Lettre ouverte à Mon­sieur Nicolas Sarkozy, Pré­sident de la Répu­blique, à propos de Salah Hamouri

AFPS, mercredi 11 juin 2008

Monsieur le Président de la République,

Vous allez effectuer pro­chai­nement une visite d’importance en Israël, le 22 juin pro­chain. Au cours de ce dépla­cement, vous abor­derez un grand nombre de sujets, d’intérêts communs ou plus généraux avec vos hôtes israéliens.

Nous nous adressons à vous aujourd’hui pour que, dans le cadre de ces dis­cus­sions à venir, la situation de notre com­pa­triote Salah Hamouri soit posée avec la force néces­saire afin que sa libé­ration soit obtenue sans plus attendre de sorte qu’il retourne dans ses foyers et puisse pour­suivre ses études dans son université.

Comme vous le savez, le jeune Salah Hamouri, qui a 23 ans, est français par sa mère et « pales­tinien » par son père. Il a passé trois ans en prison et a été traduit devant un tri­bunal mili­taire. Malgré l’absence de la moindre preuve concrète cor­ro­borant les termes de l’accusation dont il a été l’objet s’agissant d’actes négatifs sup­posés à l’encontre du rabbin Yossef Ovadia, il a été considéré cou­pable d’un « délit d’intention », délit qui n’existe évidemment pas en droit français.

Dans cette situation, et alors que les auto­rités fran­çaises qui deman­daient un « procès rapide » ont été écoutées sur ce point, il a été contraint – comme c’est le cas pour la quasi-​​totalité des Pales­ti­niens placés en pareille situation –  d’accepter la pro­cédure du « plaider cou­pable », en l’absence, encore une fois, de la moindre preuve.

Les termes du « com­promis » qui lui a été proposé sont les sui­vants : ou bien vous acceptez de « plaider cou­pable » et votre peine sera de 7 ans de prison ferme ou bien vous refusez et alors vous aurez une peine d’emprisonnement bien supé­rieure. Que faire d’autre dans ces condi­tions et devant pareille situation que d’accepter ?

Le tri­bunal mili­taire israélien d’Ofer a rendu son verdict en consé­quence et l’a condamné à 7 ans d’emprisonnement.

Monsieur le Président de la République,

Durant la cam­pagne pour l’ élection pré­si­den­tielle vous avez déclaré vouloir faire des droits de l’Homme la domi­nante de l’action inter­na­tionale de la France.

Vous avez même déclaré être disposé à aller chercher, partout dans le monde, tout Français victime d’arbitraire. Plu­sieurs cas montrent d’ailleurs que ces paroles ont été suivies d’effets, jusqu’à obtenir la grâce pour les membres de « L’Arche de Zoé »…

S’agissant de la région, par exemple, vous avez demandé, comme nous le sou­haitons aussi d’un point de vue huma­ni­taire, la libé­ration du caporal Shalit et vous avez reçu des membres de sa famille.

Il n’est donc qu’un seul cas pour lequel, pour l’heure, vous n‘avez pas agi per­son­nel­lement : celui qui concerne Salah Hamouri lequel est pourtant injus­tement condamné à 7 ans de prison, et ceci qui n’est pas second : par une puis­sance occupante.

Au cours de votre tout pro­chain voyage en Israël nous ne pouvons pas ima­giner que le cas de ce jeune franco-​​palestinien ne soit pas mis sur la table et que vous ne fassiez valoir avec succès le fait que Salah Hamouri ayant déjà effectué 3 ans de prison pour un « délit d’intention » doit être main­tenant libéré.

En tout état de cause nous vous demandons for­mel­lement d’intervenir en ce sens auprès des auto­rités israé­liennes afin que Salah Hamouri retrouve enfin sa famille, son foyer et ses amis.

Dans l’attente de votre action déter­minée et fruc­tueuse compte-​​tenu de vos rela­tions étroites avec ce pays et ses dirigeants,

Nous vous prions, Mon­sieur le Pré­sident de la Répu­blique, de recevoir l’expression de notre haute considération.