Les 23 dates-​​clefs du conflit israélo-​​palestinien

Dominique Vidal, lundi 15 janvier 2007

réactualisé en septembre 2011

2 novembre 1917 : La déclaration Balfour

29 novembre 1947 : Le plan de partage de l’ONU

14 mai 1948 : La décla­ration d’indépendance d’Israël

30 mai 1964 : La création de l’OLP

juin 1967 : Israël occupe la Cis­jor­danie et la bande de Gaza

16 septembre 1970 : « Septembre noir »

13 avril 1975 : Le début de la guerre civile libanaise

17 mai 1977 : La vic­toire du Likoud en Israël

17 sep­tembre 1978 : Les accords de Camp David

6 juin 1982 : L’invasion du Liban par Israël

7 décembre 1987 : Le déclen­chement de l’Intifada

30 octobre 1991 : La Conférence de Madrid

13 septembre 1993 : L’accord d’Oslo

4 novembre 1995 : L’assassinat d’Itzhak Rabin

25 juillet 2000 : L’échec de Camp David

11 sep­tembre 2001 : "Notre Ben Laden c’est Arafat

29 mars 2002 : L’opération "Rempart"

14 août 2005 : Le visage uni­la­téral d’Ariel Sharon

25 janvier 2006 : Le Hamas au pouvoir

12 juillet 2006 : Guerre du Liban

Conclusion

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2 novembre 1917 : La déclaration Balfour

Un an après avoir publié son livre L’État des juifs, fon­dement du sio-​​ nisme poli­tique, Theodor Herzl avait réuni, en 1897, le premier Congrès sio­niste à Bâle, afin d’« obtenir pour le peuple juif en Palestine un foyer reconnu publi­quement et garanti juri­di­quement ». Puis il chercha durant toute sa vie à obtenir des appuis inter­na­tionaux. Il ren­contra le sultan turc, les ministres du tsar, le kaiser allemand, mais sa pré­fé­rence allait d’emblée à la Grande-​​Bretagne. Il déclara en 1904 : « Avec l’Angleterre en guise de point de départ, nous pouvons être assurés que l’idée sio­niste s’élancera plus avant et plus haut que jamais auparavant. »

Si Theodor Herzl meurt en 1907 sans avoir obtenu le soutien public bri­tan­nique qu’il espérait, son suc­cesseur Haïm Weizmann réussit dix ans plus tard, le 2 avril 1917 : le secré­taire au Foreign Office, Lord Arthur James Balfour, déclare que le gou­ver­nement de Sa Majesté « envisage favo­ra­blement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faci­liter la réa­li­sation de cet objectif, étant clai­rement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et reli­gieux des col­lec­ti­vités non-​​juives existant en Palestine, ou aux droits et statut poli­tiques dont les Juifs jouissent dans tout autre pays ».

Cette « décla­ration Balfour » contredit les autres enga­ge­ments que la Grande-​​Bretagne avait déjà pris à l’époque. D’abord la pro­messe faite en 1916 au chérif Hussein, comme à Ibn Saoud, en échange de leur par­ti­ci­pation à la guerre contre les Turcs, de« recon­naître et sou­tenir l’indépendance des Arabes ». Ensuite, les accords Sykes-​​Picot passés la même année avec les Français, qui par­tagent entre les deux pays le grand royaume soi-​​disant destiné aux Arabes et qui inter­na­tio­na­lisent la Palestine, sans y prévoir d’ailleurs de Foyer national juif. Arthur Koestler a résumé d’une très belle formule cette opé­ration : « Une nation a solen­nel­lement promis à une seconde le ter­ri­toire d’une troisième. »

Londres compte effec­ti­vement, à l’époque, sur le mou­vement sio­niste dans l’immédiat pour ren­forcer le camp allié dans la guerre contre l’Allemagne qui s’éternise, mais surtout pour s’assurer, après guerre, une mainmise sur le Proche-​​Orient. De fait la Palestine, théo­ri­quement inter­na­tio­na­lisée par les accords Sykes-​​Picot, devient en 1920 un mandat bri­tan­nique. Elle repré­sente, en effet, le car­refour stra­té­gique de toutes les routes de l’Orient et notamment la pro­tection directe du canal de Suez.

Les espoirs sio­nistes ne vont donc pas être déçus. Les hauts-​​commissaires bri­tan­niques suc­cessifs en Palestine vont couvrir la création d’un embryon d’État juif. Entre 1917 et 1948, les Juifs passent de 10 % à 30 % de la popu­lation de la Palestine, la super­ficie agricole qu’ils cultivent est mul­ti­pliée par trois, le nombre de leurs colonies par dix, et leur indice de pro­duction indus­trielle par cin­quante. L’arrivée d’Hitler au pouvoir en Alle­magne ren­force consi­dé­ra­blement l’afflux d’immigrants et de capitaux juifs en Palestine. L’Organisation sio­niste signe d’ailleurs avec les auto­rités nazies, dès 1933, l’accord dit Haavara qui permet et facilite cette immi­gration d’hommes et de capitaux.

Mais si le calcul est bon du côté sio­niste, il l’est beaucoup moins du côté bri­tan­nique. Londres a sous-​​estimé la résis­tance des Arabes. Le mécon­ten­tement contre la tra­hison par les Bri­tan­niques de leurs pro­messes, déjà vif en 1917, grandit durant l’entre-deux guerres au fur et à mesure de la construction du Foyer national juif, en vio­lation de la clause du Mandat qui protège les popu­lation non-​​juives, majoritaires…

D’où des révoltes de plus en plus mas­sives et de plus en plus vio­lentes, suivies chaque fois d’une com­mission d’enquête et de livres blancs d’une Grande-​​Bretagne sou­cieuse de ne pas miner son pouvoir en Palestine et donc au Moyen-​​Orient en général. Des pre­miers heurts graves ont lieu en mai 1921, suivis d’un premier Livre blanc en 1922. Les inci­dents plus graves de 1929 sont suivis d’un nouveau Livre blanc en 1930. En 1936 éclate une véri­table grève insur­rec­tion­nelle pales­ti­nienne, qui dure près de trois ans. Après l’avoir réprimée sau­va­gement avec l’aide des milices juives, Londres tente de tirer les leçons poli­tiques de ce qui s’est passé.

