Les Palestiniens privés d’eau par Israël et ses colonies

Pierre Barbancey, samedi 31 octobre 2009

Dans un rapport rendu public mardi 27 octobre, Amnesty Inter­na­tional accuse le gou­ver­nement de Tel-​​Aviv de main­tenir, au bénéfice des colons, un contrôle total sur cette res­source essen­tielle pour la région.

Les rap­ports des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales des droits de l’homme consacrés à Israël se suivent et se res­semblent. Mises bout à bout, ces enquêtes ne dénoncent pas seulement les condi­tions de vie dans les­quelles Israël main­tient les Pales­ti­niens. Elles des­sinent une poli­tique qui ne néglige aucun aspect, aucune dimension de ce peuple pales­tinien soumis à l’occupation. Le rapport de l’ONU, dit « rapport Gold­stone », du nom du juge sud-​​africain qui diri­geait la com­mission d’enquête, a montré qu’Israël pouvait être accusé de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité lors de son offensive sur Gaza en janvier dernier. Cette fois-​​ci, c’est Amnesty Inter­na­tional qui tire le signal d’alarme.

Piscines et pelouses bien arrosées

Israël limite sévè­rement l’accès à l’eau dans les ter­ri­toires pales­ti­niens « en main­tenant un contrôle total sur des res­sources com­munes et en pour­suivant des poli­tiques dis­cri­mi­na­toires ». « Israël ne laisse les Pales­ti­niens accéder qu’à une fraction des res­sources com­munes en eau, qui se situent surtout en Cis­jor­danie occupée, alors que les colonies israé­liennes illé­gales reçoivent des quan­tités pra­ti­quement illi­mitées », écrit Amnesty. Les Israé­liens consomment quatre fois plus d’eau que les Pales­ti­niens. Cette inégalité est encore plus criante dans cer­taines régions de Cis­jor­danie où des colonies uti­lisent vingt fois plus d’eau par tête d’habitant que les Pales­ti­niens des loca­lités voi­sines qui sur­vivent avec 20 litres par jour. « Pis­cines, pelouses bien arrosées et vastes exploi­ta­tions agri­coles irri­guées dans les colonies contrastent avec les vil­lages pales­ti­niens voisins, dont les habi­tants doivent se battre quo­ti­dien­nement pour assurer leurs besoins en eau », poursuit le rapport.

Interdiction de creuser de nouveaux puits

Selon Amnesty, les Pales­ti­niens ne sont pas auto­risés à creuser des nou­veaux puits ou à res­taurer les anciens sans permis des auto­rités israé­liennes. En outre, de nom­breuses routes de Cis­jor­danie sont fermées ou limitées à la cir­cu­lation, ce qui contraint les camions-​​citernes à faire des détours pour ravi­tailler les vil­lages qui ne sont pas reliés au réseau de dis­tri­bution d’eau. Dans la bande de Gaza, l’offensive israé­lienne de l’hiver dernier a endommagé les réser­voirs d’eau, les puits, les égouts et les sta­tions de pompage. De 180000 à 200000 Pales­ti­niens n’ont pas accès à l’eau cou­rante en Cisjordanie.