Les Israé­liens décrochent le contrat pour sécu­riser les fron­tières des Etats-​​Unis

Christopher Bollyn, lundi 9 octobre 2006

L’équipe de Boeing, qui mettra en appli­cation le pro­gramme appelé Ini­tiative de Sécu­ri­sation des Fron­tières le long des fron­tières nord et sud des Etats-​​Unis, com­prend une entre­prise en tech­no­logie de sur­veillance appelé Kollsman Inc., une filiale appar­tenant à l’entreprise Elbit Systems de Haïfa, Israel.

Le 21 sep­tembre 2006, Michael Chertoff, le Secré­taire du Dépar­tement de la Sécurité de la Patrie (CSAD), a annoncé qu’un consortium dirigé par l’entreprise Boeing basée à Chicago avait gagné un contrat de mil­liards de dollars pour ins­taller des détec­teurs et un radar le long de la fron­tière des États-​​Unis.

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Une portion du mur entre les Etats-​​Unis et le Mexique

Le marché, pre­mière partie d’un projet gou­ver­ne­mental de plu­sieurs mil­liards de dollars conçu pour réduire l’entrée illégale le long des fron­tières cana­diennes et mexi­caines com­prend des caméras, des détec­teurs et même des avions sans pilotes.

Quand on a demandé à Chertoff pourquoi le CSAD avait choisi le groupe dirigé par Boeing, il a refusé de commenter.

Pourtant, la raison du silence de Chertoff est par­lante : l’équipe de Boeing inclut un sous-​​traitant de l’armée israé­lienne qui jouera un rôle prin­cipal "dans la sécurité" de la fron­tière américaine.

Ce qui est inté­ressant, c’est que la mère israé­lienne de Chertoff a joué un rôle important dans la création de ce pays dans son enfance.

L’équipe de Boeing, qui mettra en appli­cation le pro­gramme de CSAD appelé Ini­tiative de sécu­ri­sation des Fron­tières (SBI) le long des fron­tières nord et sud des Etats-​​Unis, com­prend un Mer­rimack, une entre­prise en tech­no­logie de sur­veillance appelé Kollsman Inc., une filiale appar­tenant à l’entreprise Elbit Systems de Haïfa, Israel. Elbit Systems Ltd. of Haifa, Israel.

L’équipe Israélo-​​Américaine com­prend Unisys Corp., DRS Tech­no­logies Inc., L-​​3 Com­mu­ni­ca­tions Hol­dings Inc., Lucent Tech­no­logies Inc., Perot Systems Corp. et Kollsman appar­tenant aux Israé­liens, qui fabrique des caméras infra­rouges à images ther­miques uti­lisées pour sur­veiller les fron­tières d’Israel.

Alors que Chertoff annonçait l’attribution du contrat, d’une valeur estimée à environ 2.5 mil­liards de dollars, il accordait un contrat très lucratif et sen­sible à une entre­prise israé­lienne liée très étroi­tement à l’armée israé­lienne. Le contrat n’aurait pas une valeur globale. Des paie­ments seront annoncés en tant que parties du système commandé.

Le travail sera effectué en plu­sieurs phases, avec une pre­mière partie de 45 km de long près de Tucson, en Arizona, selon Chertoff. Cette pre­mière phase coûtera 67 mil­lions de dollars.

La pro­po­sition de Boeing inclut environ 1.800 tours d’observations le long des fron­tières avec des caméras déve­loppées par l’entreprise israé­lienne, Elbit Systems Ltd, qui peuvent repèrer des per­sonnes jusqu’à 15 km.

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Le mur d’annexion israélien, devant le camp d’Aïda, à Bethléem. Mai 2006

Elbit Systems indique qu’il est : "le premier four­nisseur et inté­grateur de sys­tèmes pour le système de contrôle de la police des fron­tières israé­liennes, un système auto­matisé pour l’enregistrement et le contrôle déployés à chaque passage de fron­tières israéliennes. [1]

"Elbit Systems a déve­loppé et intégré des solu­tions mul­ti­couches incor­porant la bio­métrie tran­chante, des tech­no­logies d’identifications optiques et de RFID [iden­ti­fi­cation par radio­fré­quence]. Nos solu­tions de sécurité de péri­mètre ont été également adaptées pour des infra­struc­tures d’énergie et des ins­tal­la­tions en mer", indique le site Internet de l’entreprise.