Le coup d’essai rate : la com­mission conduite par Lord Peel - qui propose, en 1937 déjà, le partage de la Palestine, mais aussi un « transfert » des popu­la­tions arabes vivant dans la partie allouée au futur État juif - se heurte au refus de toutes les parties pre­nantes, aussi bien juives que pales­ti­niennes. En fait le Livre blanc du 17 mai 1939 pour enre­gistrer un véri­table tournant de la poli­tique bri­tan­nique. Il prévoit, lui, des mesures draconiennes :

- limi­tation de l’immigration juive à 75 000 per­sonnes pendant cinq ans, après quoi toute immi­gration sui­vante sera soumise au consen-​​ tement arabe ;
- inter­diction de l’achat de terres par le mou­vement sio­niste dans l’essentiel du pays et réduction dras­tique ailleurs ;

Bref, la Palestine, vouée à l’indépendance dans les dix ans, serait cer­taine de rester majo­ri­tai­rement arabe. Pourquoi ce retour­nement bri­tan­nique ? L’intérêt supé­rieur du Royaume-​​Uni est en jeu : le conflit entre Juifs et Arabes en Palestine atteint une telle acuité que les diri­geants des pays arabes voisins menacent Londres de ren­verser leurs alliances, c’est-à-dire de répondre aux avances de l’Allemagne nazie. Cette pression est d’au- tant plus efficace que Londres, comme Paris, s’inquiète de la montée en puis­sance de l’Allemagne hit­lé­rienne, très active dans la région. D’où une rupture durable entre Londres et le mou­vement sio­niste. Le Livre blanc s’appliquera jusqu’au retrait bri­tan­nique, le 14 mai 1948. Et l’al- lié d’hier - le mou­vement sio­niste - ira jusqu’à l’action ter­ro­riste pour forcer Londres à aban­donner dans un premier temps cette poli­tique, puis dans un second temps son Mandat lui-​​même sur la Palestine.

29 NOVEMBRE 1947 : Le plan de partage de l’ONU

La Seconde Guerre mon­diale marque un véri­table tournant dans le conflit israélo-​​palestinien. Jusque-​​là, l’idée sio­niste restait mino­ri­taire, y compris parmi les juifs lar­gement intégrés dans les dif­fé­rents pays où ils vivaient, en par­ti­culier en Europe. Le génocide change tout :

- concrè­tement, des cen­taines de mil­liers de juifs sur­vi­vants du génocide ne peuvent pas ou ne veulent pas rentrer dans leur pays d’origine et se voient refuser toute immi­gration sou­haitée vers les États-​​Unis. Le mou­vement sio­niste en profite pour orga­niser une immi­gration « illégale » vers la Palestine ;
- idéo­lo­gi­quement, l’extermination de six mil­lions de juifs donne une légi­ti­mation tra­gique au combat des sio­nistes pour un État juif, notamment aux yeux des consciences occi­den­tales tra­vaillées par un sen­timent - jus­tifié - de culpa­bilité. Dès le congrès sio­niste de Bal­timore, aux États-​​Unis, en 1942, qui fixe expli­ci­tement l’objectif de l’État juif, David Ben Gourion lance : « Qui veut et peut garantir que ce qui nous est arrivé en Europe ne se repro­duira pas ? […] Il n’y a qu’une sau­ve­garde : une patrie et un État. » On imagine la force de l’argument en 1945 après la décou­verte de la Shoah…

Or l’opinion occi­dentale ignore tout des Pales­ti­niens, les­quels ne font pas grand chose pour s’en faire com­prendre : les diri­geants arabes pales­ti­niens, en tête le grand mufti (de retour de Berlin où il a supervisé pendant deux ans les divi­sions SS musul­manes), boy­cot­teront les com­mis­sions d’enquête inter­na­tio­nales, en premier lieu l’Unscop qui séjourne en Palestine durant l’été 1947.

Londres a passé la main sous les pres­sions conju­guées à la fois du mou­vement sio­niste et de la Maison-​​Blanche, très sen­sible à l’argumentation de celui-​​ci - sans oublier l’opinion bri­tan­nique elle-​​même qui veut sortir du bourbier. Les deux autres grandes puis­sances - l’URSS et les États-​​Unis - prônent le partage, avec la volonté d’utiliser la Palestine comme un levier pour mettre fin à la domi­nation bri­tan­nique sur le Proche-​​Orient. Rien d’étonnant dès lors si, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies, à la majorité requise des deux tiers, adopte la réso­lution 181 :

- un État juif sur 56 % de la Palestine - dont les juifs repré­sentent à l’époque 32 % de la popu­lation et ne détiennent que 7 % des terres ;
- un État arabe sur les 44 % res­tants ;
- un régime de tutelle inter­na­tionale pour Jéru­salem et les Lieux saints (« corpus separatum »).

La guerre civile com­mence le jour même de la décision des Nations unies. Six mois plus tard, les forces juives, financées par les États-​​Unis et armées par l’URSS via Prague, se sont emparées de la plupart des villes arabes et ont déjà chassé le 14 mai 1948 près de quatre cent mille Pales­ti­niens du ter­ri­toire prévu pour l’État juif. Le Plan de partage est déjà mort lorsque Israël pro­clame son indépendance.

14 MAI 1948 : La déclaration d’indépendance d’Israël

La décla­ration d’indépendance d’Israël constitue un tournant majeur de la pre­mière guerre israélo-​​arabe :
- côté israélien, car le texte de la décla­ration oublie déli­bé­rément qu’un second État a été prévu par l’ONU dans le plan de partage : « En vertu du droit naturel et his­to­rique du peuple juif, et de la réso­lution des Nations unies, dit le texte, nous pro­clamons par le présent acte la création de l’État juif de Palestine qui prendra le nom d’Israël. » Contrai­rement à tous les usages, cette décla­ration ne définit pas les fron­tières du nouvel État. Bref, on mesure là que les diri­geants sio­nistes veulent, en fait, au-​​delà de que que l’ONU a prévu, l’État juif le plus grand pos­sible et le plus « homogène » possible.

- côté arabe, car la décla­ration d’indépendance d’Israël est immédiate-​​ ment suivie par l’intervention des armées des États arabes voisins, offi­ciel­lement pour empêcher la nais­sance de l’État juif. En fait, les his­to­riens le confirment, le roi Abdallah de Jor­danie veut s’emparer du ter­ri­toire prévu pour l’État arabe, et les autres pays arabes entendent l’en empêcher. Aucun de ces pays ne sou­haite une Palestine arabe indé­pen­dante. Entre le 15 mai 1948, date de l’entrée des troupes arabes en Pales-​​ tine, et le 10 mars 1949, date de la der­nière bataille de la guerre (prise d’Umm Rashrash, future Eilat), une alter­nance de combats et de trêves débouche pour les Pales­ti­niens sur la Nakba, c’est-à-dire la « catas-​​ trophe ». Le bilan de la pre­mière guerre israélo-​​palestinienne, puis israélo-​​arabe, est le suivant : Israël a aug­menté d’un tiers la super­ficie prévue pour lui par les Nations unies, il se répartit ce qui reste de l’État arabe avec la Trans­jor­danie, qui annexe la Cis­jor­danie et l’Égypte, qui obtient la tutelle de Gaza. Et dans cette période huit cent mille Pales­ti­niens ont pris les chemins de l’exil.

