Le lit de Sodome

Uri Avnery, mardi 24 avril 2007

Dans la légende hébraïque, le lit de Sodome est un symbole du mal.

La Bible raconte comment Dieu décida de détruire Sodome à cause de la cruauté de son peuple (Genèse, XVIII). La légende nous donne un exemple de cette cruauté : le lit spécial pour visi­teurs. Quand un étranger venait à Sodome, il était mis dans ce lit. S’il était trop grand, ses jambes étaient rac­courcies. S’il était trop petit, ses membres étaient étirés pour qu’il cor­res­ponde au lit.

Dans la vie poli­tique, il y a plus d’un lit comme celui-​​ci. A droite et à gauche, il y a des gens qui mettent tous les pro­blèmes dans un tel lit, coupent des membres et étirent des membres, jusqu’à ce que la réalité colle à la théorie.

Depuis les années 60, des gau­chistes doc­tri­naires avaient ten­dance à mettre chaque situation dans le lit du Vietnam. Chaque chose - que ce soit la tyrannie meur­trière au Chili ou les menaces amé­ri­caines contre Cuba - devait cor­res­pondre à l’exemple viet­namien. En appli­quant ce modèle, il était facile de décider qui étaient les bons et qui étaient les mauvais, que faire et comment résoudre le problème.

C’était commode. Il est plus facile de tirer des conclu­sions quand on n’a pas besoin de consi­dérer la com­plexité d’un conflit par­ti­culier, son contexte his­to­rique et ses condi­tions locales.

DER­NIÈ­REMENT, un nouveau lit de Sodome est apparu : l’Afrique du Sud. Dans cer­tains cercles de la gauche radicale, il y a une ten­dance à faire entrer tout conflit dans ce lit. Tout nouveau cas de mal et d’oppression dans le monde est considéré comme une nou­velle version du régime d’apartheid, et c’est confor­mément à lui que l’on décide comment résoudre le pro­blème et ce qu’il faut faire pour aboutir au résultat désiré.

En réalité, la situation sud-​​africaine est issue de cir­cons­tances his­to­riques par­ti­cu­lières qui ont mûri pendant des siècles. Elle n’était pas iden­tique au pro­blème des abo­ri­gènes en Aus­tralie ni à l’installation des blancs en Amé­rique du Nord, ni au conflit en Irlande du Nord, ni à la situation en Irak. Mais il est commode de donner une seule et même réponse à tous les problèmes.

Bien sûr, il y a tou­jours une res­sem­blance super­fi­cielle entre dif­fé­rents régimes d’oppression. Mais si on ne veut pas voir les dif­fé­rences qu’il y a entre les maladies, on est sus­cep­tible de pres­crire de mauvais médi­ca­ments et on risque de tuer le patient avec cette méthode.

AUJOURDHUI, c’est ce qui arrive ici en Israël.

Il est facile de mettre le conflit israélo-​​palestinien dans le lit sud-​​africain car les res­sem­blances entre les symp­tômes sont évidentes. L’occupation israé­lienne des ter­ri­toires pales­ti­niens dure depuis qua­rante ans main­tenant, et presque 60 ans ont passé depuis la nakba - le conflit armé de 1948 dans lequel l’Etat d’Israël est né et dans lequel plus de la moitié des Pales­ti­niens ont perdu leur maison et leur pays. Les rela­tions entre les colons et les Pales­ti­niens rap­pellent à plus d’un titre l’apartheid, et même en Israël, les citoyens arabes sont loin d’une égalité réelle avec les Juifs.

Que faire ? On doit apprendre de l’Afrique du Sud qu’il n’y a rien à attendre de l’appel à la conscience du peuple dominant. Dans la minorité blanche d’Afrique du Sud, il n’y avait aucune dif­fé­rence réelle entre la gauche et la droite, entre les gens ouver­tement racistes et les libéraux, les­quels n’étaient que des racistes mieux déguisés, à l’exception de quelques héros blancs qui ont rejoint la lutte pour la liberté.