"Nous recher­chons une tech­no­logie avancée qui peut sélec­tionner un visage dans la foule", déclare Wayne Esser, le chef d’équipe de l’équipe Boeing, à Washington Technology.

Elbit fournit à l’armée israé­lienne un système de sur­veillance de sécurité des fron­tières avec des détec­teurs intégrés, des radars, "une bar­rière intel­li­gente" et des caméras.

Liens avec les services de renseignements israéliens :

Kollsman n’est pas le seul inter­venant dans l’équipe de Boeing à avoir des liens avec les ser­vices de ren­sei­gne­ments israé­liens. Comme l’avait pré­cé­demment indiqué l’AFP, Unisys Corp., présidé par Law­rence A. Weinbach, a intégré le logiciel de sécurité israélien dans les pro­duits infor­ma­tiques qu’il vend au gou­ver­nement amé­ricain et à d’autres clients.

Le logiciel de Check Point Software Tech­no­logies de Ramat Gan, Israel, par exemple, est intégré dans les pro­duits d’Unisys.

Elbit Systems est dirigé par un conseil qui est composé d’anciens généraux israé­liens, de colonels, d’ambassadeurs, et d’anciens res­pon­sables des plus grandes banques et des entre­prises israéliennes.

Le seul directeur non-​​israélien du comité de direction de l’entreprise composé de 18 membres est Timothy Taylor, pré­sident d’origine bri­tan­nique et pré­sident d’Elbit Systems aux Etats-​​Unis. Taylor parle aux médias amé­ri­cains pour l’entreprise appar­tenant aux Israé­liens tandis que les anciens pilotes de combat et les généraux israé­liens dirigent l’entreprise à Haïfa.

SBI est une ini­tiative de Chertoff qui est censée être "un plan global pour contrôler nos fron­tières et pour refouler le flux d’immigration illégale". "Ce que nous cher­chons à faire, c’est construire une bar­rière vir­tuelle", dit Chertoff. « Nous voulons savoir quand quelqu’un ou quelque chose franchit la frontière."

Alors que la presse israé­lienne était rapide à signaler qu’une entre­prise israé­lienne faisait partie du pro­gramme de sécurité des fron­tières de SBI, Chertoff ne l’a pas men­tionné. "La filiale d’Elbit Systems, Kollsman, a annoncé qu’elle assu­rerait la tech­no­logie pour iden­tifier les menaces, décou­rager et empêcher les pas­sages et appré­hen­derait les intrus le long des fron­tières amé­ri­caines", révélait le quo­tidien israélien Ha’aretz.

Hunt­leigh - Etats-​​Unis, une autre société appar­tenant aux Israé­liens, four­nissait le système de détection des pas­sagers à l’aéroport Logan de Boston au matin du 11 sep­tembre 2001.

Hunt­leigh, qui appar­tient en totalité à l’entreprise israé­lienne, Inter­na­tional Consul­tants on Tar­geted Security (ICTS) n’avait pas appa­remment arrêté les ter­ro­ristes arabes qui ont détourné les deux avions qui ont heurté le World Trade Center, selon la version du gouvernement.

Main­tenant, la même admi­nis­tration qui n’a pas arrêté les attaques ter­ro­ristes du 11 -sep­tembre embauche une entre­prise appar­tenant aux Israé­liens pour aider à pro­téger l’ensemble de la fron­tière ter­restre des États-​​Unis.

De peur que nous oubliions : Les entre­prises israé­liennes avaient obtenu les contrats pour la sécurité aux aéro­ports où les soi-​​disant "ter­ro­ristes arabes" ont été auto­risés à bord des vols du 11 septembre.

[1] sur­li­gnement : CL, Afps