Les provocations israéliennes se multiplient à la frontière

l’Orient le Jour, lundi 15 mars 2010

Ces pro­vo­ca­tions israé­liennes inter­viennent alors que les res­pon­sables locaux planchent, dans le cadre de la confé­rence de dia­logue national, sur une stra­tégie de défense capable de pro­téger le pays face aux menaces de l’État hébreu.

L’État hébreu mul­tiplie ses pro­vo­ca­tions avec une nou­velle incursion, samedi (13 mars) , de chars de l’armée israé­lienne à la fron­tière liba­naise. Ceux-​​ci ont tra­versé la ligne de démar­cation tech­nique et ont pris poste dans la région de Wazzani avant de quitter les lieux en direction des ter­ri­toires occupés. Des patrouilles de l’armée liba­naise et de la Finul se sont lar­gement déployées dans la zone pour observer la situation.

Ven­dredi, une incursion israé­lienne avait aussi été signalée à une dis­tance d’environ 2 kilo­mètres de la localité de Ghajar, selon un com­mu­niqué publié par le porte-​​parole officiel de la Finul, Niraj Sing. Ces pro­vo­ca­tions israé­liennes inter­viennent alors que les res­pon­sables locaux planchent, dans le cadre de la confé­rence de dia­logue national, sur une stra­tégie de défense capable de pro­téger le pays face aux menaces de l’État hébreu.

Le mois dernier, Israël avait accusé Bey­routh de laisser le Hez­bollah intro­duire clan­des­ti­nement des armes au Liban en "vio­lation fla­grante" des réso­lu­tions de l’ONU. Les res­pon­sables israé­liens ont également averti que toute attaque par le Hez­bollah déclen­cherait une réponse ferme contre le Liban dans son ensemble. De son côté, le secré­taire général du Hez­bollah, Hassan Nas­rallah, a promis que son groupe s’en pren­drait à l’infrastructure israé­lienne, y compris à l’aéroport de Tel Aviv, si Israël atta­quait le Liban. Damas a averti pour sa part qu’il sou­tien­drait "le gou­ver­nement et le peuple libanais contre toute éven­tuelle agression israé­lienne contre le Liban." Cependant, le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu a par la suite cherché à apaiser les ten­sions, affirmant que son pays voulait la paix avec tous ses voisins.

Michael Williams, coor­di­nateur spécial de l’ONU pour le Liban, a minimisé ven­dredi les risques de reprise des hos­ti­lités entre Israël et le Hez­bollah, mais a exhorté les deux côtés à cesser leur rhé­to­rique "incen­diaire". "Cette rhé­to­rique publique et ce recours à l’outrance contre­viennent à l’esprit de la réso­lution 1701 et sont fon­da­men­ta­lement contre-​​productifs", a-​​t-​​il dit.

La réso­lution 1701 avait mis fin en 2006 à un conflit armé dans le sud du Liban entre Israël et le Hez­bollah, qui avait fait plus de 1 200 morts côté libanais, essen­tiel­lement des civils, et plus de 160 côté israélien, prin­ci­pa­lement des soldats. Mais un cessez-​​le-​​feu per­manent n’a pas été signé.