Les forces israéliennes ont tué deux adolescents palestiniens la semaine dernière

Defense for Children International (DCI) Palestine, lundi 3 avril 2017

Les forces israéliennes ont tiré des obus sur Yousef Abu Athra, 15ans, près de la frontière de Gaza le 21 mars. (Photo : de la famille Abu Athra)

Ramallah, 23 mars 2017—En six jours, les soldats israéliens ont tué deux adolescents palestiniens, Yousef Abu Athra, âgé de 15 ans, mardi à Gaza, et Murad Abu Ghazi, âgé de 17 ans, vendredi dernier au soir, près de la ville d’Hébron au Sud de la Cisjordanie.

Des soldats israéliens, placés près de la barrière-frontière, ont tiré des obus sur Yousef, du quartier de Al-Shaboura à Rafah au Sud de la bande de Gaza, dans la nuit de mardi. Selon les premiers rapports, Yousef est mort de ses blessures avant qu’une ambulance ne soit arrivée jusqu’à lui. Le 17 mars, Murad est mort de ses blessures, après que les forces israéliennes ont tiré à balles réelles sur un groupe d’adolescents au cours de heurts dans le camp de réfugiés d’Al-Arroub, en le tuant et en blessant Saif Awlad Issa, 16 ans, qui reste hospitalisé.

“Les forces israéliennes semblent recourir de façon habituelle à la force létale intentionnelle dans des situations où, selon les normes internationales, elle n’est pas justifiée, en tuant des enfants en toute impunité,” a déclaré le Directeur du Programme sur la Responsabilité de l’association Défense Internationale des Enfants - Palestine (DCIP), Ayed Abu Eqtaish. “Les balles réelles sont depuis 2014 de plus en plus utilisées contre les enfants palestiniens de Cisjordanie, tandis que les enfants de Gaza sont victimes de balles, d’obus et de bombes en violation du droit international.”

Peu de temps avant minuit, le 21 mars, Yousef et deux amis adultes se sont approchés de la barrière-frontière entre la bande de Gaza et Israël, ont indiqué les sources de DCIP. Quand ils se sont trouvés à environ 300 mètres (328 yards) de celle-ci, un blindé israélien a tiré plusieurs obus en direction des trois hommes, a rapporté un témoin oculaire.

Le père de Yousef a dit à DCIP que le corps de son fils était criblé d’éclats, avec aussi des blessures à la tête. Anwar Abu Houli de l’Association de Gaza du Croissant Rouge a déclaré que Yousef était déjà mort au moment où une ambulance est arrivée jusqu’à lui.

Murad Abu Ghazi, 17 ans, du camp de réfugiés d'Al-Arroub en Cisjordanie, a été mortellement atteint par un tir le 17 mars. (Photo : de la famille Abu Ghazi)

Cinq jours plus tôt, le 17 mars, un témoin oculaire a déclaré que les heurts étaient devenus intenses vers 20 h environ dans le camp de réfugiés d’Al-Arroub, situé entre Bethléem et Hébron, avec des soldats israéliens tirant à balles réelles sur un groupe d’adolescents, parmi lesquels Murad et Saif. Les forces israéliennes ont allégué que certains jeunes jetaient des cocktails Molotov cocktails sur la tour militaire située immédiatement à l’extérieur du camp.

A l’issue d’une lutte, ceux qui étaient présents ont pu tirer les blessés de l’endroit où ils étaient tombés pour les transférer à l’Hôpital Al-Ahli à Hébron.

A l’hôpital, les médecins ont déclaré Murad mort à l’arrivée. Selon un examen préliminaire par le médecin légiste, efffectué sous la surveillance du procureur général, Murad a été atteint par une balle réelle qui est entrée par le bas de son épaule gauche. La balle a directement touché le coeur avant de ressortir de la poitrine. Ceci a entraîné la mort de Murad, probablement en quelques minutes après la blessure, selon le légiste.

Le médecin qui a effectué une opération de Saif a confirmé qu’il avait été blessé à la poitrine par une balle réelle. Saif est toujours sous surveillance médicale dans l’unité de soins intensifs, dans un état sérieux mais non critique.

Dans les deux incidents mortels, l’armée israélienne ont confirmé que les tirs de balles ou d’obus des soldats israéliens avaient abouti à un "succès,” ont rapporté les medias locaux, mais n’ont pas fait de commentaires sur la mort des adolescents.

Yousef est le troisième enfant palestinien à être tué cette année par les forces israéliennes et Saif le sixième enfant blessé par les tirs à balles réelle des forces israéliennes, selon la documentation de DCIP.

Les installations militaires comme les points de contrôle et les tours d’observation en Cisjordanie et la « zone-tampon » fortement surveillée le long de la frontière de Gaza sont les lieux de heurts fréquents, présentant des risques importants de mort, de blessure, et d’arrestation, pour les enfants qui habitent ou qui passent souvent à proximité de celles-ci. En octobre 2016, au cours de manifestations près de la frontière de Gaza, les forces israéliennes ont tiré une fusée de signalisation sur Abdel-Rahman al-Dabbagh, 15ans, lui provoquant un feu à la tête.

L’année dernière a marqué l’année la plus mortelle d’une décennie pour les enfants de Cisjordanie, étant donné que les forces israéliennes et les gardes de sécurité Israeli ont tué 32 enfants palestiniens. Bien que 24 de ces enfants aient été accusés d’avoir effectué une certaine forme d’attaque, dans plusieurs cas, les preuves détenues par DCIP et les enquêtes internes israéliennes ont établi que les enfants ne constituaient pas une menace mortelle directe au moment où ils ont été tués.

Traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur le prisonniers