Le leader des extrémistes juifs : Les chrétiens sont « des vampires suceurs de sang » qui doivent être expulsés d’Israël

Benzi Gopstein, chef de Lehava, appelle à interdire Noël en Terre Sainte : « Chassons les vampires avant qu’ils ne boivent une fois de plus notre sang. »

Haaretz, mercredi 13 janvier 2016

Benzi Gopstein, leader de Lehava, à une commission de la Knesset discutant de son groupe. Crédit Olivieh Fittousi

Sharon Pulwer, 22 décembre 2015

Benzi Gopstein, leader du groupe extrémiste anti-assimilationniste Lehava, a appelé à interdire les célébrations de Noël en Israël et à expulser les chrétiens qu’il compare à des "vampires".

"Noël n’a pas sa place en Terre Sainte," a écrit Gopstein dans un article publié il ya quelques jours sur le site web Haredi Kooker.

Le Mouvement Israél pour la réforme et le judaïsme progressiste a appelé le procureur et la police à ouvrir une enquête.

Dans l’article, Gopstein écrit qu’il est perturbé par "la chute de la ligne de défense du peuple juif contre notre ennemi mortel depuis des centaines d’années - l’Église chrétienne."

Il a affirmé que l’Église avait utilisé "tous les outils à sa disposition pour détruire le peuple juif", et qu’"aujourd’hui, l’Église a été clairement vaincue alors que le peuple juif a une des armées les plus puissantes du monde et maintenant ils n’ont plus aucune chance de nous détruire." Cependant, selon Gopstein, l’Eglise n’a pas renoncé. Il reste un dernier espoir à ces vampires et à ces suceurs de sang - la mission. “Si on ne peut pas tuer les Juifs, on peut encore les convertir."

Gopstein écrit "les librairies missionnaires offrent leurs produits devant tout le monde sur la route de Jaffa à Jérusalem, des communautés entières rampent devant les missionnaires, ceux-ci gèrent de nombreuses entreprises qui servent la mission, bien souvent sous converture et à l’insu des employés."

Il ajoute que la "peur que chaque Juif a ressentie, le dégoût du christianisme que nous avons décrit ci-dessus - dégoût qui seul nous a sauvés des jours sombres en Europe - a disparu avec la "belle vie" de l’ère démocratique... et le missionnaire est à l’affût de sa proie".

Gopstein termine son article en écrivant : "J’appelle tout le monde à pousser un cri d’alarme et à lutter contre ce phénomène corrompu dans la meilleure tradition du judaïsme, avant que nous tous, y compris ceux qui parmi nous observent les commandements, ne devenions une communauté de lèche-bottes."

"Noël n’a pas sa place en Terre Sainte," écrit-il, ajoutant "Chassons les vampires avant qu’ils ne boivent une fois de plus notre sang."

Le Mouvement Israël pour la réforme et le judaïsme progressiste et la Coalition contre le racisme ont demandé au Procureur adjoint chargé des fonctions spéciales, ainsi que l’unité de police chargée de la cybercriminalité, d’ouvrir une enquête. Ils indiquent : "L’article appelle à interdire la célébration de Noël, la plus importante fête chrétienne, et à œuvrer pour chasser les chrétiens d’Israël". Ils ont également signalé que la description faite par Gopstein des chrétiens comme des "vampires et suceurs de sang" contrevient à la loi interdisant d’insulter les sentiments religieux.

Ils ajoutent "Cette déclaration n’a pas été faite dans le vide mais dans le contexte de nombreux actes de violence contre les membres du clergé chrétien, ces dernières années".

Orly-Likhovski Erez, chef du département juridique du Centre pour la réforme a déclaré : "Benzi Gopstein ne recule devant rien pour inciter à la violence à l’encontre de quiconque n’est pas lui – arabes musulmans, chrétiens et autres, en utilisant un langage brutal et en appelant à la violence. Malheureusement ... face à cette incitation à la violence ... la police fait preuve d’un silence assourdissant."

La lettre du Centre à la justice et à la police rejoint un grand nombre de plaintes contre Gopstein, toujours en attente de traitement. Une enquête est encore en cours concernant des déclarations qu’il a faites en 2012 et qui sont devenues publiques lorsqu’il a été arrêté avec d’autres militants en décembre 2014, après l’incendie de l’école bilingue à Jérusalem par des membres Lehava. Les résultats ont été remis à la justice en mai. Toutefois, il n’a pas été mis en examen, et selon une information donnée cette semaine sur Canal 10, il semble que le dossier va être clos.

Selon Canal 10, les preuves sur lesquelles la police fondait sa recommandation d’inculper Gopstein comprenaient des messages Facebook, des messages texte et des conversations WhatsUp, dont la police affirme qu’elles étaient de nature raciste.

Par exemple, des posts publiés sur la page Facebook de Gopstein incluaient des photos de députés arabes israéliens truquées pour les faire paraître pendus par le cou, ainsi que les appels contre le métissage et la coexistence. Toutefois, l’enquête a montré que quelqu’un d’autre a publié des posts sur sa page pendant son arrestation, ce qui rend plus difficile de prouver qu’il a personnellement publié le contenu discutable.

Le Bureau du Procureur de la République a indiqué qu’il a reçu la lettre des groupes appelant à une enquête sur les derniers commentaires de Gopstein, et il a ajouté que "aucune décision n’a encore été prise" sur le cas de Lehava.

Traduction : RP pour l’AFPS