Le leader de Bil’in Abdallah Abu Rahma arrêté pendant un raid mili­taire nocturne

Comité de coordination de la résistance populaire, vendredi 11 décembre 2009

Dans le cadre de l’escalade récente d’arrestations poli­tiques à Bil’in, Abdallah Abu Rahma, ins­ti­tuteur et coor­don­nateur du Comité Popu­laire de Bil’in, a été arrêté par les soldats israéliens.

A exac­tement 2h la nuit der­nière (9 décembre), sept jeeps mili­taires israé­liennes sont arrivées devant la maison d’Abdallah Abu Rahma, à Ramallah. Les soldats ont envahi la maison, ont arraché Abu Rahma de son lit et l’ont arrêté, en pré­sence de sa femme et de ses enfants.

Abu Rahma est ins­ti­tuteur à l’Ecole du Patriarche Latin, à Birzeit, près de Ramallah, et coor­di­nateur du Comité Popu­laire de Bil’in contre le Mur et les Colonies. Un raid pré­cédent visant Abu Rahma avait été lancé le 15 sep­tembre 2009, avec une telle vio­lence qu’un soldat avait été pour­suivi pour "assaut". [1]. L’arrestation d’Abu Rahma fait partie d’une escalade des ten­ta­tives de l’armée israé­lienne pour briser le courage des gens de Bil’in, leur direction popu­laire et la lutte popu­laire dans son ensemble - et mettre un terme aux mani­fes­ta­tions contre le Mur. Récemment, l’avocate Gaby Lasky, qui repré­sente de nom­breux détenus de Bil’in, avait été informée par le pro­cureur mili­taire que l’armée avait l’intention d’utiliser toutes les voies juri­diques pour mettre fin aux manifestations.

A la suite de l’arrestation d’Abu Rahma, Maître Lasky a déclaré : « L’arrestation de mon client est une nou­velle illus­tration fla­grante de l’application de mesures judi­ciaires pour la cri­mi­na­li­sation poli­tique des habi­tants de Bil’in. Les mani­fes­tants de Bil’in sont sys­té­ma­ti­quement visées alors que c’est l’Etat qui fait outrage à une décision de la Haute Cour de Justice ; une décision qui affirme que les mani­fes­tants ont la justice de leur côté, et a statué il y a deux ans que la route du Mur dans ce secteur devait être modifiée, ce qui n’a tou­jours pas été exécuté à ce jour. »

Depuis le 23 juin 2009, 31 habi­tants de Bil’in ont été arrêtés par l’armée. Cette der­nière a pour­suivi les membres du comité popu­laire dans ses cam­pagnes d’arrestation, mais trois détenus ont été relâchés pour manque de preuve. Dans le cas d’un autre membre, Mohammed Khatib, le tri­bunal a même conclu que cer­taines des preuves pré­sentées avaient été falsifiées.

En plus des membres du comité, un des prin­cipaux acti­vistes de Bil’in, Adeeb Abu Rahma, qui est empri­sonné depuis plus de cinq mois, n’est pas soup­çonné d’avoir commis la moindre vio­lence, mais a été condamné sur une accu­sation globale d’« inci­tation à la vio­lence » qui a été inter­prétée très librement dans son cas pour inclure l’organisation de mani­fes­ta­tions populaires.

Abdullah au centreAbdullah au centre, lors de la veillée après l’assassinat par les forces d’occupation israé­liennes de son cousin Bassem (sur la photo au dessus de lui)

[1] Pour plus de détails, contacter Jonathan Pollak, au +972546327736.