Par consé­quent, la rédemption ne pouvait venir que de l’extérieur. Et en effet, l’opinion publique mon­diale prit conscience de l’injustice de l’apartheid et imposa un boycott à l’échelle mon­diale sur l’Afrique du Sud, jusqu’à ce que la minorité blanche finisse par capi­tuler. Le pouvoir dans l’Etat sud-​​africain uni passa dans les mains de la majorité noire, Nelson Mandela fut libéré de prison, et tout cela se pro­duisit - mer­veille des mer­veilles - sans effusion de sang.

Si c’est arrivé en Afrique du Sud, disent les tenants de cette thèse, cela peut arriver ici aussi. L’idée d’établir un Etat pales­tinien à côté de l’Etat d’Israël (la « solution des deux Etats ») doit être écartée, et un seul Etat entre la Médi­ter­ranée et le Jourdain (la « solution d’un seul Etat ») doit devenir l’objectif. On peut atteindre ce résultat par l’arme suprême qui a fait ses preuves en Afrique du Sud : le boycott.

Voilà comment cela se passera : des gens épris de justice à travers le monde convain­cront l’opinion publique mon­diale qu’il faut imposer un boycott général sur l’Etat d’Israël. L’Etat s’effondrera et se dés­in­té­grera. Entre la mer et le fleuve il n’y aura plus qu’un seul Etat dans lequel Israé­liens et Pales­ti­niens vivront paci­fi­quement ensemble en citoyens égaux. Les colons pourront rester là où ils sont, il n’y aura pas de pro­blème de fron­tières, et il ne restera plus qu’à décider qui sera le Mandela palestinien.

CETTE SEMAINE, j’ai assisté à une confé­rence du pro­fesseur Ilan Pappe de l’Université de Haïfa, un des prin­cipaux porte-​​parole de cette idée. L’assistance se com­posait de Pales­ti­niens, d’Israéliens et de mili­tants inter­na­tionaux venus de Bil’in, le village qui est devenu un symbole de la résis­tance à l’occupation. Il a exposé un ensemble d’idées bien struc­turées, exprimées avec éloquence et enthou­siasme. En voici les grandes lignes :

Ne s’opposer qu’à l’occupation ou à toute poli­tique par­ti­cu­lière du gou­ver­nement israélien n’a pas de sens. Le pro­blème est l’essence même d’Israël en tant qu’Etat sio­niste. Cette essence ne peut changer aussi long­temps que l’Etat existe. Aucun chan­gement venant de l’intérieur n’est pos­sible, car en Israël il n’y a pas de dif­fé­rence essen­tielle entre la droite et la gauche. Toutes deux sont com­plices d’une poli­tique dont le but réel est le net­toyage eth­nique, l’expulsion des Pales­ti­niens non seulement des ter­ri­toires occupés mais également d’Israël même.

Par consé­quent, tous ceux qui aspirent à une solution juste doivent viser l’établissement d’un seul Etat, dans lequel les réfugiés de 1948 et de 1967 seront invités à retourner. Cet Etat sera un Etat uni et égali­taire, comme l’Afrique du Sud d’aujourd’hui.

Essayer de changer Israël de l’intérieur ne sert à rien. Le salut viendra de l’extérieur : un boycott mondial d’Israël, qui pro­vo­quera la chute de l’Etat et convaincra les Israé­liens qu’il n’y a aucun moyen d’échapper à la solution d’un seul Etat.

Cela semblait logique et convaincant, et l’orateur fut en effet très applaudi.

