Les Palestiniens relancent leur campagne diplomatique à l’Onu

L’Orient le Jour avec AFP, samedi 30 janvier 2016

Les Palestiniens ont relancé leurs efforts pour que le Conseil de sécurité prenne position sur l’impasse actuelle au Proche-Orient, en premier lieu en adoptant une résolution contre la colonisation israélienne, a indiqué vendredi leur représentant à l’Onu.

"Nous n’acceptons pas l’idée que 2016 soit une année où rien ne peut être fait (...), nous voulons ouvrir des portes à la paix afin de maintenir l’espoir et la possibilité d’une solution à deux Etats", a déclaré à des journalistes l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour. Il a indiqué avoir pris contact ces derniers jours avec les cinq pays membres permanents du conseil (Etats-Unis, France, Russie, Chine, Royaume-Uni). "Une résolution sur les implantations (israéliennes en Cisjordanie) est une des possibilités", a-t-il estimé. "Nous consultons les membres du Conseil sur leur volonté de prendre des mesures à cet égard". Il a rappelé que la communauté internationale considérait la colonisation comme illégale et faisant obstacle à un règlement du conflit.

Des diplomates à l’ONU ont estimé irréaliste une telle initiative alors que les Etats-Unis, qui utilisent systématiquement leur droit de veto en faveur d’Israël, sont en campagne présidentielle. "Certains peuvent penser qu’on ne peut rien faire en année électorale mais il est de notre devoir de voir ce qui peut être fait", a estimé M. Mansour. Il a aussi évoqué d’autres pistes pour une "approche collective", dont l’idée française d’un groupe de soutien international, une conférence internationale ou le déploiement d’observateurs pour protéger les Palestiniens. "Le signal doit venir du Conseil de sécurité", a affirmé M. Mansour.

Ces initiatives sont pour l’instant au point mort, en raison surtout des réticences des Etats-Unis. Ceux-ci avaient mis leur veto en 2011 à une résolution sur la colonisation. Une tentative palestinienne de faire adopter une résolution sur le Proche-Orient avait aussi échoué fin 2014. La dernière résolution sur le conflit israélo-palestinien date de 2009. M. Mansour a refusé de qualifier l’accueil fait par ses interlocuteurs aux idées palestiniennes ni de donner les détails sur "la stratégie palestinienne", qui doit encore être "finalisée" et discutée avec les pays arabes.

Ces déclarations interviennent au moment où une vive polémique oppose l’Onu et Israël et où se poursuivent des attaques menées par des Palestiniens contre des civils israéliens. Pour avoir fustigé la colonisation et évoqué la "frustration croissante" des jeunes Palestiniens soumis à l’occupation, le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon a été accusé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’encourager le terrorisme. M. Mansour a salué la fermeté de M. Ban, estimant qu’il avait "sonné l’alarme" et qu’il avait "bien évalué le climat" dans les territoires occupés.