Long­temps, cette guerre a été racontée par ses vain­queurs. Le récit israélien a dominé. Mais tout a changé dans les années 1980, avec l’apparition des « nou­veaux his­to­riens » israé­liens qui ont trouvé dans les archives israé­liennes de quoi ébranler trois mythes fondamentaux :

- Pre­miè­rement celui d’une menace mor­telle qui aurait pesé sur Israël à l’époque : contrai­rement à l’image d’un frêle État juif à peine né et déjà confronté aux redou­tables armées d’un puissant monde arabe, les « nou­veaux his­to­riens » établissent la supé­riorité crois­sante des forces israé­liennes (en effectifs, armement, entraî­nement, coor­di­nation, moti­vation…), à la seule exception de la courte période allant du 15 mai au 11 juin 1948. De sur­croît, l’accord tacite passé entre Golda Meïr et le roi Abdallah, le 17 novembre 1947, bou­le­versait la situation stra­té­gique : la Légion arabe, seule armée arabe digne de nom, s’engageait à ne pas franchir les fron­tières du ter­ri­toire alloué à l’État juif en échange de la pos­si­bilité d’annexer celui prévu pour l’État arabe. Abdallah tiendra sa pro­messe. Et, de fait, le partage du 17 novembre se sub­sti­tuera à la fin de la guerre à celui du 29 novembre…

- Le deuxième mythe concerne l’exode des Pales­ti­niens. Selon la thèse tra­di­tion­nelle, ceux-​​ci ont fui à l’appel des diri­geants pales­ti­niens et arabes. Or les « nou­veaux his­to­riens » n’ont pas trouvé la moindre trace d’un tel appel, ni par écrit, ni par radio. En revanche, de nom­breux docu­ments attestent, sinon d’un plan d’expulsion global, en tout cas de pra­tiques d’expulsion géné­ra­lisées, notamment suite à des mas­sacres comme celui de Deir Yassin. Le premier bilan de l’expulsion est dressé par les Ser­vices de ren­sei­gne­ments de la Hagana en date du 30 juin 1948 et il porte sur la pre­mière période (judéo­pa­les­ti­nienne) de la guerre : il estime que 73 % des 391 000 départs recensés ont été direc­tement pro­voqués par les Israé­liens. Durant la seconde période (israélo-​​arabe), une volonté d’expulsion ne fait plus le moindre doute avec le symbole de l’opération de Lydda et Ramlah, d’où, le 12 juillet 1948, 70 000 civils sont évacués mili­tai­rement (près de 10 % du total !), sous la conduite d’Itzhak Rabin et avec le feu vert du Premier ministre Ben Gourion.

- Le troi­sième mythe concerne la volonté de paix d’Israël au moment des négo­cia­tions de 1949. Dans une pre­mière phase, Tel-​​Aviv a effec­ti­vement fait une ouverture : le 12 mai, sa délé­gation ratifie, avec celles des États arabes, un pro­tocole réaf­firmant à la fois le plan de partage de l’ONU et la réso­lution 194 de l’Assemblée géné-​​ rale des Nations unies du 11 décembre 1948. En clair, cela signifie qu’Israël reconnaît le droit à l’existence d’un État arabe en Palestine et le droit au retour des réfugiés, mais aussi que les Arabes recon-​​ naissent le droit à l’existence d’un État juif en Palestine. Mais, ce même 12 mai, l’État juif est admis à l’ONU. Dès lors, confiera Walter Eytan, codi­recteur général du ministère israélien des Affaires étran-​​ gères, « mon prin­cipal objectif était de com­mencer à saper le pro­tocole du 12 mai, que nous avions été contraints de signer dans le cadre de notre bataille pour être admis aux Nations unies ». De fait, la confé­rence de Lau­sanne finira dans une impasse. Israël s’oppose à tout retour des réfugiés pales­ti­niens. Et pour cause : la loi dite « pro­priétés aban­données » lui permet de mettre la main sur les biens arabes. Selon un rapport officiel, le jeune État a ainsi récupéré trois cent mille hec­tares de terres ; plus de quatre cents villes et vil­lages arabes dis­pa­raî­tront ou devien­dront juifs.

Tout se passe comme si les fon­da­teurs d’Israël ont cru pouvoir effa-​​ cer le peuple pales­tinien d’un coup de gomme. Les quinze années qui suivent semblent donner raison à ceux qui rêvent d’une assi­mi­lation des Pales­ti­niens dans les pays arabes. Faute d’une orga­ni­sation représenta-​​ tive, ils dis­pa­raissent même de la scène poli­tique. Mais l’apparition de l’Organisation de libé­ration de la Palestine (OLP) va changer la donne.

30 MAI 1964 : La création de l’OLP

La nais­sance de l’OLP sous l’égide égyp­tienne résulte d’une déci-​​ sion de la Ligue arabe. Mais elle exprime aussi la nécessité pour ces régimes de tenir compte de la réalité pales­ti­nienne nou­velle, et en premier lieu, de la for­mation en exil d’une élite pales­ti­nienne de très haut niveau culturel et politique.

Bien plus qu’Ahmed Chou­keyri, placé à la tête de l’OLP par Nasser, Yasser Arafat sym­bolise la nou­velle géné­ration pales­ti­nienne : jeune ingé­nieur, plus radical et plus indé­pendant des pays arabes, pré­sident de l’Union des étudiants pales­ti­niens de 1952 à 1956, il a créé avec ses amis au Koweït, en 1959, le mou­vement Fatah.

Dix ans après sa fon­dation, ce dernier deviendra le prin­cipal courant de l’OLP et en prendra la direction. Cette marche vers le pouvoir a aussi permis l’évolution stra­té­gique de l’OLP en plu­sieurs étapes :

- 1er janvier 1965, la branche mili­taire du Fatah effectue sa pre­mière opé­ration en Israël. Ce modèle du com­battant, le Fedaï, mobilise lar­gement la jeu­nesse palestinienne.

- 1967, la défaite arabe au cours de la guerre des Six Jours radicalise l’OLP.

- 22 mars 1968, au len­demain de la bataille presque légen­daire de Karameh (en Jor­danie), les orga­ni­sa­tions de fedayin intègrent l’OLP qui adopte sa « Charte nationale ».

- 4 février 1969, Yasser Arafat devient pré­sident du Comité exé­cutif de l’Organisation de libé­ration de la Palestine.

Cet événement marque la vic­toire de la stra­tégie de la lutte popu­laire armée. Mais cette ligne se heurtera, comme on le verra, aux événe­ments dans les­quels l’OLP sera entraînée, souvent contre sa volonté, en Jor­danie puis au Liban. D’où la nécessité d’adapter son orientation.

Sans entrer dans les détails, on peut résumer le long débat interne au sein de l’OLP en le qua­li­fiant de lutte entre « jusqu’au-boutistes » et « réalistes » :

- dans un premier temps, suite au revers subi en Jor­danie, l’OLP se lance - sous couvert de l’organisation « Sep­tembre noir » - dans une stra­tégie terroriste ;

- dans un deuxième temps, après la guerre d’octobre 1973, elle accumule plu­sieurs succès qui vont mettre fin au recours aux attentats et ren­forcer en son sein le courant poli­tique : la recon­nais­sance de l’OLP comme « seul repré­sentant du peuple pales­tinien » par le sommet arabe de Rabat en 1973 et l’invitation de Yasser Arafat à l’Assem- blée générale des Nations unies en 1974 sont des grandes vic­toires pour les « réalistes » ;

- d’où, dans un troi­sième temps, une évolution accé­lérée qui va voir l’OLP passer du mot d’ordre de « Palestine laïque et démo­cra­tique » - qui implique la des­truction de l’État d’Israël - à celui de construc-​​ tion d’un État « sur toute partie libérée de la Palestine » - qui admet, de fait, l’existence d’Israël. Malgré le front du refus, constitué par le Front popu­laire de libé­ration de la Palestine (FPLP) et quelques autres orga­ni­sa­tions, l’objectif d’une coexis­tence entre deux États s’impose entre 1974 et 1977.

