Liberté pour Marwan Barghouti

Lettre du député J.C. Lefort, jeudi 15 avril 2004

Inter­vention du député Jean Claude Lefort, membre de la com­mission des affaires étran­gères au par­lement auprès du Ministre des Affaires Etrangères.

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Délégation de l’ AFPS avec l’épouse de Marwan
Ren­contre à Ramallah, pour la cam­pagne de libé­ration des pri­son­niers palestiniens.

Paris, le 12 avril 2004

M. Michel BARNIER Ministre des Affaires étrangères

Monsieur le Ministre,

Par la pré­sente, je me permets d’alerter une nou­velle fois sur les condi­tions inac­cep­tables d’emprisonnement que subit M. Marwan Bar­ghouti, secré­taire général du Fatah pour la Cis­jor­danie et membre élu du Conseil palestinien.

Je vous rap­pelle que M. Bar­ghouti a été enlevé le 15 avril 2002 à Ramallah - clas­sifiée comme zone A selon les Accords d’Oslo et donc sous juri­diction légale pales­ti­nienne exclusive - suite à une vio­lente inter­vention de l’armée israé­lienne. Il a été traduit par la force devant un tri­bunal civil de Tel-​​Aviv. Accusé de ter­ro­risme pour des actes de résis­tance légitime à une occu­pation inhu­maine et humi­liante, il risque la prison à vie. Alors que son "procès" qui fut un simu­lacre est terminé, le "jugement" de la Cour est reporté de semaine en semaine.

Outre le fait que cette décision du gou­ver­nement israélien d’arrêter Marwan Bar­ghouti en terre pales­ti­nienne et de le tra­duire devant la justice israé­lienne constitue une vio­lation mani­feste du droit inter­na­tional, de la Convention de Genève et des Accords d’Oslo, M. Bar­ghouti est depuis avril 2002, torturé, abusé phy­si­quement et psy­cho­lo­gi­quement, privé des visites de sa famille et des soins médicaux que néces­si­terait son état de santé gra­vement dété­rioré. De même, sa détention en iso­lement depuis une année entière dans un espace de trois mètres carrés, a été renou­velée le 22 janvier dernier pour encore six mois.

Léga­lement, éthi­quement, humai­nement, cette situation ter­rible est inacceptable.

J’en appelle donc à vous pour que vous usiez de tous vos pos­sibles afin que tout cela s’arrête. Cette détention inhu­maine doit être levée. Ce procès illégal doit cesser. Comme doivent cesser les pra­tiques israé­liennes illé­gales contre les pales­ti­niens, de siège, de couvre-​​feu, de des­truction, d’assignation et de détention illé­gales, d’humiliation quotidienne.

Ce cas ayant une dimension poli­tique évidente, je vous demande Mon­sieur le Ministre, d’agir auprès des auto­rités israé­liennes pour que le droit, la liberté, la justice et la dignité l’emportent. Il s’agit de la souf­france d’un homme et de tout un peuple. Nous serions cou­pables de rester muets et de ne pas tout faire pour mettre fin à cette situation.

Dans l’attente d’initiatives fortes de la France pour aboutir, je vous prie d’agréer, Mon­sieur le Ministre, l’expression de mes sen­ti­ments distingués.