Les Etats-​​Unis à Israël : le gel de la colo­ni­sation n’est pas une pré-​​condition pour des dis­cus­sions de paix

Saed Bannoura, lundi 2 novembre 2009

Posi­tion­nement clair de la diplo­matie des Etats-​​Unis en faveur du colo­ni­sateur, "à un moment où l’expansion des colonies est sans pré­cédent et s’ accélère."

Hillary Clinton, Secré­taire d’état des Etats-​​Unis a déclaré samedi 31 octobre lors d’une confé­rence de presse avec le premier ministre Ben­jamin Neta­nyahou que les Etats-​​Unis ne feraient plus pression sur Israël afin qu’il gèle la colo­ni­sation comme pré-​​condition pour des négo­cia­tions de paix avec les Palestiniens-​​ insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un chan­gement poli­tique des Etats-​​Unis Clinton n’a pas tari d’éloges sur le premier ministre israélien pendant leur confé­rence de presse commune. « Je pense que notre position actuelle est d’ essayer d’entrer dans des négo­cia­tions. Le premier ministre pourra pré­senter ce que son gou­ver­nement propose en terme d’action concernant les colonies. Je pense que cela sera perçu, après une expli­ci­tation, comme un pas sans pré­cédent, et en outre une réponse à beaucoup des pré­oc­cu­pa­tions qui se sont exprimées. »

La confé­rence de presse se tient à un moment où l’expansion des colonies est sans pré­cédent et s’ accélère. Le gou­ver­nement israélien a confirmé une aug­men­tation rapide de la construction dans 11 colonies au moins, alors que les Pales­ti­niens affirment que l’ accé­lé­ration touche bien plus de colonies.

Dans le passé, ce genre d’expansion a été utilisé pour établir des « faits sur le terrain » dans la pers­pective de dis­cus­sions de paix, afin de ren­forcer le vol de terres et de rendre plus dif­ficile le retour en arrière. Le gou­ver­nement amé­ricain sous l’administration Obama avait pré­cé­demment appelé à un gel de la colo­ni­sation, mais cet appel s’est len­tement érodé ces der­niers mois après que le gou­ver­nement israélien et ses par­tisans ont fait pression sur les Etats-​​Unis.

Quelque 300 000 colons israé­liens vivent dans des implan­ta­tions, ou colonies, sur des terres pales­ti­niennes illé­ga­lement confis­quées en Cis­jor­danie, et 250 000 autres sur des terres pales­ti­niennes illé­ga­lement confis­quées à Jérusalem-​​Est. Toutes ces colonies ont été condamnées par les Nations unies car elles violent le droit inter­na­tional et la qua­trième Convention de Genève, puisque cela implique le transfert de popu­la­tions civiles sur les terres prises par la force à la popu­lation pales­ti­nienne autochtone.