Liban, Nahr el Bared : Recons­truction du camp, « plus important projet huma­ni­taire de l’Unwra »

Irin, samedi 17 novembre 2007

La recons­truction du camp de Nahr al-​​Bared sera un des plus impor­tants projets huma­ni­taires de son agence, a affirmé Karen AbuZayd, la com­mis­saire générale de l’UNRWA.

La recons­truction du camp de réfugiés pales­ti­niens de Nahr al-​​Bared, détruit pendant les trois mois de conflit entre l’armée liba­naise et un groupe de mili­tants isla­mistes, sera l’un des plus impor­tants projets huma­ni­taires jamais réa­lisés par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

« Depuis plus de 10 ans que je suis au service des Nations Unies, je n’ai jamais rien vu de pareil », a affirmé Karen AbuZayd, la com­mis­saire générale de l’UNRWA, au cours d’une confé­rence de presse à Bey­routh le 13 novembre. « Soyons clairs. La recons­truction du camp de Nahr al-​​Bared sera un des plus impor­tants projets huma­ni­taires de mon agence ».

Mme AbuZayd faisait réfé­rence à la recons­truction de « l’ancien camp », - un espace d’une super­ficie d’un kilo­mètre carré à l’intérieur de la zone affectée à l’UNRWA -, et non pas à l’extension du « nouveau camp » vers le nord, une zone qui n’est pas placée sous la juri­diction de l’UNRWA, mais qui a également été gra­vement affectée par le conflit en début d’année.

Presque tous les bâti­ments de l’ancien camp ont été rasés, alors que 65 pour cent de ceux du nouveau camp pour­raient être réfec­tionnés, a estimé Mme AbuZayd. Tou­tefois, a-​​t-​​elle pour­suivi, les dégâts étaient plus « impor­tants qu’on ne l’espérait ».

Les affron­te­ments entre l’armée liba­naise et le groupe de mili­tants isla­miques du Fatah al-​​Islam ont non seulement détruit les bâti­ments du camp de Nahr al-​​Bared, mais ils ont aussi endommagé ses infra­struc­tures et contraint les 40 000 habi­tants du camp à fuir, bon nombre d’entre eux ayant trouvé refuge dans le camp déjà sur­peuplé de Beddawi, à 10 kilo­mètres au sud.

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Nahr en Bared 19 juin 2007

Au moins 169 soldats libanais, 287 insurgés et 47 civils ont été tués au cours des combats qui ont éclaté le 20 mai lorsque les forces de police ont investi une cache censée appar­tenir au groupe isla­miste. En repré­sailles, les com­bat­tants ont attaqué un point de contrôle de l’armée liba­naise dans Nahr al-​​Bared, tuant 33 militaires.

Geir Pedersen, coor­di­nateur spécial du Secré­taire général des Nations Unies pour le Liban a réaf­firmé l’engagement des Nations Unies à venir en aide aux six com­mu­nautés liba­naises vivant autour du camp de Nahr al-​​Bared et vic­times elles aussi du conflit.

Près de 1 000 familles sont retournées dans le « nouveau camp », depuis que l’armée a ouvert un point de passage le 10 octobre. Pour sa part, l’UNRWA a construit deux établis­se­ments sco­laires à Beddawi pour les écoliers déplacés, des écoles qui devraient ouvrir leurs portes la semaine pro­chaine. Dans le sud du camp de Nahr al-​​Bared, 96 familles déplacées ont été hébergées dans des loge­ments provisoires.

« La recons­truction du camp de Nahr al-​​Bared sera un des plus impor­tants projets huma­ni­taires de mon agence »

L’armée contrôlera-​​t-​​elle tous les camps ?

Confor­mément à l’accord du Caire de 1969, la sécurité dans les 12 camps offi­ciels – qui abritent un peu plus de la moitié des 400 000 Pales­ti­niens vivant au Liban – avait été confiée aux fac­tions pales­ti­niennes, avec inter­diction pour l’armée liba­naise d’entrer dans les camps.

Pendant le conflit avec le groupe Fatah al-​​Islam, l’armée avait pris le contrôle du nouveau et de l’ancien camp, mais comme Mme AbuZayd l’a expliqué à IRIN, le système autonome de sécurité pales­tinien n’était plus viable.

« Ce sera un pré­cédent, mais comme cela se passe partout ailleurs, la res­pon­sa­bilité de la sécurité des [réfugiés] est assurée par le pays hôte ; ce qui est bien plus efficace que d’avoir des camps isolés et un service de maintien de l’ordre autonome qui est source de pro­blèmes, surtout quand on sait qu’il existe plu­sieurs fac­tions palestiniennes ».

L’UNRWA a fait part à l’armée de ses projets de sécu­ri­sation du nouveau et de l’ancien camp, une fois leur recons­truction achevée, et s’est dite ouverte à toute sug­gestion visant à étendre le contrôle de l’armée sur les 11 autres camps de réfugiés, a indiqué Mme AbuZayd.

Sur les 50 mil­lions de dollars sol­li­cités auprès des bailleurs de fonds pour financer son pro­gramme de recons­truction, l’UNRWA a reçu pour l’instant 26 mil­lions de dollars et en a dépensé huit.


voir la carte des camps de réfugiés pales­ti­niens au Liban : http://​almashriq​.hiof​.no/​l​e​b​a​n​o​n​/​300​/​300​/​307​/​p​a​l​-​c​amps/