Les Palestiniens commémorent sous tension le 69e anniversaire de la Nakba

HuffPost Maghreb, mardi 16 mai 2017

Des heurts avec les forces de l’occupation israélienne ont fait plusieurs blessés palestiniens en Cisjordanie occupée ce lundi 15 mai 2017 à l’occasion de la journée commémorant la "Nekba", dans un contexte marqué par la poursuite de l’occupation et de la colonisation dans les territoires palestiniens, par un soulèvement populaire spontané en Cisjordanie et par la grève de la faim collective et illimitée de plus de 1.700 prisonniers palestiniens.

Onze Palestiniens ont été évacués vers des hôpitaux après avoir été atteints, pour la plupart, par des balles israéliennes en caoutchouc lors d’affrontements près du checkpoint dit du DCO ou de Bet-El, à la sortie de Ramallah.

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Des dizaines de jeunes ont lancé des pierres en direction des soldats de l’occupation positionnés autour du checkpoint, l’un des lieux privilégiés par la jeunesse palestinienne pour protester contre la colonisation militaire israélienne des Territoires palestiniens. Les soldats israéliens ont répliqué avec des moyens anti-émeutes.

A Bethléem aussi, plusieurs centaines de Palestiniens arborant des tee-shirts noirs frappés de l’inscription 1948, année de la Nekba, ont lancé des cailloux sur les forces israéliennes qui les maintenaient à distance à coups de balles en caoutchouc, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène.

La "Nakba" désigne la "catastrophe" que fût pour les Palestiniens la création d’Israël en 1948 sur les trois quarts de la Palestine, poussant plus de 760.000 Palestiniens, aujourd’hui quelque 4,8 millions avec leurs descendants, à se réfugier dans des pays voisins.

La catastrophe de la Nakba a été aussi la destruction entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine avec ses 250 habitants massacrés par les forces d’occupation.

Les Palestiniens commémorent chaque année cette date, pour dénoncer dans un message délivré au monde entier, "soixante-neuf ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple digne, soixante-neuf ans d’injustice imposée à un peuple sur sa terre, soixante-neuf ans de déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre peuple", rapportent plusieurs médias ce lundi.

Drapeaux en berne

Avant les heurts au checkpoint, plusieurs milliers de personnes ont marché sous les drapeaux palestiniens dans Ramallah. Ils portaient une clé surdimensionnée, symbole traditionnel des maisons perdues à l’époque et dans lesquelles les Palestiniens espéraient revenir après le conflit israélo-arabe.

"Je viens tous les ans commémorer cet anniversaire, cette catastrophe", disait Salha Orabi, 62 ans, descendante de réfugiés et résidente du camp de Jalazoun, près de Ramallah.

"La Nakba, pour nous, signifie la destruction. Nous sommes bien placés pour savoir ce que cela signifie, nous avons dû fuir, c’est nous qui avons quitté nos maisons et nos terres".

Le droit au retour reste une revendication primordiale des Palestiniens et l’une des questions les plus épineuses pour faire la paix avec Israël après presque 70 ans de conflit.