Mais revenons auparavant au grand tournant du conflit Proche-​​Orient.

JUIN 1967 : Israël occupe la Cis­jor­danie et la bande de Gaza

La troi­sième guerre israélo-​​arabe - dite guerre des Six Jours - constitue une étape décisive. Jusqu’en 1967, Israël occupe plus que le ter­ri­toire prévu par l’ONU, mais le reste de la Palestine demeure dans des mains arabes. La Jor­danie et l’Égypte n’ont d’ailleurs jamais profité de la situation pour créer un État pales­tinien en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza. Le 12 juin 1967 introduit un chan­gement radical : l’État juif, qui vient de s’emparer - outre le Sinaï et le Golan - de Jérusalem-​​ Est, de la Cis­jor­danie et de la bande de Gaza, occupe ainsi la totalité de la Palestine. Il détient désormais seul la clef du pro­blème palestinien.

Au début, le gou­ver­nement et les diplo­mates israé­liens pré­sentent les Ter­ri­toires occupés en 1967 comme une carte qu’ils sont prêts à jouer dans des négo­cia­tions : confor­mément à la réso­lution 242, adop-​​ tée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 22 novembre 1967, il s’agit d’échanger la Cis­jor­danie et Gaza contre la paix. Cette pro­messe de négo­ciation n’est pas véri­fiable, puisque les États arabes réunis à Khartoum refusent toute négociation.

En même temps, Israël annexe dès juillet 1967 Jérusalem-​​Est et pro­clame la ville « réunifiée » capitale d’Israël. Cette décision, comme celle de 1949 de faire de Jérusalem-​​Ouest sa capitale, viole toutes les réso­lu­tions de l’ONU : la réso­lution 181 du plan de partage de 1947 pré­voyant un « corpus sepa­ratum », les textes des armis­tices de 1949, la réso­lution du 19 décembre 1949 qui réaf­firmait l’internationalisation de Jéru­salem, sans oublier la réso­lution 242.

Mais surtout la volonté de colo­ni­sation des Ter­ri­toires occupés s’af- firme. Dès juillet 1967, de pre­mières colonies y sont établies et le vice-​​ Premier ministre israélien Allon pré­sente un plan portant son nom qui prévoit l’annexion de près d’un tiers de la Cis­jor­danie et la mul­ti­pli­cation des colonies dites de « sécurité », en par­ti­culier dans la vallée du Jourdain. Tou­tefois, dix ans plus tard, le nombre total de colons n’est que de cinq mille, contre plus de deux cent mille aujourd’hui (sans compter les deux cent mille habi­tants juifs de Jérusalem-​​Est).

Par ailleurs, l’occupation des Ter­ri­toires à partir de 1967 en refait le centre du combat pales­tinien. Cette ten­dance est sou­lignée à la fois :

- posi­ti­vement, par la montée de la puis­sance de la résis­tance « de l’in- térieur » - de l’insurrection de 1981 jusqu’à la pre­mière Intifada, née fin 1987 ;

- négativement, par les échecs subis par l’OLP en Jordanie et au Liban.

16 SEPTEMBRE 1970 : « Septembre noir »

Après la guerre des Six Jours, l’OLP considère que la Jor­danie consti-​​ tue sa base arrière numéro un pour mener la lutte armée contre Israël. Cette stra­tégie pose de graves pro­blèmes au régime hachémite :
- à court terme, le pays subit durement des repré­sailles israé­liennes après chaque opé­ration des fedayin ;
- à plus long terme, le déve­lop­pement d’un contre-​​pouvoir pales­tinien sape l’autorité du roi Hussein et gêne ses ten­ta­tives de règlement ;

Mais l’essentiel est ailleurs : le « petit roi » sait que son trône est d’autant plus fragile que la majorité de la popu­lation est palestinien-​​ ne. Hussein veut donc « récu­pérer » la Cis­jor­danie par un accord avec Israël pour réunifier les deux rives, comme son grand-​​père Abdallah l’avait fait. Il redoute la ten­tation de trans­former la Jor­danie en État pales­tinien propre à la droite israé­lienne et aux orga­ni­sa­tions les plus radi­cales de l’OLP. Ces der­nières sont à l’origine de la crise de 1970-​​1971 en Jor­danie : pour elles, « la route de Jéru­salem passe par Amman ». D’où la pro­vo­cation du 7 sep­tembre 1970, lorsque des hommes de George Habache détournent trois avions occi­dentaux sur Zarka et les font exploser. Le roi Hussein saisit l’occasion et lance son armée contre les fedayin le 16 sep­tembre 1970.

L’aviation et les chars syriens menacent d’intervenir aux côtés de l’OLP. Mais la pression d’Israël - prêt à inter­venir si le trône est en dan-​​ ger - et du secré­taire d’État amé­ricain Henry Kis­singer - qui couvre l’éventuelle entrée en lice de l’État juif - suf­fisent à Hafez Al-​​Assad pour refuser de fournir une cou­verture aérienne aux blindés syriens entrés en Jor­danie. Les Pales­ti­niens sont écrasés par l’armée hachémi-​​ te. Les combats, qui se ter­minent le 27 sep­tembre, font des mil­liers de vic­times - dont Gamal Abdel Nasser qui meurt d’une crise car­diaque après avoir obtenu un cessez-​​le-​​feu entre la Jor­danie et l’OLP.

C’est « Sep­tembre noir », marqué par des mas­sacres massifs non seulement de fedayin mais aussi de civils dans les camps pales­ti­niens. Un an plus tard, l’OLP a été com­plè­tement expulsée de Jordanie.

13 AVRIL 1975 : Le début de la guerre civile libanaise

Le piège libanais va se refermer sur l’OLP selon le même schéma que le piège jor­danien :
- après son expulsion de Jor­danie, le Liban devient la seule base arrière de l’OLP à proximité d’Israël ;
- les opé­ra­tions des com­mandos pales­ti­niens contre l’État juif entraînent des repré­sailles dont la popu­lation liba­naise est aussi victime ;
- les diri­geants libanais sont de plus en plus inquiets de voir les Pales­ti­niens constituer un État dans l’État, avec des camps de réfugiés, des milices, des quasi-​​ministères, des ser­vices d’aide sociale, etc.

La pré­sence pales­ti­nienne, léga­lisée par les accords du Caire en novembre 1969, est d’autant plus mal vécue qu’elle bouscule l’équilibre déjà pré­caire du Liban, dont le système écono­mique, social, poli­tique et ins­ti­tu­tionnel, hérité du Pacte national de 1943, repose sur l’hégémonie des chré­tiens maro­nites et l’alliance de ceux-​​ci avec l’élite sunnite, elle-​​même domi­nante parmi les musulmans.