CETTE STRUCTURE théo­rique contient plu­sieurs affir­ma­tions avec les­quelles je ne suis pas en désaccord. La gauche sio­niste s’est vraiment effondrée ces der­nières années, et son absence du combat est un fait dou­loureux et dan­gereux. Dans la Knesset d’aujourd’hui, il n’y a pas de parti sio­niste efficace qui com­batte sérieu­sement pour une véri­table égalité des citoyens arabes. Per­sonne n’est capable aujourd’hui de faire des­cendre dans la rue des cen­taines de mil­liers, ou même des dizaines de mil­liers de per­sonnes, pour faire pression sur le gou­ver­nement afin qu’il accepte la pro­po­sition de paix de l’ensemble du monde arabe.

Il ne fait aucun doute que le vrai pro­blème ne réside pas dans les 40 ans d’occupation. L’occupation est un symptôme d’un mal plus profond, lié à l’idéologie offi­cielle de l’Etat. L’objectif d’un net­toyage eth­nique et de l’établissement d’un Etat juif de la mer au fleuve est cher au cœur de nom­breux Israé­liens, et le rabbin Meir Kahane avait peut-​​être raison quand il affirmait que c’était le souhait inavoué de tout le monde.

Mais contrai­rement au pro­fesseur Pappe, je suis convaincu qu’il est pos­sible de changer l’orientation his­to­rique d’Israël. Je suis convaincu que c’est le véri­table terrain de combat des forces de paix israé­liennes, et je m’y suis moi-​​même engagé depuis des décennies.

De sur­croît, je crois que nous avons déjà obtenu des résultats impres­sion­nants : la recon­nais­sance de l’existence du peuple pales­tinien est devenue générale, de même que l’acceptation par la plupart des Israé­liens de l’idée d’un Etat pales­tinien avec Jéru­salem comme capitale des deux Etats. Nous avons obligé notre gou­ver­nement à recon­naître l’OLP, et nous l’obligerons à recon­naître le Hamas. Certes, tout cela n’aurait pu se passer sans la fermeté des Pales­ti­niens et (quel­quefois) des cir­cons­tances inter­na­tio­nales favo­rables, mais la contri­bution des forces de paix israé­liennes, qui lan­cèrent ces idées, fut significative.

Une notion a aussi der­niè­rement gagné du terrain en Israël et dans d’autres pays : nous ne par­vien­drons à la paix que quand nous aurons comblé le fossé entre les ver­sions israé­lienne et pales­ti­nienne de l’histoire et que nous les aurons inté­grées en un seul récit his­to­rique qui recon­naîtra les injus­tices qui ont été com­mises et qui conti­nuent de l’être. Rien n’est plus important. (Notre pla­quette nova­trice « Vérité contre vérité » fut à l’origine de ce processus.)

A pre­mière vue, il semble que nous avons échoué. Nous n’avons pas réussi à obliger notre gou­ver­nement d’arrêter la construction du mur ou l’extension des colonies, ni de rendre aux Pales­ti­niens leur liberté de mou­vement. En bref, nous n’avons pas réussi à mettre fin à l’occupation. Les citoyens arabes d’Israël n’ont pas obtenu une réelle égalité. Mais, si l’on regarde plus en détail, dans les pro­fon­deurs de la conscience nationale, nous sommes en train de réussir. La question est de savoir comment trans­former le succès caché en un fait poli­tique clair. En d’autres termes : comment changer la poli­tique du gou­ver­nement israélien.

L’IDÉE de la « solution d’un seul Etat » portera gra­vement pré­judice à ce combat.

Elle détourne la lutte d’une solution qui a main­tenant, après de nom­breuses années, une base impor­tante dans la popu­lation, en faveur d’une solution qui n’a aucune chance.

Il ne fait aucun doute que 99,99% des Juifs israé­liens veulent que l’Etat d’Israël existe avec une forte majorité juive, quelles que soient ses frontières.

