Les protestations contre la politique d’austérité de l’Unrwa se poursuivent

L’Orient le Jour, jeudi 18 février 2016

Des réfugiés palestiniens de tous les camps du Liban ont l’intention d’observer aujourd’hui un sit-in devant le siège de l’Unrwa (Agence des Nations unies pour le secours aux réfugiés palestiniens) à Beyrouth. Ils comptent ainsi poursuivre le mouvement de protestation contre la nouvelle politique d’austérité adoptée par l’agence onusienne en matière d’hospitalisation, du fait de la baisse des contributions internationales.

Jusqu’à la fin de 2015, l’Unrwa couvrait 100 % du coût des prestations dans ses 27 dispensaires à travers le Liban, 100 % des frais d’hospitalisation en général, notamment les maladies chroniques, et 50 % des frais d’hospitalisation lourde, par exemple certains genres de chirurgie. Une nouvelle politique a été adoptée début 2016. L’Unrwa couvre toujours 100 % des soins en dispensaire, mais concernant les frais d’hospitalisation générale, elle a adopté trois barèmes : l’agence couvre désormais 95 % des frais d’hospitalisation dans les établissements gérés par le Croissant-Rouge palestinien, 85 % des frais d’hospitalisation dans les hôpitaux publics libanais et 80 % des frais d’hospitalisation dans les établissements privés.

Hier, une manifestation a eu lieu dans le camp de Miyé w Miyé. Les réfugiés palestiniens ont dressé des tentes à l’entrée du camp et appelé l’Unrwa à assumer ses responsabilités en vue d’assurer les besoins les plus élémentaires aux réfugiés palestiniens.

Jointe au téléphone par L’Orient-Le Jour, Zizette Darkazalli, responsable communication de l’Unrwa, a souligné que l’agence « est en train de réfléchir à des solutions » et qu’elle pourrait « aider les réfugiés les moins nantis et les plus vulnérables à payer la totalité des frais d’hospitalisation ». « Nous lançons un appel aux donateurs dans ce cadre », a-t-elle dit. Elle a également annoncé qu’une réunion se tiendra le 26 février pour « repenser la mise en place de la nouvelle politique ».

Démentant des rumeurs selon lesquelles l’Unrwa envisagerait de fermer ses écoles dans les camps de réfugiés et intégrerait les élèves palestiniens aux écoles publiques libanaises, Mme Darkazalli a martelé : « Plusieurs rumeurs sans fondement circulent dans le pays. Ces rumeurs sont infondées. L’Unrwa ne changera pas de mandat, elle veillera toujours à venir en aide aux réfugiés palestiniens. C’est une organisation qui ne disparaîtra pas. »