Les députés pales­ti­niens ont prêté serment malgré la déter­mi­nation d’Israël de faire obs­tacle à la démo­cratie en Palestine occupée.

Imemc, samedi 18 février 2006

Israël a interdit la sortie de la bande de Gaza aux députés élus, leur inter­disant ainsi de par­ti­ciper à la pre­mière session du nouveau par­lement à Ramallah.

Le Par­lement pales­tinien a tenu sa pre­mière session samedi matin mais à cause du bou­clage par les auto­rités israé­liennes, les députés de Gaza n’ont pu se rendre à Ramallah en Cis­jor­danie. Pour y sup­pléer, les légis­la­teurs pales­ti­niens ont dû avoir recours à des moyens tech­niques sophis­tiqués et tenir, en une période de crise finan­cière due au retrait du finan­cement des Etats unis et de l’Europe, deux ses­sions, en visio-​​ confé­rence, l’une à Gaza et l’autre à Ramallah.

La session de Gaza s’est ouverte par la lecture des 16 absents. Trois sont sur la liste des per­sonnes recher­chées par Israël et les treize autres sont dans les prisons israéliennes.

Près d’un tiers des députés n’ont pu participer à cette session.

Comme le fait remarquer l’écrivain lon­donien Kerim Balsi « Israël vient d’annoncer qu’il empê­chera les députés du Hamas et peut-​​être le Premier Ministre ainsi que d’autres ministres de se déplacer entre la Bande de Gaza et la Cis­jor­danie. Il n’y a rien que le Hamas puisse faire contre ça. L’ élec­tricité leur vient d’Israël…La Palestine a de l’eau mais c’est Israël qui contrôle les nappes phréa­tiques et des com­pa­gnies israé­liennes qui dis­tri­buent l’eau. Les télé­phones mobiles sont pro­duits par des firmes israé­liennes. Des opé­ra­teurs ont inventé des noms arabes mais ils uti­lisent les satel­lites israé­liens. Il y a des hôpitaux en Palestine mais les médi­ca­ments viennent par Israël et après contrôle israélien. La Palestine n’est pas seulement sous occu­pation mili­taire, elle est sous occu­pation totale dans tous les domaines ».

Cette « occu­pation totale » com­prend le bou­clage complet de la Cis­jor­danie et de la bande de Gaza depuis la vic­toire du Hamas aux légis­la­tives du 25 janvier. La semaine der­nière seuls 11 points de contrôle entre IsraËl et la Cis­jor­danie n’ont pas été fermés, inter­disant aux fer­miers l’accès à leurs terres de l’autre côté du Mur d’annexion et inter­disant aux tra­vailleurs l’accès à leur travail.

Cette semaine le bou­clage est encore plus dur. Seul un de ces 11 points de contrôle n’est pas « réservé aux israé­liens ». L’accès à la mosquée al-​​Aqsa a été interdit aux fidèles pales­ti­niens. En fait Israël a enfermé les Pales­ti­niens dans une prison de facto.

Le fait que la Palestine se réduit à deux prisons, la Cis­jor­danie et la Bande de Gaza sous occu­pation mili­taire et écono­mique par les forces israé­liennes, n’augure pas bien du pro­cessus démo­cra­tique que les Pales­ti­niens essaient actuel­lement de mettre en place.

Après la ren­contre de ven­dredi du Premier Ministre israélien en exercice Ehud Olmert avec de hauts res­pon­sables de la défense, su ministère des Affaires étran­gères, de l’Agence de sécurité nationale (Shin Bet) et des ser­vices de ren­sei­gnement, le Premier ministre a annoncé qu’aucun dépla­cement ne serait autorisé entre la Bande de gaza et la Cis­jor­danie, pour aucun Pales­tinien même les diri­geants élus.

Cette décision d’Israël rend en fait le pro­cessus démo­cra­tique impos­sible aux Pales­ti­niens qui ont déjà du sur­monter des obs­tacles consi­dé­rables pour pouvoir orga­niser l’élection sous occu­pation mili­taire israé­lienne.

Bien que per­sonne n’ait mis en doute la légi­timité de l’élection -en réalité les obser­va­teurs inter­na­tionaux ont déclaré que c’était les élec­tions les plus libres et démo­cra­tiques du Moyen-​​orient-​​, la réponse du gou­ver­nement israélien au choix du peuple pales­tinien d’élire le Hamas a été d’accuser la nou­velle direction de faire partie de l’ « axe du mal ».

Outre l’interdiction des dépla­ce­ments des Pales­ti­niens entre Gaza et la Cis­jor­danie, les auto­rités israé­liennes pré­voient d’empêcher le transfert d’équipement mili­taire de pays étrangers à l’Autorité Pales­ti­nienne, tel que des trans­ports de troupes blindés, du matériel de com­mu­ni­cation. Ils pré­voient aussi le gel des plans d’amélioration des points de passage entre les Ter­ri­toires Occupés et Israël de même que des plans de recons­truction du port et de l’aéroport de Gaza.

Depuis l’élection, les forces israé­liennes ont inten­sifié leur cam­pagne d’assassinats de membres de la résis­tance armée pales­ti­nienne. Les soldats israé­liens ont tué 26 per­sonnes dont plu­sieurs enfants désarmés.