Or l’évolution démo­gra­phique a bou­le­versé ce schéma : la majorité est musulmane et non plus chré­tienne et, parmi les musulmans, chiite et non plus sunnite. La construction liba­naise doit donc être réformée pour tenir compte des réa­lités. Mais les élites ne sont pas prêtes à renoncer à leurs avan­tages écono­miques et poli­tiques. Au lieu de négocier la trans­for­mation du système, elles s’arc-boutent sur leurs pri­vi­lèges au risque d’un affron­tement avec les forces réfor­ma­trices, regroupées au sein du Mou­vement national. Ce dernier, quant à lui, cherche à créer le rapport de forces le plus favo­rable pos­sible pour obtenir la laï­ci­sation de l’État : il fait donc tout pour entraîner les fedayin à ses côtés dans cette bataille. Si la direction de l’OLP est consciente du danger, le FPLP et le FDLP foncent tête baissée dans le piège qui leur est tendu. Les Pha­lan­gistes en appellent à la Syrie, qui inter­vient le 1er juin 1976, écrase le Mou­vement national et les Pales­ti­niens, avant de se retourner contre ceux qui l’avaient appelée. Les troupes de Damas sont d’ailleurs tou­jours là, vingt-​​six ans après…

On n’a pas le temps de faire ici l’histoire de la guerre civile liba­naise. La fusillade dont un bus pales­tinien est victime dans le fau­bourg d’Aïn Al Rem­maneh, le 13 avril 1975, marque le début de quinze années de combats san­glants, dont les Pales­ti­niens sont parmi les pre­mières vic­times, du mas­sacre de Tall Al Zaatar pendant l’été 1976 par les Syriens et des Pha­lan­gistes, à celui de Sabra et Chatila en 1982 par les milices chré­tiennes sous les yeux d’Ariel Sharon…

17 MAI 1977 : La victoire du Likoud en Israël

On a parfois la ten­tation de consi­dérer le Parti tra­vailliste et le Likoud comme « blanc bonnet et bonnet blanc ». Comme toutes les for­mules sim­plistes, celle-​​ci n’aide pas à com­prendre. Ainsi la vic­toire de la droi-​​ te et de l’extrême droite en 1977, pour la pre­mière fois dans l’histoire d’Israël, marque un tournant redou­table pour les Palestiniens.

Certes, le Parti tra­vailliste est l’héritier de la ligne natio­na­liste de David Ben Gourion. À partir de 1967 notamment, il assume l’occupation et la colo­ni­sation de Jérusalem-​​Est, de la Cis­jor­danie et de la bande de Gaza - comme celles du Golan. Mais Menahem Begin, après la victoi-​​ re du Likoud aux élec­tions légis­la­tives le 17 mai 1977, radi­calise tous azimuts la poli­tique du gou­ver­nement tra­vailliste :
- il inten­sifie la colo­ni­sation dans tous les Ter­ri­toires occupés - et plus seulement dans les « zones de sécurité ». Lors de l’arrivée au pouvoir de Itzhak Rabin, quinze ans plus tard, on compte 110 000 colons en Cis­jor­danie, 120 000 à Jérusalem-​​Est, 4 000 à Gaza, 12 000 dans le Golan ;
- le chef du Likoud mul­tiplie les opé­ra­tions mili­taires ou répres­sives contre la Résis­tance pales­ti­nienne, depuis la pre­mière inter­vention massive au Sud-​​Liban en 1978 jusqu’à l’invasion totale du Liban en 1982, en passant par la répression extrê­mement vio­lente de l’in- sur­rection des Ter­ri­toires occupés de mai 1981 ;
- car le projet de Menahem Begin va bien au-​​delà de ceux de ses pré­dé­ces­seurs : il affirme clai­rement sa volonté de réa­liser Eretz Israël - le Grand Israël.

Le gou­ver­nement du Likoud est d’autant plus inquiétant, qu’il sait conjuguer une plus grande fermeté sur les prin­cipes et une plus gran-​​ de sou­plesse quant à la tac­tique. Le meilleur exemple est celui des négo­cia­tions entre Israël et l’Égypte, sous l’égide des États-​​Unis, à Camp David.

17 SEPTEMBRE 1978 : Les accords de Camp David

Le 19 novembre 1977, Sadate effectue une visite sur­prise à Jéru­salem. Le raïs égyptien estime avoir rem­porté une vic­toire psy-​​ cho­lo­gique suf­fi­sante lors de la pre­mière phase de la guerre du Kippour, en octobre 1973, pour rechercher avec Israël la paix dont son pays a besoin.

Pendant un temps pris à contre-​​pied, Begin se res­saisit et exploite à fond le désir de Sadate et du pré­sident Carter d’aboutir à un accord rapide. Sachant que les ques­tions de l’arrêt de la colo­ni­sation, du retrait israélien de la Cis­jor­danie et de Gaza et de l’autodétermination des Pales­ti­niens sont les plus dif­fi­ciles pour lui, il focalise les négocia-​​ tions sur… ce qui n’est pas négo­ciable : le retrait évident d’Israël du Sinaï et la nor­ma­li­sation, évidente en cas d’accord de paix, des rela-​​ tions égypto-​​israéliennes. Il obtient ainsi la dis­so­ciation des deux dos-​​ siers : le document de Camp David du 17 sep­tembre 1978 com­prend deux « accords-​​cadres » :
- le premier concerne la conclusion de la paix entre l’Égypte et Israël qui aboutira effec­ti­vement au traité du 26 mars 1979. L’Égypte récu-​​ pérera le Sinaï le 25 avril 1982, en échange de la nor­ma­li­sation entre les deux pays ;
- en revanche, dans le second texte consacré aux Pales­ti­niens, si Israël a dû accepter la mention de la réso­lution 242, le pro­cessus proposé est mort-​​né, et c’est en vain que l’Égypte tente d’entraîner la Jor­danie et l’OLP dans la négociation.

Ainsi Menahem Begin a obtenu en échange du Sinaï - secon­daire pour Israël - quelque chose au contraire essentiel pour lui : une paix séparée qui élimine le risque d’une guerre sur plu­sieurs fronts. Pour preuve : un mois et demi après la nor­ma­li­sation égypto-​​israélienne, le 25 avril 1982, Tsahal se lance dans l’invasion du Liban.

6 JUIN 1982 : L’invasion du Liban par Israël

« Paix en Galilée » est le nom officiel de l’opération déclenchée le 6 juin 1982 par Israël au Liban pour y liquider la structure politico-​​militaire de l’OLP. Mais la fiction d’une inter­vention limitée à qua­rante kilo­mètres au nord de la fron­tière libano-​​israélienne ne tient pas long­temps : sur ordre du ministre de la Défense, Ariel Sharon, Tsahal remonte jusqu’à Beyrouth.

Mais, contrai­rement aux espoirs des orga­ni­sa­teurs, l’opération s’en- lise. Non seulement le siège de Bey­routh dure plus de deux mois, mais les fedayin ont déjà embarqué sous la pro­tection de la Force multina-​​ tionale dans des bateaux français, le 30 août, lorsque les Israé­liens pénètrent dans la capitale liba­naise, le 15 sep­tembre. La veille, l’hom- me des Pha­langes et d’Israël, Bechir Gemayel, a été assassiné. Le len-​​ demain, com­mencent les mas­sacres des camps pales­ti­niens de Sabra et de Chatila par les hommes (si on peut dire) des Forces liba­naises et de l’Armée du Liban sud, sous les yeux de l’état-major israélien. Pour l’État juif, l’aventure liba­naise se trans­forme en un bourbier san­glant, coûteux humai­nement et désas­treux poli­ti­quement. Il suffit de com­parer les objectifs affichés et les résultats :

- Ariel Sharon voulait mettre en place un Liban avec un gouverne-​​ ment fort, à direction chré­tienne, capable de sortir le pays de la guerre civile et de signer une paix durable avec Israël. Or l’accord de paix israélo-​​libanais du 17 mai 1983 ne durera pas plus long-​​ temps que le pouvoir d’Amine Gemayel.

