Le rapt des réserves naturelles de Gaza par Israël (partie 2)

Peter Eyre, mercredi 28 octobre 2009

Le champ Mari B d’Israël entre en fait dans les eaux de Gaza et pourrait être clas­sifié comme pro­priété conjointe. Israël reçoit du gaz naturel de ce champ depuis 2003 et per­sonne n’a bronché ni contesté, écrit Peter Eyre.

Partie 2 :

L’objet véritable du conflit

Noble Energy a découvert le champ gazier Mari B en mars 2000 et a entamé la pre­mière pro­duction israé­lienne en off­shore le 24 décembre 2003. Le site de pro­duction est destiné à pro­duire jusqu’à 600 mil­lions de mètres cube par jour. Noble Energy a estimé que le total des réserves récu­pé­rables dépassait le trillion de mètres cube. Noble Energy est l’opérateur du projet avec 47,059% de par­ti­ci­pation directe avec des par­te­naires israé­liens Avner Oil Explo­ration Limited par­ti­ci­pation 23% Delek Drilling Limited par­ti­ci­pation 25,5% et Pro­perties Ltd 4,441%.

Mais peut-​​on dire avec cer­titude que le champ de gaz naturel Mari B et les champs adja­cents Noa sont pro­priété inté­grale d’Israël ? S’arrêtent-il à la fron­tière comme le montre cette carte de Noble Energuy ? Les fron­tières contestées respectent-​​elles le pro­tocole de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer (CNUDM) ? Les Israé­liens acceptent-​​ils ou respectent-​​il le droit maritime inter­na­tional ? Eton­namment, la réponse à tout cela est défi­ni­ti­vement négative.

Nous avons vu de manière répétée l’échec des Nations Unies à faire res­pecter le droit. Nous avons vu les Accords d’Oslo en 1995 qui ont donné aux pêcheurs de Gaza une zone de 20 miles nau­tiques être ruinés après avoir été soi­gneu­sement mani­pulés par le gou­ver­nement israélien. Ils furent suivis en 2002 de l’accord Bertini qui leur donnait une zone de 12 miles, bien que l’on sache peu de choses sur cet accord. Depuis, nous avons vu les FDI réduire cette zone à 6 miles nau­tiques en 2006. Par-​​dessus le marché nous avons d’autres res­tric­tions telles la zone K (une zone tampon) sur la fron­tière nord avec Israël qui a 1,5 mile nau­tique de large et au sud nous avons la zone M sur la fron­tière égyp­tienne qui fait 1 mile nau­tique de large. Entre les deux nous avons la zone L qui en fait est aussi tota­lement contrôlée par la marine israé­lienne de manière très agressive.

La marine israé­lienne a reçu en charge de M. Abbas la sécurité de la zone marine off­shore de Gaza qui est main­tenant devenue zone de blocus intégral. Presque chaque jour, les navires armés inti­mident les pêcheurs et les main­tiennent près de la côte, au mépris total de tous les accords conclus. On voit clai­rement que cette action n’a rien à voir avec la pêche mais plutôt avec la mili­ta­ri­sation totale de la bande de Gaza et la sécurité des res­sources natu­relles en offshore.

Ma pro­chaine question sera : pourquoi le gou­ver­nement israélien et Noble Energy choisiraient-​​ils de forer juste sur la fron­tière pales­ti­nienne de Gaza ? Pourquoi des zones tampon ? Ont-​​ils un agenda caché ou des plans pour piller les res­sources appar­tenant à Gaza ? Nous avons vu ce genre de choses dans d’autres parties du monde, où la société de forage utilise des tech­niques inclinées ou dia­go­nales pour pénétrer une réserve de pétrole ou de gaz frontalière.

Il y a également la question d’une zone d’exclusion de tours de forage ou de pla­te­formes pétro­lières pour offrir une sûreté de navi­gation et une pro­tection des forages et de la navi­gation. Dans le cas de Mari B elle se trouve à moins d’1 mile nau­tique des eaux gazaouies et c’est pourquoi il serait impos­sible d’appliquer un tel arran­gement sans l’accord des deux pays.

Je sais per­ti­nemment que le rayon de sûreté pour Mari B était censé être de 6 miles nau­tiques, aussi est-​​ce en partie la raison de créer une zone tampon et comment les Israé­liens peuvent-​​ils appliquer une telle zone qui la place bien à l’intérieur des eaux gazaouies ? L’autre point est que dans le cas où un pays res­treint les acti­vités de l’autre (comme leur zone de pêche légale) dans ce cas ce pays doit com­penser aux pêcheurs la perte de cette partie de leur zone de pêche.

