Les cou­pures per­ma­nentes d’électricité pèsent lour­dement sur la vie des Gazaouis

Ziad Medoukh, vendredi 12 février 2010

Cette nou­velle épreuve est liée à la poli­tique israé­lienne de réduction des quan­tités de fioul auto­risées à entrer dans la bande de Gaza via les pas­sages israé­liens souvent fermés depuis le début du blocus inhumain, il y a main­tenant plus de 4 ans, imposé à la popu­lation civile.

La situation actuelle dans la bande de Gaza est dramatique à tous les niveaux :

blocus, fer­meture des fron­tières, dif­fi­cultés de dépla­cement, dif­fi­cultés écono­miques et souf­france continue pour plus d’un million et demi de Pales­ti­niens empri­sonnés sur leur ter­ri­toire ; comme si cela n’y suf­fisait pas, depuis plus d’un mois, et notamment depuis le 1er janvier 2010, nous assistons à une aggra­vation catas­tro­phique de la pénurie d’électricité dans la bande de Gaza. Dans chaque quartier, les habi­tants ont le droit à six heures d’électricité par jour et cela depuis plus de qua­rante jours ; ils subissent donc dix-​​huit heures de cou­pures d’électricité quo­ti­diennes, quel­quefois le jour, quel­quefois le soir et la nuit, avec des consé­quences très graves sur la vie des Gazaouis.

L’origine de cette nou­velle épreuve est liée à la poli­tique israé­lienne de réduction des quan­tités de fioul auto­risées à entrer dans la bande de Gaza via les pas­sages israé­liens souvent fermés depuis le début du blocus inhumain, il y a main­tenant plus de 4 ans, imposé à la popu­lation civile.

Dans la bande de Gaza il n’y a qu’ une seule cen­trale élec­trique qui ne fonc­tionne qu’à 30% de sa capacité. En effet, cette cen­trale a été bom­bardée à plu­sieurs reprises , notamment en 2006, 2007, et bien sûr en 2009, lors de la der­nière agression israé­lienne contre la bande de Gaza . Aux des­truc­tions causées aux ins­tal­la­tions qui pro­voquent à elles seules de trop nom­breuses pannes en l’absence d’équipement de main­te­nance du fait du blocus israélien, s’ajoute main­tenant l’interdiction d’entrée d’une quantité suf­fi­sante de fioul par les auto­rités israé­liennes pour faire fonc­tionner cette cen­trale ; alors que déjà, il ne faut pas l’oublier, une seule cen­trale élec­trique est insuf­fi­sante pour fournir de l’électricité à tous les foyers sur une base régulière .

Pour pallier cette situation très dif­ficile, les Pales­ti­niens de Gaza, déjà soumis à de si rudes épreuves, mais entraînés de gré ou de force à la patience et à la nécessité de s’adapter, essaient tant bien que mal, entre bougies et géné­ra­teurs, de trouver des solu­tions pour continuer à vivre au quotidien.

Les hôpitaux, les uni­ver­sités, les écoles et les prin­ci­pales ins­ti­tu­tions dans la bande de Gaza, ont toutes été équipées de géné­ra­teurs pour faire face à la pénurie, mais ce ne peut être qu’une solution pro­vi­soire et qui ne peut pas régler le pro­blème de la vie des familles, lour­dement péna­lisées par la situation.

Des géné­ra­teurs privés qui fonc­tionnent à l’essence sont uti­lisés actuel­lement dans beaucoup de maisons et d’immeubles, pour avoir un peu d’électricité, surtout la nuit . Mais l’essence et les géné­ra­teurs à bas coûts, qui passent par les tunnels, sont de mau­vaises qualité et pro­voquent des drames… ! Depuis l’aggravation de la pénurie d’électricité, nous avons déjà à déplorer 15 morts dans des explo­sions de géné­ra­teurs : les Gazaouis conti­nuent de mourir des consé­quences du blocus et des des­truc­tions israéliennes !

Devant cette situation de black-​​out élec­trique et de drames sur­ajoutés très pénible pour les Gazaouis, la com­mu­nauté inter­na­tionale et notamment l’Union euro­péenne ont la res­pon­sa­bilité de faire pression sur les auto­rités israé­liennes afin qu’elles four­nissent les quan­tités suf­fi­santes de fioul pour le fonc­tion­nement de notre unique cen­trale élec­trique et que tous les maté­riaux de main­te­nance et de répa­ration pour cette cen­trale entrent dans la bande de Gaza.

Combien de temps encore ce blocus inhumain continuera-​​t-​​il d’étouffer et de tuer les Pales­ti­niens ? La com­mu­nauté inter­na­tionale et l’Union euro­péenne ont le devoir moral d’imposer à Israël la levée du blocus de Gaza.