Le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq, en grève de la faim, dans un état « très grave »

Libération avec AFP, dimanche 31 janvier 2016

En grève de la faim depuis deux mois, le journaliste emprisonné en Israël, qui l’accuse d’appartenir au Hamas, « a perdu la capacité de parler et a du mal à entendre », selon son avocat.

Le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq, emprisonné en Israël et en grève de la faim depuis plus de deux mois, ne peut plus parler et a du mal à entendre, ont indiqué dimanche son avocat et sa famille. Son état est « très grave. Il a perdu sa capacité à parler et 60% de ses facultés auditives », a déclaré son avocat, Jawad Boulus, dans un communiqué, après avoir rendu visite à son client dans l’hôpital d’Afoula (nord d’Israël).

La femme de Mohammed al-Qiq, Faihaa, a confirmé que les médecins l’ont informée que son mari avait perdu sa capacité à parler. « Qu’attendent-ils pour libérer mon mari et se pencher sur sa détention ? Qu’il souffre d’une hémorragie cérébrale ou qu’il devienne un martyr ? », a-t-elle demandé lors d’une conférence de presse en faisant référence aux autorités israéliennes. Les porte-parole de l’hôpital et du Service israélien des prisons n’ont pas voulu commenter ces déclarations.

Cette semaine, l’Union européenne et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont exprimé leur inquiétude pour l’état de santé du journaliste. Mohammed Qiq, 33 ans, reporter de la chaîne saoudienne Al-Majd, a été arrêté le 21 novembre chez lui à Ramallah, en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël. Il a été placé mi-décembre en détention administrative, régime extrajudiciaire très controversé qui permet à Israël de détenir des personnes sans inculpation ni procès pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

Il a cessé de s’alimenter le 25 novembre pour dénoncer « la torture et les mauvais traitements qu’il a subis pendant son interrogatoire », a indiqué Addameer, une organisation palestinienne de défense des prisonniers. Le journaliste a fait appel de son internement mais la Cour suprême israélienne a décidé mercredi son maintien en détention, indiquant qu’elle suivrait l’évolution de son état au jour le jour.

Le Shin Beth, la Sécurité intérieure israélienne, l’accuse d’être un membre actif du Hamas, considérée comme « terroriste » par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne. Mohammed Qiq dit quant à lui ne se livrer qu’au journalisme.