- Ariel Sharon voulait « détruire tota­lement et pour tou­jours les ter­ro­ristes de l’OLP. » Or, si la cen­trale pales­ti­nienne a perdu beaucoup de com-​​ bat­tants, si elle est privée de son quasi-​​État et dépos­sédée de sa der­nière base proche des masses pales­ti­niennes, c’est-à-dire des Ter­ri­toires occupés, elle n’est pas pour autant détruite.

Ce qui explique pourquoi, trois ans après, Israël finit par se replier sur la bande dite « de sécurité », au Sud-​​Liban, avec des pertes considé-​​ rables : des cen­taines de morts, des mil­liers de blessés, des mil­liards de dollars gas­pillés, sans compter la dégra­dation de l’image de l’État juif à l’étranger.

Pour les Pales­ti­niens, la leçon est claire : ils ne rem­por­teront pas le combat pour l’autodétermination ailleurs qu’en Palestine même. Ce n’est pas un hasard si, deux ans après le repli israélien du Liban, l’Intifada se déclenche.

7 DÉCEMBRE 1987 : Le déclen­chement de l’Intifada

À Gaza, le 7 décembre 1987, un accident de cir­cu­lation entre un véhicule israélien et un taxi col­lectif pales­tinien, dont deux occu­pants meurent, met le feu aux poudres. Le sou­lè­vement durera trois ans, malgré une répression brutale - mais sans commune mesure avec la répression actuelle.

Avec le recul, l’Intifada repré­sente le bond qua­li­tatif le plus important du mou­vement pales­tinien depuis 1967. C’est un mou­vement popu­laire massif et non armé, de longue durée, dont les effets se font sentir :

- sur l’opinion israé­lienne qui, com­prenant que le statu quo n’est pas durable, vit une lente bipo­la­ri­sation : une fraction mino­ri­taire opte pour l’annexion des Ter­ri­toires occupés et même pour le « transfert » de leurs habi­tants, mais une majorité choisit la recherche d’une paix de compromis ;

- sur la stra­tégie de la Jor­danie, où le roi Hussein renonce au rêve de récu­pérer la Cis­jor­danie conquise par son grand-​​père Abdallah et perdue en 1967 ;

- sur l’OLP elle-​​même, qui est trans­formée, par la décision jorda-​​ nienne de renoncer à la Cis­jor­danie, en inter­lo­cuteur incontour-​​ nable pour Israël et la com­mu­nauté internationale ;

- sur l’opinion inter­na­tionale qui est choquée par le spec­tacle d’une armée puis­sante réprimant durement des jeunes ne lançant - à l’époque - que des pierres.

D’autant que les Pales­ti­niens lui donnent un débouché poli­tique avec le Conseil national pales­tinien d’Alger de novembre 1988, qui franchit un triple pas :

- il proclame l’État indépendant de Palestine ;

- il accepte comme bases de règlement les réso­lu­tions des Nations unies : la réso­lution 181 de l’Assemblée générale de 1947 (partage), la 242 du Conseil de sécurité de 1967 (échange de ter­ri­toires contre la paix) et la 338 du Conseil de sécurité de 1973 qui actualise la précédente ;

- il condamne explicitement toute forme de terrorisme.

La recon­nais­sance d’Israël sera confirmée le 15 décembre 1988 par Yasser Arafat devant l’Assemblée générale des Nations unies, réunie à Genève. Les États-​​Unis lui ayant demandé de tra­duire expli­ci­tement la décla­ration du Conseil national pales­tinien, le chef de l’OLP pro­nonce les mots magiques. Ceci pro­voque un véri­table bou­le­ver­sement du paysage proche-​​oriental :

- le soutien à l’Intifada grandit, l’État de Palestine, pro­clamé à Alger, est reconnu à l’époque par quatre-​​vingt-​​dix pays, c’est-à-dire plus que le nombre de pays qui recon­nais­saient l’État d’Israël ;

- le pré­sident Ronald Reagan annonce l’ouverture du dia­logue américano-​​palestinien ;

- les diri­geants israé­liens, de plus en plus isolés, entament une longue période de résis­tance, puis Itzhak Shamir, qui dirige le gou­ver­nement israélien, essaye de manoeuvrer en retrait pour éviter les plans amé­ri­cains de paix suc­cessifs. Itzhak Shamir disait à propos du plan Shultz (secré­taire d’État de Ronald Reagan) : « Je suis d’accord sur un seul point, la signature ! »

Cette impasse au Proche-​​Orient favorise les plans de Saddam Hussein qui espère en pro­fiter pour assurer le lea­dership de l’Irak sur la région. D’où la crise puis la guerre du Golfe, après laquelle seulement on reviendra à la négo­ciation inter­rompue à laquelle Israël devra cette fois participer.

30 OCTOBRE 1991 : La Conférence de Madrid

Malgré la survie de la dic­tature de Saddam Hussein, la guerre du Golfe se solde pour les États-​​Unis par une grande vic­toire :
- ils ont réaf­firmé leur lea­dership mondial et régional face au défi de l’Irak, mais aussi de l’URSS en décom­po­sition et des Occi­dentaux qui sont contraints de suivre leur grand allié. James Baker parle du « test poli­tique de l’après-guerre froide. L’Amérique doit diriger » ;

- ils ont com­mencé à redes­siner poli­ti­quement la carte du Proche-​​ Orient en leur faveur avec la vaste alliance anti-​​irakienne ;

- ils ont ren­forcé leur mainmise sur le pétrole (la région détient 65 % des réserves mondiales).

Ces modi­fi­ca­tions fon­da­men­tales entraînent un inflé­chis­sement stra­té­gique dans la poli­tique amé­ri­caine. Certes, Israël demeure l’allié le plus puissant, le plus fiable et le plus durable. Mais cette alliance est rela­ti­visée par la dis­pa­rition de la « menace » sovié­tique. La priorité pour Washington est désormais la sta­bi­li­sation des acquis de la guerre du Golfe. Or le « consensus stra­té­gique », dont l’Amérique a tou­jours rêvé au Proche-​​Orient, achoppe comme tou­jours sur le conflit israélo-​​ arabe, donc en dernier ressort sur le pro­blème palestinien.

D’où la pression sans pré­cédent des États-​​Unis sur Israël pour négocier un com­promis. Avec deux atouts : l’affaiblissement du lobby pro-​​israélien en Amé­rique et la dépen­dance crois­sante de l’État juif vis-​​à-​​vis des États-​​Unis du fait du coût fan­tas­tique que repré­sente l’in- tégration des juifs qui arrivent de l’Union soviétique.

