Le ras­sem­blement de Tel Aviv contre les bru­ta­lités poli­cières tombe dans la violence

RT (TV network), mercredi 27 juin 2012

Plus de 6 000 Israé­liens ont pris part à un ras­sem­blement au centre de Tel Aviv contre les bru­ta­lités poli­cières. La mani­fes­tation est devenue vio­lente, avec des échauf­fourées entre la police et les mani­fes­tants. Environ 85 per­sonnes ont été arrêtées au cours de la nuit. [1]

Les médias israé­liens rap­portent que des heurts vio­lents ont éclaté entre la police et les mani­fes­tants lorsque ceux-​​ci ont essayé de dépasser les lignes de la police et de défiler de Habima Square à Rabin Square. Des fenêtres ont aussi été brisées, et un groupe de per­sonnes se serait bar­ricadé dans une banque. Les mani­fes­tants ont aussi bloqué la cir­cu­lation sur une grande voie de Tel Aviv. La mani­fes­tation de masse de samedi a eu lieu le len­demain de l’arrestation par la police de 12 mili­tants dans un autre ras­sem­blement, pendant lequel les mani­fes­tants essayaient de rétablir un camp de tentes sur le bou­levard Rot­schild, une avenue huppée de la capitale, qui avait été le théâtre d’un cam­pement de masse de mili­tants pour la justice sociale il y a juste un an. Parmi les per­sonnes arrêtées figure la femme à l’origine des mani­fes­ta­tions de masse de l’an dernier, de même que l’acteur Tomer Sharon. Une vidéo en ligne montre la police essayant de s’emparer de Leef alors qu’elle est au sol, et que la foule scande “Libérez Dafni !“ [2]

Leef est ensuite apparue à la télé­vision avec un bras lour­dement bandé et elle a dit que son alter­cation avec la police s’est conclue par une côte cassée.

L’opposition a réagi aux arres­ta­tions de ven­dredi en accusant le gou­ver­nement d’employer des mesures répres­sives pour empêcher une répé­tition des pro­tes­ta­tions pour la justice sociale qui s’étaient pro­longées l’an dernier.

“La police israé­lienne se conduit comme elle le ferait dans un état policier, et non dans un état démo­cra­tique“ a répondu Zehava Gal-​​On, le diri­geant du parti social-​​libéral Meretz, à une question du Jeru­salem Post. “Elle est devenue un ins­trument de répression du gou­ver­nement contre tous les groupes qui pro­testent contre lui. Nous avons vu bou­levard Rot­schild comment la police sert le gou­ver­nement et non la loi“.

La diri­geante du parti tra­vailliste, Shelly Yechi­movich, n’a pas non plus mâché ses mots.

“Malgré l’assurance que le ministre de la sécurité publique [Yitshak] m’a clai­rement donnée à la Knesset qu’il n’y avait pas d’instruction du sommet pour prendre de sévères mesures contre les pro­tes­ta­taires, il apparaît que le gou­ver­nement et ses branches opé­ra­tion­nelles ont décidé de ne pas auto­riser l’existence de pro­tes­ta­tions démo­cra­tiques cet été“, a-​​t-​​elle noté.

A la suite des troubles du week-​​end, Amnesty Inter­na­tional a accusé la police israé­lienne d’user de “vio­lence grave“ qui est allée bien au-​​delà d’un “usage rai­son­nable de la force“ pour réprimer la liberté de parole et de ras­sem­blement. L’organisation des droits humains a envoyé une lettre à Yitzhak Aho­ro­no­vitch exi­geant qu’il formule des ins­truc­tions à l’intention de la police de façon à garantir le respect des droits humains des manifestants.

Avec d’autres mili­tants, Dafni Leef, a lancé l’été dernier une série de mani­fes­ta­tions de sit-​​in, qui a mobilisé des cen­taines de mil­liers de per­sonne. Celles-​​ci ont établi des villes de camps de tentes à travers tout le pays pour pro­tester contre l’injustice sociale, et en par­ti­culier, contre l’augmentation des prix de l’immobilier et le déman­tè­lement des ser­vices publics. Ils appe­laient aussi à une réforme du système de taxation et au réta­blis­sement d’un état social.

Le gou­ver­nement de Ben­jamin Neta­nyahu avait promis que son gou­ver­nement sou­tien­drait cer­taines des demandes des mani­fes­tants. Cependant les mani­fes­ta­tions ont continué et et les auto­rités ont démantelé les cités de tentes à Tel Aviv en octobre.

[1] Selon Haaretz, la police a demandé l’inculpation de 37 d’entre eux, alors même qu’ils n’avaient même pas noté, au dépens de toute légalité, les infrac­tions pour les­quelles ils les avaient arrêtés. Si la justice avait suivi les demandes de la police, ces mili­tants auraient pu rester des mois en prison, en attendant un procès (voir http://​www​.haaretz​.com/​n​e​w​s​/​n​a​tiona…) Ces événe­ments montrent que, même en Israël main­tenant, la police et les auto­rités s’affranchissent de plus en plus de la légalité et de l’obligation de fonctionnement démocratique.

[2] Visible sur le site de l’article en anglais http://​www​.rt​.com/​n​e​w​s​/​s​o​c​i​a​l​-​prote…