Le peuple palestinien oublié !

Communiqué de la CGT, France3, vendredi 16 mai 2008

Comment réa­liser une émission sur cette question[Palestine-Israël], cen­trale aujourd’hui encore dans cette partie du monde, en n’évoquant qu’un seul des deux peuples acteurs de l’histoire ?

Hier soir 15 mai, France 3 a consacré deux heures de magazine aux 60 ans de la création de l’Etat d’Israël.

Une émission inté­res­sante, com­posée de repor­tages, d’archives, de témoi­gnages (cer­tains inédits), com­mentés par nombre d’invités plateau, qui a permis aux télé­spec­ta­teurs de mieux com­prendre la genèse de ce moment de l’histoire du peuple juif.

Mais comment réa­liser une émission sur cette question, cen­trale aujourd’hui encore dans cette partie du monde, en n’évoquant qu’un seul des deux peuples acteurs de l’histoire ?

Pourquoi ne pas avoir rappelé que la réso­lution de l’ONU pré­voyait la création de deux Etats, l’un qui existe depuis 60 ans, l’autre qui n’est pas prêt de voir le jour.

Pourquoi ne pas avoir rappelé qu’à la fin de 1947 la Palestine comptait 2 mil­lions d’habitants, un tiers de juifs, deux tiers d’Arabes et que la réso­lution de l’ONU divisait le ter­ri­toire en deux en accordant 55% au peuple juif et 45% au peuple palestinien ?

Pourquoi ne pas avoir, si ce n’est au détour d’une phrase, évoqué ce que les Arabes appellent la Nakba, la catas­trophe : 500 vil­lages pales­ti­niens détruits, 700 mille Pales­ti­niens chassés de leurs terres entre 1947 et 1949 (le plan « D » comme Daleth en hébreu) dont les des­cen­dants com­posent aujourd’hui les mil­lions de réfugiés en survie dans les camps de Cis­jor­danie et de Gaza ?

Pourquoi ne pas avoir évoqué qu’aujourd’hui les Pales­ti­niens ne reven­diquent plus que 22% de la Palestine pour édifier leur Etat ?

Pourquoi ne pas avoir invité sur le plateau des his­to­riens pales­ti­niens qui auraient pu apporter un éclairage com­plé­men­taire de celui de leurs cama­rades israé­liens ; pourquoi parmi ces der­niers ne pas avoir invité un des « nou­veaux his­to­riens » israé­liens (Ilan Pappe, Benny Moris ou Avi Shlaim) qui contri­buent à une lecture dif­fé­rente de l’histoire d’Israël ?

A quand un magazine sur ce peuple oublié, qui per­mettra aux télé­spec­ta­teurs du service public d’avoir ainsi une vision plus com­plète et une meilleure com­pré­hension de la situation dra­ma­tique de cette partie du monde ?