Croire qu’un boycott mondial pourrait changer cela est tota­lement illu­soire. Tout de suite après la confé­rence, mon col­lègue Adam Keller a posé au pro­fesseur une simple question : « Le monde entier a imposé un blocus sur le peuple pales­tinien. Mais, malgré la ter­rible misère des Pales­ti­niens, ceux-​​ci n’ont pas été mis à genoux. Pourquoi pensez-​​vous qu’un boycott bri­serait les Israé­liens, qui sont bien plus forts écono­mi­quement, afin qu’ils aban­donnent le caractère juif de l’Etat ? » (Il n’y a pas eu de réponse).

En tout cas, un tel boycott est tout à fait impos­sible. Ici et là, une orga­ni­sation peut décider un boycott, de petits cercles de gens épris de justice peuvent le faire, mais il n’y a aucune chance que, dans les décennies à venir, un mou­vement de boycott mondial, comme celui qui a brisé le régime raciste en Afrique du Sud, voie le jour. Ce régime était dirigé par des admi­ra­teurs déclarés des nazis. Un boycott de « l’Etat juif », qui est iden­tifié aux vic­times des nazis, n’aura sim­plement pas lieu. Il suffira de rap­peler aux gens que la longue route vers les chambres à gaz a com­mencé avec le slogan nazi de 1933 « Kauf nicht bei Juden » (« N’achète pas chez les Juifs »).

(Le fait odieux que le gou­ver­nement de l’Etat des sur­vi­vants de l’Holocauste ait entretenu d’étroites rela­tions avec l’Etat de l’apartheid ne change rien à l’affaire.)

C’est le pro­blème avec le lit de Sodome : aucune taille ne convient. Quand les cir­cons­tances sont dif­fé­rentes, les trai­te­ments doivent être dif­fé­rents aussi.

L’IDÉE de la « solution d’un seul Etat » peut attirer des gens qui déses­pèrent de la lutte pour l’âme d’Israël. Je les com­prends. Mais c’est une idée dan­ge­reuse, surtout pour les Palestiniens.

Sta­tis­ti­quement, les Juifs israé­liens consti­tuent, pour l’instant, la majorité absolue de la popu­lation entre la mer et le fleuve. A cela, il faut ajouter un fait encore plus important : le revenu annuel moyen d’un Arabe pales­tinien est d’environ 800 $, celui d’un Juif israélien est d’environ 20.000 $ - 25 fois (!) plus. L’économie israé­lienne croît tous les ans. Les Pales­ti­niens seraient « les cou­peurs de bois et les pui­seurs d’eau » de Josué. Cela signifie que si l’Etat commun ima­gi­naire voyait vraiment le jour, les Juifs y exer­ce­raient un pouvoir absolu. Ils uti­li­se­raient, bien sûr, ce pouvoir pour conso­lider leur domi­nation et à empêcher le retour des réfugiés.

Ainsi, l’exemple de l’Afrique du Sud pourrait devenir réalité rétro­ac­ti­vement : dans l’Etat unique, un régime - de type apar­theid - pren­drait place effec­ti­vement. Non seulement le conflit israélo-​​palestinien ne serait pas résolu, mais, au contraire, il évoluerait dans une phase encore plus dangereuse.

Pappe a mis en avant un argument qui me semble un peu bizarre : qu’un Etat unique existe déjà en pra­tique, étant donné qu’Israël gou­verne de la mer au fleuve. Mais il n’en est rien. Il n’y a pas un Etat unique, ni for­mel­lement, ni pra­ti­quement, mais un Etat qui en occupe un autre. Un tel Etat, dans lequel une nation domi­nante contrôle les autres, finira par se dés­in­tégrer - comme l’Union sovié­tique et la Yougoslavie.

L’Etat unique ne verra pas le jour. Non seulement les Israé­liens, mais aussi la plupart des Pales­ti­niens, n’abandonneront pas leur droit à un Etat national qui leur soit propre. Ils peuvent applaudir un pro­fesseur israélien qui pré­conise le déman­tè­lement de l’Etat d’Israël, mais ils n’ont pas le temps d’attendre des solu­tions uto­piques qui pour­raient être réa­lisées dans une cen­taine d’années. Ils ont besoin de la fin de l’occupation et d’une solution au conflit ici et main­tenant, dans un avenir proche.