A mon avis la question la plus impor­tante est le fait que les fron­tières n’ont pas été cla­ri­fiées par le CNUDM et conti­nuent à être des fron­tières contestées. Je le répète : je pense qu’il y a un autre agenda caché ! Je crois que le champ Mari B d’Israël entre en fait dans les eaux de Gaza et si c’était le cas le champ pourrait être clas­sifié comme pro­priété conjointe. Israël reçoit du gaz naturel de ce champ depuis 2003 et per­sonne n’a bronché ni contesté.

Dans le cas des deux champs adja­cents de Noa et Noa sud (qu’Israël reven­dique comme siens), tous deux sont cer­tai­nement bien à l’intérieur de la fron­tière pales­ti­nienne. Nous pour­rions y voir un cas clas­sique de l’exploitation des res­sources natu­relles de la Palestine. L’ONU a déjà iden­tifié ce vol mais une fois de plus elle ne fait rien.

La géo­logie de toute la zone fait de l’exploration de la Médi­ter­ranée orientale un com­merce extrê­mement attractif. Le sol marin contient une couche de sel extrê­mement épaisse (datant de l’époque où la Médi­ter­ranée était asséchée) avec du gaz naturel par-​​dessous. J’ose également affirmer que bien au-​​dessous de ce gaz se trouve du pétrole brut. Le sous-​​sol de la région est très actif avec une plaque tec­to­nique en mou­vement ainsi que des failles impor­tantes. Celles-​​ci s’étendent depuis la Répu­blique Démo­cra­tique du Congo jusqu’au Soudan sud et à la région de la Mer Rouge et de la Mer Morte. On sait que de telles zones se rechargent elles-​​mêmes en raison de l’énorme pression sous la croûte terrestre.

Nous devons également com­prendre que le pétrole brut aussi bien que le gaz naturel se trouvent aussi dans des poches de la région off­shore de la Palestine et d’Israël. Il est inté­ressant de noter que l’une des têtes de puits qui pro­duisent du pétrole brut pour Israël depuis un certain nombre d’années se trouve au large de la pointe nord-​​est de la bande de Gaza et fut naguère ter­ri­toire palestinien.

Tou­jours au sujet de la zone de failles décrite ci-​​dessus nous devrions regarder les sévères res­tric­tions qui existent en Cis­jor­danie. Si l’on regarde la carte à gauche, nous voyons clai­rement qu’Israël contrôle plus de la moitié du ter­ri­toire qui est censé appar­tenir à la Palestine.

Ici encore nous pouvons entrevoir quelque agenda caché pointer le nez. His­to­ri­quement la région autour de la Mer Morte a révélé des aspects inté­res­sants avec de vastes tronçons de sub­stance bitu­meuse en bien des endroits. Il y a tou­jours eu beaucoup d’intérêt pour ce qui se trouve sous ces étranges envi­ron­ne­ments lunaires et his­to­ri­quement il est évident qu’ici encore nous y voyons le signe clair qu’il y a beaucoup de pétrole et de gaz dans la région.

Peut-​​on voir se déve­lopper en Cis­jor­danie une situation simi­laire à celle de la zone off­shore à Gaza ? La raison der­rière la mili­ta­ri­sation de tout le secteur oriental de la Cis­jor­danie est-​​elle liée à la cupidité israé­lienne de pétrole et de gaz à tout prix ? S’agit-il encore de l’exploitation des res­sources natu­relles de la Palestine ?

C’est une grande honte de voir les échecs des Nations Unies à faire res­pecter le droit inter­na­tional. Elles ont vu de manière répétée cette arro­gante nation prendre ce qu’elle voulait où elle le voulait. Les Nations Unies conti­nuent de se contenter de ne rien faire . Le monde sait que ce qui se passe ici ne peut se décrire que comme un « génocide lent » dans l’intention géné­ra­lisée de déloger toutes les popu­la­tions d’origine arabe et de réclamer les terres qu’ils disent leur avoir été données dans la Bible. Ima­ginez comme la situation aurait été dif­fé­rente aujourd’hui si alors qu’Abraham se tenait sur le Mont Sinai pour recevoir ce don il avait choisi d’installer son peuple dans la zone entourant la mon­tagne et la péninsule du Sinai. S’il en avait été ainsi, la Palestine aurait été tran­quille et pro­prié­taire légitime ?

Dans la troi­sième partie nous verrons plus en détail le pillage des res­sources natu­relles pales­ti­niennes et nous exa­mi­nerons les fron­tières dites contestées et les régions contrôlées mili­tai­rement qui pour­raient révéler un autre agenda caché.