Le nouveau tracé du mur de sépa­ration dis­cri­mi­na­toire dévore de nou­veaux ter­rains palestiniens

Palestinian Information Center, mardi 10 mars 2009

Les occu­pants israé­liens veulent duper le monde. Ils veulent donner à leur mur de sépa­ration dis­cri­mi­na­toire une sorte de légitimité.

Les forces israé­liennes d’occupation ont com­mencé, récemment, à mettre de nou­velles balises dans le village Al-​​Racha, au sud de la ville de Qal­qilia. Elles pré­parent le terrain pour changer le tracé du mur dis­cri­mi­na­toire de sépa­ration, à côté de la colonie d’Alfiah Mincha. Notons que le mur isole cinq vil­lages et ras­sem­ble­ments bédouins pales­ti­niens : Ras Tayra, Wadi Al-​​Recha, Al-​​Dabaa, Arabe Ar-​​Remadine, Arabe Abou Farda.

Deux choix amers

Ces mesures se basent sur une décision de la cour supé­rieure israé­lienne. En effet, ce tri­bunal avait ordonné en mai 2006 de faire bouger la partie du mur concernant cette zone-​​là de façon à per­mettre de pallier à l’isolement de la popu­lation pales­ti­nienne. Il a donné à l’armée israé­lienne la mission de des­siner un nouveau tracé pour le mur.

Le plan du nouveau par­cours du mur fait par les forces israé­liennes d’occupation donne à la popu­lation deux choix seulement, l’un plus amer à avaler que l’autre. Soit laisser le mur dans sa position actuelle, soit accepter le nouveau tracé.

Ne pas changer la situation signifie pour la popu­lation de rester enfermé entre quatre murs. Elle subira pour tou­jours cette humi­liation quo­ti­dienne devant le portail de ce maudit mur discriminatoire.

Et en cas de chan­gement, le nouveau tracé dévorera toute la terre agricole et fer­mière de la population.

Dommages collatéraux

Ce tracé dessiné par l’armée israé­lienne rasera environ 250 hec­tares de ter­rains pales­ti­niens abritant 70% des oli­viers de la zone. Les deux sources prin­ci­pales de la popu­lation, en l’occurrence l’agriculture et l’élevage de moutons, seront anéanties.

Les vil­lages qui seront les plus endom­magés sont Ras Tayra et Wadi Al-​​Recha. Le premier perdra 80% de ses ter­rains. Et Ras Tayra 60%.

De plus, les forces israé­liennes d’occupation ont l’intention d’ouvrir une route colo­niale, sous le numéro 55. Cela veut dire plus de ter­rains dévorés, plus d’oliviers déra­cinés. La pos­si­bilité de tra­vailler la terre res­tante sera réduite à néant.

Par ailleurs, dans les vil­lages de Ras Tayra et Wadi Al-​​Recha, le nouveau mur ne sera pas plus loin de 200 mètres des maisons rési­den­tielles. Ainsi, les habi­tants de ces maisons vivront constamment sur les nerfs, dans un état per­manent d’urgence, dans l’enfer de la pré­sence éter­nelle de l’occupant.

Une ruse pour légitimer le mur !

Et pour ce qui est des groupes bédouins Arabe Ar-​​Remadine et Arabe Abou Farda, le nouveau tracé per­mettra à l’occupation israé­lienne de les chasser pour annexer leur terre à la colonie israé­lienne Alfiya Mincha.

Par toutes ces modi­fi­ca­tions dans cette région, et celles effec­tuées aupa­ravant dans le village de Jayyousse, les occu­pants israé­liens veulent duper le monde. Ils veulent donner à leur mur de sépa­ration dis­cri­mi­na­toire une sorte de légi­timité. Il faut savoir que la cour inter­na­tionale de la justice avait ordonné la des­truction totale du mur. Elle n’avait ordonné rien d’autre que la démo­lition totale.