TOUS CEUX qui veulent sin­cè­rement aider le peuple pales­tinien occupé seraient bien ins­pirés d’écarter l’idée d’un boycott général d’Israël. Un boycott pous­serait tous les Israé­liens dans les bras de l’extrême droite, parce qu’il ren­for­cerait la conviction de droite que « tout le monde est contre nous » - une conviction qui s’est enra­cinée dans les années de l’Holocauste quand « tout le monde regardait et gardait le silence ». Tout enfant israélien apprend cela à l’école.

Un boycott ciblé dirigé spé­ci­fi­quement contre des orga­ni­sa­tions et des entre­prises qui contri­buent acti­vement à l’occupation peut bien sûr aider à convaincre les Israé­liens que l’occupation n’est pas une bonne chose. Un tel boycott peut atteindre un but spé­ci­fique - s’il n’a pas pour objectif l’effondrement de l’Etat d’Israël. Gush Shalom, auquel j’appartiens, organise, depuis dix ans, un boycott des pro­duits des colonies. Le but est d’isoler les colons et leurs com­plices. Mais un boycott général de l’Etat d’Israël abou­tirait au résultat inverse : isoler les mili­tants paci­fistes israéliens.

LA « SOLUTION DE DEUX ÉTATS » était, et est encore, la seule solution. Quand nous l’avons mise en avant juste après la guerre de 1948, nous pou­vions nous compter sur les doigts de deux mains, non seulement en Israël mais dans le monde entier. Aujourd’hui, il existe un consensus mondial à ce sujet. Le chemin vers cette solution est escarpé, de nom­breux dangers se cachent sur la route, mais c’est une solution réa­liste qui peut aboutir.

On peut dire : d’accord, nous accep­terons la solution des deux Etats parce qu’elle est réa­liste, mais après sa réa­li­sation nous nous enga­gerons à abolir les deux Etats et à établir un Etat commun. Je suis d’accord avec cela. En ce qui me concerne per­son­nel­lement, j’espère qu’au cours des années une fédé­ration des deux Etats verra le jour, et que les rela­tions entre les deux devien­dront étroites. J’espère également qu’une union régionale, comme l’Union euro­péenne, sera établie, com­prenant tous les Etats arabes et Israël, et peut-​​être également la Turquie et l’Iran.

Mais avant tout, il faut panser la blessure dont nous souf­frons tous : le conflit israélo-​​palestinien. Pas avec des médi­ca­ments bre­vetés, cer­tai­nement pas avec un lit de Sodome, mais avec les médi­ca­ments qui se trouvent en rayon.

LE CHA­PITRE XVIII de la Genèse cite Abraham essayant de convaincre le Tout-​​Puissant de ne pas détruire Sodome : « Peut-​​être y a-​​t-​​il cin­quante justes à l’intérieur de la ville. La détruiras-​​Tu quand même sans tenir compte des cin­quante justes qui sont en son sein ? »

Dieu lui promit de ne pas détruire la ville s’il y avait cin­quante justes à l’intérieur. Abraham mar­chanda et poussa le Tout-​​Puissant à des­cendre à 45, puis 40, 30 et 20, allant fina­lement jusqu’à 10. Mais à Sodome il n’y avait pas dix justes et ainsi son sort fut scellé.

Je crois qu’en Israël il y a beaucoup, beaucoup plus que dix justes. Tous les son­dages d’opinion montrent que la grande majorité des Israé­liens non seulement veulent la paix mais sont prêts à en payer le prix. Mais ils ont peur. Ils manquent de confiance. Ils sont pri­son­niers des croyances acquises dans leur petite enfance. Il faut qu’ils s’en libèrent - et je crois que c’est possible.