Un an, jour pour jour, après l’occupation du Koweït, Itzhak Shamir est contraint d’accepter le principe de la confé­rence de paix pro­posée par les États-​​Unis, avec une par­ti­ci­pation pales­ti­nienne au sein d’une délé­gation commune avec la Jor­danie. Malgré cette limite, l’ouverture de la confé­rence de Madrid, le 30 octobre 1991, marque une vic­toire his­to­rique pour les Pales­ti­niens puisque, pour la pre­mière fois, ils se retrouvent aux côtés des autres délé­ga­tions arabes pour négocier avec Israël une paix fondée sur le retrait de celui-​​ci des Ter­ri­toires occupés en échange de la nor­ma­li­sation des relations.

Ces négo­cia­tions bila­té­rales et mul­ti­la­té­rales offi­cielles s’enlise- ront, mais elles débou­cheront sur des trac­ta­tions, secrètes, à Oslo.

13 SEPTEMBRE 1993 : L’accord d’Oslo

C’est une des images les plus fortes de l’histoire du Proche-​​Orient : la poignée de mains d’Itzhak Rabin et de Yasser Arafat, sous le regard de Bill Clinton, sur la pelouse de la Maison-​​Blanche.

La décla­ration de prin­cipes sur l’autonomie qu’ils viennent de para-​​ pher repré­sente, malgré les limites qui reflètent les rap­ports de forces très défa­vo­rables aux Pales­ti­niens, une triple avancée :

- pour la pre­mière fois, Israël et l’OLP se recon­naissent mutuelle-​​ ment. C’est une nou­veauté absolue pour le gou­ver­nement israé-​​ lien, alors que le Conseil national pales­tinien, lui, avait franchi ce pas en 1988 ;

- les deux signa­taires affirment vouloir mettre en place une autono-​​ mie pales­ti­nienne tran­si­toire dans les Ter­ri­toires occupés par Israël en 1967 ;

- ils conviennent théo­ri­quement de trouver une solution défi­nitive, dans les cinq ans, aux ques­tions cru­ciales qui sont nommées dans le texte : statut, fron­tières, ter­ri­toires, avenir des colonies juives, sort des réfugiés, sans oublier Jérusalem.

Ce cadre se remplit avec l’accord du Caire, dit Oslo I, en mai 1994, dont l’application com­mence sur le terrain au début de 1995. L’armée israé­lienne se retire pro­gres­si­vement des grandes villes palesti-​​ niennes. Yasser Arafat est élu démo­cra­ti­quement pré­sident, à la tête d’un Conseil légis­latif qui est majo­ri­tai­rement acquis au Fatah. L’Autorité pales­ti­nienne se met en place.

Une nou­velle étape est franchie le 28 sep­tembre 1995, avec la signature à Taba d’un nouvel accord, dit Oslo II. Mais cet accord ne sera jamais appliqué puisque, un mois plus tard, le Premier ministre israé-​​ lien est assassiné.

4 NOVEMBRE 1995 : L’assassinat d’Itzhak Rabin

A-​​t-​​il été victime d’un individu isolé ? Ou d’un complot par les ennemis de la paix avec la com­plicité des res­pon­sables des ser­vices secrets israé­liens ? En tout cas, la droite et l’extrême droite menaient depuis des mois une cam­pagne hys­té­rique contre Oslo et contre son signa­taire israélien, n’hésitant pas à le dépeindre en uni­forme SS.

Avec le recul, il est clair que ce drame a condamné à terme le pro-​​ cessus de paix. Les cir­cons­tances tra­giques de la mort d’Itzhak Rabin ne jus­ti­fient bien sûr pas qu’on le pré­sente sous les traits d’un pacifis-​​ te de tou­jours : il a été suc­ces­si­vement un des acteurs majeur de l’ex- pulsion des Pales­ti­niens en 1948, le diri­geant des prin­ci­pales guerres d’Israël et le chef de la répression de la pre­mière Intifada. Mais le vieux général avait tiré des leçons de l’impasse de l’occupation et choisi cou-​​ rageu­sement d’essayer d’en sortir.

Son suc­cesseur, Shimon Peres, va, lui, se sui­cider poli­ti­quement. Le 5 janvier 1996, en période de calme, il donne le feu vert à l’exécution de l’« ingé­nieur » du Hamas, Yehia Ayache. Le mou­vement isla­miste riposte par une vague d’attentats ter­ro­ristes en Israël. Tel-​​Aviv répond par le blocus des Ter­ri­toires. Le Hez­bollah libanais envoie, par solida-​​ rité, des roquettes sur l’État hébreu. Lequel déclenche l’opération des « Raisins de la colère » et commet une « bavure » meur­trière à Canaa. Le résultat, c’est que la droite et l’extrême droite rem­portent, avec Benyamin Neta­nyahou, les élec­tions du 29 mai 1996.

À l’exception de l’arrangement de Hebron, le nouveau Premier ministre va bloquer toute négo­ciation sérieuse avec les Pales­ti­niens. Trois ans après, Benyamin Neta­nyahou est battu par Ehud Barak. Pour la troi­sième fois en sept ans, la majorité des Israé­liens bascule.

25 JUILLET 2000 : L’échec de Camp David

Le nouveau Premier ministre va hélas décevoir les espoirs de paix qui ont été placés en lui. Pendant un an durant, Ehud Barak reporte aussi bien le troi­sième redé­ploiement de l’armée israé­lienne des Ter­ri­toires occupés que les négo­cia­tions sur le statut final, qui auraient dû com­mencer en 1996 !

Lorsque il se tourne enfin, au prin­temps 2000, vers les Pales­ti­niens, c’est après l’échec de ses négo­cia­tions avec la Syrie, et le fossé entre les posi­tions des deux parties est très profond. C’est pourquoi Yasser Arafat propose de reporter le sommet. Mais le pré­sident Clinton tient à conclure ses deux mandats sur un succès inter­na­tional. Et Ehud Barak rêve d’imposer, grâce à cette situation d’urgence, ses pro­po­si­tions aux Pales­ti­niens, en sous-​​estimant une donnée fon­da­mentale : cette fois, l’accord n’est pas inté­ri­maire, mais définitif.

Les trois parties se retrouvent donc à Camp David le 11 juillet pour se séparer, deux semaines plus tard, sur un constat d’échec. L’explication souvent donnée est simple, pour ne pas dire sim­pliste : Ehud Barak a fait une « offre géné­reuse », et Yasser Arafat l’a refusée. Les pro­po­si­tions de Ehud Barak vont effec­ti­vement plus loin qu’aucun de ses pré­dé­ces­seurs n’avait été. Mais pas assez loin, ni du point de vue du droit inter­na­tional, ni au regard des condi­tions néces­saires à la créa-​​ tion d’un État pales­tinien réel­lement indé­pendant et viable :

- il aurait, dit-​​on, promis le retrait de 90 % de la Cis­jor­danie, mais ce chiffre « oublie » la région de Jéru­salem, la vallée du Jourdain et le ter­ri­toire contrôlé par les colonies (42 % de la Cis­jor­danie). Surtout, les zones qu’Israël prétend annexer pour regrouper 80 % des colons coupent la Cis­jor­danie en trois mor­ceaux discontinus ;

- sur Jéru­salem, il n’y a pas d’avancée décisive. La fameuse décla­ration sur le partage de la sou­ve­raineté n’interviendra que le 29 septembre ;

- de même, sur le sort des réfugiés, il n’y a pas un mil­li­mètre d’avan- cée dans les posi­tions de Ehud Barak à Camp David.

