Les Européens vont-​​ils hausser le ton sur les colonies israéliennes ?

Gilles Paris, mercredi 6 mai 2009

L’arrivée d’un gou­ver­nement israélien moins disposé que le pré­cédent à s’engager dans un pro­cessus de paix avec les Pales­ti­niens a déjà entraîné un gel pro­longé du rehaus­sement des rela­tions diplo­ma­tiques avec l’Union euro­péenne (la décision avait été prise pendant l’offensive sur Gaza). Les Israé­liens ont plutôt mal accueilli cette posture .

Les risques de ten­sions sont pourtant bien réels, d’autant que des avant-​​coureurs ont été détectés notamment de la part de la diplo­matie bri­tan­nique, très active vis à vis des pro­duits issus des colonies israé­liennes en Cis­jor­danie . Le Foreign Office a pris les devant en mars, selon le Tele­graph , en sus­pendant un démé­na­gement prévu à Tel Aviv dans des bureaux appar­tenant à une firme inves­tissant par ailleurs dans la grande colonie de Maale Adoumim, à l’est de Jéru­salem. Par le passé, des entre­prises ont déjà déplacé leurs acti­vités à l’ouest de la Ligne verte, ligne d’armistice de 1949 (ce blog a déjà fait état des déci­sions des vins Barkan ou de la fabrique de cadenas Mul-​​T-​​Lock .)

Et la France ? Et bien la France est ennuyée. L’organisation pro-​​palestinienne France-​​Palestine soli­darité poursuit en effet depuis 2007 des sociétés fran­çaises (Véolia transport, Alstom et Alstom transport) engagées dans le projet de tramway de Jéru­salem qui va notamment rac­corder au centre-​​ville des colonies construites dans la partie orientale conquise par la force en 1967 et qui sont consi­dérées comme illé­gales selon le droit inter­na­tional. Après deux ans de gué­rilla, le tri­bunal de Nan­terre a décidé de se déclarer com­pétent à propos de la pro­cédure engagée par l’organisation pro-​​palestinienne, qui considère que les contrats conclus avec le gou­ver­nement israélien sont illicites.

Depuis le début, les auto­rités fran­çaises, qui dénoncent régu­liè­rement les acti­vités de colo­ni­sation, se gardent bien de se pro­noncer sur ce dossier estimant que le contrat signé (en pré­sence d’un diplomate français dans les bureaux du premier ministre d’alors, Ariel Sharon) concerne le secteur privé…et que le tramway per­mettra également la des­serte de quar­tiers palestiniens.

PS : on a retrouvé sur le site de l’organisation paci­fiste israé­lienne Gush Shalom, sans mention de date, un courrier adressé à la com­pagnie aérienne bri­tan­nique British airways mise en cause pour une cam­pagne d’affichage en faveur de ses vols à l’entrée de la colonie d’Ariel , au nord de la Cis­jor­danie. BA n’est pas BMI (sen­tence lapi­daire que l’on peut décoder en se rendant ici ).