Les prisonnières palestiniennes à Telmond

Nadi al-​​asir al-​​Filistini, jeudi 2 juin 2005

Les 123 pri­son­nières pales­ti­niennes détenues dans la prison de Telmond en Israël lancent un cri d’appel à la com­mu­nauté inter­na­tionale. Elles dénoncent les pra­tiques inhu­maines et immo­rales de l’administration de la prison

Les pri­son­nières pales­ti­niennes à Telmond affirment que la prison est pire que le camp de Guantanamo

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Prison de Telmond

Les 123 pri­son­nières pales­ti­niennes détenues dans la prison de Telmond lancent un cri d’appel à la com­mu­nauté inter­na­tionale, grâce à la visite de l’avocat Hanane al-​​Khatib qui a pu ren­contrer plu­sieurs pri­son­nières. Elles dénoncent les pra­tiques inhu­maines et immo­rales de l’administration de la prison.

La pri­son­nière Nariman Muhammad Hasis, de Jénine, condamnée à 30 mois de prison a déclaré que la prison de Telmond est devenue pire que celle de Guan­tanamo à cause des pra­tiques sadiques et immo­rales envers les pri­son­nières. Elle a déclaré que la poli­tique des fouilles cor­po­relles à nu se pour­suivent et n’ont plus rien à voir avec des pré­tendues mesures de sécurité, mais elles répondent uni­quement à des moti­va­tions d’humiliation et de vio­lation de la dignité humaine, disant : "la fouille se pra­tique par la pré­sence de deux ou trois femmes israé­liennes, de façon exhi­bi­tion­niste, elles nous demandent de nous pencher, d’ouvrir nos jambes tout en étant nues".

Quant à la pri­son­nière Latifa Muhammad Abu Draa, de Naplouse, elle a déclaré : "j’ai per­son­nel­lement été fouillée à nue, de façon humi­liante, la geô­lière m’a demandé d’ôter tous mes vête­ments, m’obligeant ensuite à me courber, et elle regardait mon corps".

Sauvez la vie de l’enfant Nour, le plus petit pri­sonnier dans le monde.

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Manal Ghanem et son enfant

La pri­son­nière Narimane lance un appel aux orga­nismes des droits de l’homme et à la com­mu­nauté inter­na­tionale, leur demandant d’intervenir pour sauver la vie de l’enfant Nour, fils de la pri­son­nière Manal Ghanem, âgé de un an et demi, cet enfant étant malade. Il ne reçoit aucun soin et aucune ali­men­tation spé­ciale pour son âge ne lui est fournie. Nour est malade, il a subi une inter­vention chi­rur­gicale mais son état nécessite une autre. Parce que la repré­sen­tante des pri­son­nières a réclamé des soins pour Nour, la direction de la prison l’a mise en isolement.

La pri­son­nière Alaa Farouq, de Jénine, a dénoncé pour sa part la négli­gence médicale pra­tiquée par l’administration de la prison envers les malades. Elle a expliqué que le seul remède fourni est l’acamol,l’analgésique miracle et l’eau.

Parmi les pri­son­nières malades, se trouvent Latifa Abu Draa, Lina Hindawi, Hala Jabr, Hiba Yaghmor, Abeer Amrou, Amal Mahmoud, Amal Jumaa.

Répression et amendes

Les pri­son­nières ont dénoncé les fouilles de leurs cel­lules, à tout moment de la journée, sous pré­texte de sécurité, et l’imposition d’amendes pour les motifs les plus dérisoires.

Latifa Abu Draa a raconté qu’elles ont été isolées pendant deux mois en cel­lules indi­vi­duelles, que les geô­liers battent les pri­son­nières sur des parties sen­sibles de leur corps, et cela sans raison, elles sont également privées de visites, et imposées par des amendes allant jusqu’à 400 shekels, argent tiré de leur propre compte.

Les pri­son­nières font état également de l’intrusion d’hommes dans leurs cel­lules, pendant la nuit, alors qu’elles sont décou­vertes. De plus, des insectes pul­lulent, la direction de la prison refusant de fournir des pro­duits d’entretien pour net­toyer les cel­lules, qui sont très humides, et dont les fenêtres tou­jours fermées empêchent l’air de circuler.

Les cel­lules sont également sur­peu­plées, cer­taines pri­son­nières étant obligées de dormir sur le sol.

Les deux pri­son­nières ont dénoncé l’humiliation de leurs parents lors des visites, car les parents attendent pendant long­temps et sont également fouillés avant d’entrer pour les visites. Celles-​​ci se déroulent à travers un tableau vitré isolant, les pri­son­nières et les parents ne pouvant échanger nor­ma­lement et distinctement.