térale entre moi et M. Bush. C’est à cette réunion que j’ai été invité ».