Les parents de Tom Hurndall, abattu par des soldats israé­liens il y a 5 ans, demandent à ren­contrer l’ambassadeur israélien à Londres

Rory McCarthy, mardi 22 avril 2008

Cinq ans après qu’il a été tué, les parents de Tom Hurndall attendent tou­jours des réponses à leurs questions

Cinq ans après que leur fils a fait l’objet d’un tir mortel de la part d’un soldat israélien à Gaza, les parents de l’étudiant bri­tan­nique Tom Hurndall tentent tou­jours d’obtenir du gou­ver­nement israélien des com­pen­sa­tions et des excuses for­melles, tandis qu’ils essaient de mettre au point des pour­suites cri­mi­nelles à l’encontre d’officiers supé­rieurs au sein de l’armée israélienne.

Hurndall, étudiant en pho­to­graphie de 22 ans, a été tué par balle il y a cinq ans aujourd’hui, lors d’une mani­fes­tation à Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza.

Cette semaine, ses parents Jocelyn (ndt : qui a écrit un livre à ce sujet) et Anthony Hurndall (ndt : qui est avocat) ont écrit à l’ambassadeur d’Israël à Londres, Ron Prosor, pour lui demander de les recevoir en urgence. En sus de demander des com­pen­sa­tions et des excuses, la famille tente tou­jours de réunir suf­fi­samment de preuves en vue d’entamer des pour­suites pour crimes de guerre en Angle­terre à l’encontre de plu­sieurs offi­ciers de l’armée israé­lienne.

La famille n’a pas révélé le montant de la com­pen­sation qu’elle entend recevoir. Une indi­cation de la presse israé­lienne, la semaine der­nière, évaluait ce montant à 500.000 £, quoique le montant exact est estimé être supé­rieur.

Dans leur lettre à l’ambassadeur, les parents de Hurndall écrivent : "Nous pré­tendons que le déni fait à la famille d’une juste et équi­table com­pen­sation équivaut à devoir faire face à une poli­tique d’indifférence et d’irrespect pour… des civils inno­cents. Ceci peut conduire à une res­pon­sa­bilité pénale inter­na­tionale pour qui­conque fait le constat d’une telle attitude".

Ils ont indiqué avoir fait face "à un mur de men­songes et d’inventions au sujet du tir" avant le procès, et qu’ils fai­saient main­tenant face "à une bataille de plus de nature étiolée et pro­longée, en vue d’obtenir une com­pen­sation de taille".

On estime que le gou­ver­nement israélien argue du fait que le soldat condamné pour le tir était seul res­pon­sable de la mort de Tom, et non l’un ou l’autre de ses supé­rieurs. Néan­moins, la famille espère tou­jours pouvoir être en mesure de faire arrêter et pour­suivre un certain nombre d’officiers supé­rieurs. "Il n’y a aucun doute qu’il y ait des chances" a dit Anthony Hurndall.

Le 11 avril 2003, Tom Hurndall (ndt : quatre semaines après que Rachel Corrie ait été écrasée par un bull­dozer israélien à Gaza) assistait à une mani­fes­tation à Rafah orga­nisée par un groupe dénommé "Inter­na­tional Soli­darity Movement". Un soldat israélien sur une tour de guet a tiré et Hurndall, qui portait une veste fluo­res­cente, était en train d’essayer de mettre à l’abri un groupe d’enfants pales­ti­niens lorsqu’il a été touché à la tête. Il a été victime d’une grave blessure au cerveau, et est mort neuf mois plus tard dans un hôpital de Londres.

Au début, les mili­taires israé­liens ont nié toute res­pon­sa­bilité. Néan­moins, en août 2005, un soldat israélien dénommé Taysir Heib (ndt : d’origine arabe bédouine) a été condamné pour meurtre à huit ans de prison. L’année sui­vante, un jury bri­tan­nique en charge d’une enquête a jugé que le soldat avait tiré sur Hurndall "avec l’intention de le tuer".

"Au cours de ces cinq der­nières années, nous avons fait face à rien d’autre que de l’obstruction et des bar­rages de la part des Israé­liens" a dit Jocelyn Hurndall. Elle a indiqué que la famille espérait négocier un accord amiable avec les auto­rités israé­liennes. Jusqu’à présent, elle n’a reçu que 8.000 £ pour couvrir les frais de rapa­triement de Tom — via un chèque qui est revenu sans pro­vision — puis un paiement l’année der­nière de 50.000 £.

A la fin de l’année der­nière, après que les négo­cia­tions aient échoué, ils ont entamé des pour­suites devant les tri­bunaux civils israé­liens. Arye Mekel, le porte-​​parole du ministère des Affaires étran­gères israélien, a indiqué : "Cette question est en cours de négo­cia­tions juri­diques entre la famille et le ministère de la défense. Des contacts sont en cours."