Bref, c’était l’échec annoncé. Malgré la cam­pagne qui a été déve­loppée pour en faire porter la res­pon­sa­bilité aux Pales­ti­niens, les faits sont têtus. L’OLP a fait en 1988, en recon­naissant Israël, le prin­cipal com­promis, puisqu’elle lui a aban­donné 78 % de la Palestine man­da­taire. Et c’est sur les 22 % res­tants que Ehud Barak exige de nou­velles concessions.

Le Premier ministre israélien pouvait-​​il aller plus loin ? L’Histoire a tranché : la délé­gation israé­lienne est allée beaucoup plus loin cinq mois plus tard lors des négo­cia­tions de Taba en janvier 2001. Les minutes de l’envoyé spécial de l’Union euro­péenne, Miguel Angel Mora­tinos, comme les témoi­gnages de plu­sieurs négo­cia­teurs pales­ti­niens et israé­liens, confirment que les deux parties ont approché, sur la base des pro­po­si­tions du pré­sident Clinton, un accord sur toutes les ques­tions, même sur celle des réfugiés. Hélas, Taba était inutile, Ehud Barak ayant décidé de démis­sionner, pro­vo­quant des élec­tions anti­cipées en février. C’était un véri­table suicide poli­tique pour lui et pour la « gauche » : au lieu de miser sur la conclusion d’un accord à Taba et de se donner quelques mois pour convaincre l’opinion israé­lienne, le Premier ministre s’est lancé dans un affron­tement avec la droite, sans la moindre alter­native à la poli­tique de force qu’incarne Ariel Sharon. Le piège qui a été tendu par le vieux général en montant sur l’esplanade des mos­quées, le 28 sep­tembre 2000, se referme. Le 6 février 2001, Ariel Sharon est élu Premier ministre d’Israël. La suite est - hélas ! - connue…

Conclusion

En conclusion, je vou­drais seulement insister sur un point : les Pales­ti­niens, bien sûr, sont les pre­mières vic­times de ce conflit inter­mi­nable. Sur les quelques deux mille cinq cents vic­times recensées de l’Intifada, mille neuf cents sont pales­ti­niennes et six cents israé­liennes. Mais le rapport de forces mili­taire écrasant dont jouit Israël ne doit pas dis­si­muler les risques majeurs qu’il court aussi à terme. La nature même du conflit est en train de changer. Car il a pris, avec la seconde Intifada et la répression brutale, un tour inconnu depuis 1948 : « On a le sen­timent, observait l’historien israélien Tom Segev, de revenir à l’époque du Mandat bri­tan­nique, qui a précédé la création de l’État d’Israël, où deux com­mu­nautés s’affrontaient par les armes ». Les vingt-​​quatre mois écoulés depuis le 28 sep­tembre 2000 pré­fi­gurent ce que risque de devenir la bataille de Palestine : une guerre civile, tantôt larvée, tantôt géné­ra­lisée, entre deux popu­la­tions imbri­quées. Au coeur d’une telle mêlée, la clé de la vic­toire a pour nom : démo­graphie. Or, dans le « Grand Israël », cher au chef du Likoud, les Arabes devien­dront majo­ri­taires en 2010 ; et, en 2020, ils seront 8,1 mil­lions contre 6,7 mil­lions de Juifs. Et cette majorité deviendra vite écrasante.

À défaut d’une immi­gration juive massive vers Israël, peu vrai­sem­blable malgré l’exploitation cynique que font cer­tains diri­geants israé­liens de toutes les mani­fes­ta­tions anti­sé­mites, Israël, « État juif et démo­cra­tique », fera donc face à une contra­diction stra­té­gique majeure :

- soit il choisira la démo­cratie, donc il accordera le droit de vote à tous les habi­tants, auquel cas ce ne sera plus un État juif ;

- soit il tiendra à pré­server son caractère juif, auquel cas il ne pourra pas être démocratique.

Pis : l’imposition de la loi juive à une majorité arabe, sans cesse plus large, exigera l’instauration d’un véri­table apar­theid. Ce qui pro­vo­quera des sou­lè­ve­ments plus puis­sants encore que l’actuel, aux­quels l’armée israé­lienne réagira par une répression dont le présent mas­sacre ne repré­sente qu’un avant-​​goût. Ce scé­nario com­porte une fin pos­sible : l’écrasement des Pales­ti­niens, mais aussi la dis­pa­rition de l’État d’Israël.

Para­doxa­lement, quatre-​​vingt-​​cinq ans après la « décla­ration Balfour », la création d’un État pales­tinien indé­pendant et viable est seule à même de sau­ve­garder la survie d’Israël, en tout cas son caractère juif…

Cela n’est bien évidemment pas le choix d’Ariel Sharon. Il rêve d’une autre solution : l’expulsion de cen­taines de mil­liers de Pales­ti­niens, qui repous­serait de plu­sieurs décennies la menace démo­gra­phique et per­pé­tuerait l’occupation et la colo­ni­sation. N’estce pas à cela qu’il pense lorsqu’il répète inlas­sa­blement, depuis son élection : « La guerre de 1948 n’est pas terminée. »

Certes, la réédition des opé­ra­tions d’expulsion d’il y a quarante-​​ quatre ans n’est pas simple, ni mili­tai­rement, ni poli­ti­quement. Mais il y a de quoi s’inquiéter :

- l’omniprésence du thème du « transfert » dans les médias et le débat poli­tique israéliens ;

- les progrès sen­sibles du projet de transfert dans l’opinion israé­lienne : selon un récent sondage du Jaffe Studies Center de Tel-​​ Aviv, 46 % des Israé­liens acceptent l’expulsion des Pales­ti­niens des Ter­ri­toires occupés et 31 % l’expulsion des Pales­ti­niens de l’État d’Israël ;

- le sens de l’opération « Rempart ». Certes, elle était des­tinée, comme tous les obser­va­teurs l’ont sou­ligné, à porter des coups décisifs à l’Autorité pales­ti­nienne. Mais on n’a pas assez dit que la des­truction sys­té­ma­tique de toutes les infra­struc­tures, les couvre-​​feux per­ma­nents, les humi­lia­tions… avaient aussi pour but de rendre la vie impos­sible aux Pales­ti­niens et de les pousser ainsi au départ - non sans succès : on estime à plu­sieurs dizaines de mil­liers le nombre de Pales­ti­niens - notamment de jeunes, de cadres, de buis­nessman, qui ont quitté les Ter­ri­toires occupés depuis deux ans.

Il faut abso­lument mobi­liser contre ce risque d’une nou­velle catas­trophe. Et la cam­pagne contre la guerre amé­ri­caine est insé­pa­rable de la bataille contre la menace d’une nou­velle expulsion massive.

Voir aussi ces documents sur notre site :

La déclaration Balfour

La résolution 181 de l’ONU

La résolution 242 de l’ONU

La décla­ration du Conseil national pales­tinien de 1988