Le verset qui abrite sous son aile un seul poète a déjà perdu tout rythme

Breyten Breytenbach, mercredi 25 novembre 2009

Il y a un peu plus d’un an que le poète pales­tinien Mahmoud Darwich est décédé. Dans cette conver­sation nomade avec Mahmoud Darwich, Breyten Brey­tenbach poursuit sa conver­sation inter­rompue avec son ami. Elle prend désormais la forme de ce long poème.

Breyten Brey­tenbach [1], Outre-​​voix = Voice Over, Éd. Actes Sud, 2009

Extrait :

au moment de mourir, Mahmoud

ton aorte se débat

comme éclate un serpent pourpre

car les versets n’arrivent plus

à filer la parfaite métaphore

de ton cœur jaillit tel un poème

le sang ultime

dans cet hôpital étranger

du pays barbare,

ton cœur enfin

devenu oiseau sans ailes

[1] Ecrivain et poète afri­kaner en Afrique du Sud, Brey­tenbach s’est cou­ra­geu­sement dressé contre la bar­barie que le régime d’apartheid a fait subir à son pays pendant plus de 40 ans