Les Palestiniens du Liban attendront (encore)

Gilles Paris, lundi 26 juillet 2010

Contraints à l’exil par la terreur juive puis israé­lienne des années 1947-​​48…, des cen­taines de mil­liers de Pales­ti­niens vivent 6 décennies plus tard dans des camps de réfugiés au Proche-​​Orient. Dans des condi­tions indignes pour la plupart des camps. Au Liban, 12 camps…

Le sort des réfugiés pales­ti­niens ins­tallés au Liban (425 000 dans douze camps ) fait régu­liè­rement l’objet de rap­ports alar­mants (lire une étude de Fafo effectuée en 2000 ou le rapport de ICG datant de 2009 ).

Au début de l’année, le druze Walid Joum­blatt avait proposé que le Par­lement libanais leur accorde enfin des droits civiques , pour amé­liorer autant que pos­sible leur sort sans pour autant que la question brû­lante de leur natu­ra­li­sation soit posée. Une pro­po­sition de loi avait été déposée à ce sujet et dis­cutée au Par­lement libanais en juin.

C’était sans compter les vieux démons libanais : le premier, c’est la crainte que toute dis­po­sition visant les Pales­ti­niens ne soit un premier pas pour leur ins­tal­lation défi­nitive (avec la consé­quence que l’on imagine sur le sujet explosif de la balance démo­gra­phique entre musulmans et chré­tiens.) Le second, c’est évidemment le sou­venir des années de plomb de la guerre civile et la conviction ancrée chez cer­tains chré­tiens que la pré­sence pales­ti­nienne au Liban (et les excès du Fatahland) en fut l’élément déclencheur.

Résultat : la pro­po­sition de Walid Joum­blatt fut repoussée par les partis chré­tiens. Reprise à son compte par le gou­ver­nement du sunnite Saad Hariri, elle a été renvoyé au mois d’août par le pré­sident du Par­lement, le chiite Nabih Berr, le 15 juillet.

Il y a fort à parier qu’à cette date le sujet sera, une nou­velle fois, évacué. [1]

[1] voir aussi el Watan :

Le Caire : El Qods et le blocus au centre des débats

Les ques­tions d’El Qods, de la colo­ni­sation et du blocus imposé à Ghaza sont au cœur des travaux de la 84e session de la confé­rence sur les réfugiés pales­ti­niens dans les pays arabes hôtes ouverts hier au Caire.

La confé­rence exa­minera durant cinq jours la conjoncture interne pales­ti­nienne ainsi que le blocus israélien imposé sur la bande de Ghaza, la colo­ni­sation, l’immigration juive et la question des réfugiés pales­ti­niens ainsi que les acti­vités de l’Unrwa et sa situation finan­cière, selon des sources res­pon­sables de la Ligue arabe.

La ville d’El Qods, les vio­la­tions de ses sym­boles sacrés, de son his­toire cultu­relle, et de son patri­moine seront au centre de ces travaux. La Ligue arabe avait publié aupa­ravant les mes­sages que l’observateur général de Palestine auprès des Nations unies avait adressés au SG de l’ONU et le pré­sident du Conseil de sécurité concernant les pro­vo­ca­tions pra­ti­quées par les auto­rités israé­liennes. Par ailleurs, les par­ti­ci­pants à cette confé­rence exa­mi­neront les résultats du suivi du Secré­tariat général et les consé­quences de la construction par Israël du mur de sépa­ration dans les ter­ri­toires palestiniens occupés.

Constat

S’agissant des ques­tions des réfugiés, le secré­tariat général de la Ligue arabe pré­sentera un rapport sur la situation des réfugiés pales­ti­niens dans les pays d’accueil et un point de situation sur les efforts en cours et devant aboutir à une solution juste à ce pro­blème conforme à la légalité inter­na­tionale. Le pré­sident du dépar­tement des réfugiés auprès de l’Organisation de Libé­ration de la Palestine (OLP), Zakaria Al Agha, a estimé lors d’une inter­vention que cette confé­rence qui se tient tous les six mois traduit « l’intérêt porté à l’action arabe commune pour le soutien de la cause pales­ti­nienne et les droits du peuple pales­tinien au retour et à l’autodétermination ».

La délé­gation pales­ti­nienne œuvrera à travers cette confé­rence à conso­lider la coopé­ration et la coor­di­nation inter­arabes, notamment entre les pays arabes hôtes des réfugiés, sou­li­gnant que les recom­man­da­tions de la 84e session seront sou­mises à la 134e session du Conseil de la Ligue arabe au niveau des ministres arabes des AE, le 16 sep­tembre pro­chain. Le secré­taire général adjoint de la Ligue chargé des affaires de la Palestine, Mohamed Sebih, a affirmé de son côté que la réa­li­sation de la paix au Moyen-​​​​Orient choisie par la Ligue arabe comme une option stra­té­gique via l’initiative de la paix ne sera concré­tisée qu’à travers le retrait d’Israël de tous les ter­ri­toires arabes occupés et l’établissement de l’Etat pales­tinien indé­pendant avec le retour des réfugiés palestiniens.

Par R. I. Agences http://​www​.elwatan​.com/​C​o​n​f​e​r​e​nce-s…