Le forum mondial sur l’eau : l’eau est une arme uti­lisée contre les Pales­ti­niens par leurs occu­pants israéliens.

Imemc et agences, dimanche 26 mars 2006

En moyenne un Pales­tinien utilise environ 60 litres d’eau par jour. En com­pa­raison, un Israélien utilise en moyenne environ 900 litres par jour, comme le citoyen lambda aux Etats unis.

D’après la loi israé­lienne les Israé­liens peuvent creuser des puits qui sont 70 plus pro­fonds que les Pales­ti­niens ne sont auto­risés à le faire, même dans les colonies illé­gales de Cis­jor­danie occupée.

Pendant le Forum mondial sur l’eau qui s’est tenu cette semaine au Mexique les repré­sen­tants israé­liens ont défendu leur appro­priation illégale des res­sources en eau pales­ti­niennes et ont mis en avant la « sécurité » comme excuse pour la des­truction de cen­taines de puits pales­ti­niens pendant les trois der­nières années et pour l’annexion de nom­breux autres par la construction du Mur d’annexion à l’intérieur de la terre palestinienne.

En plus des pro­blèmes associés au mur, Israël est res­pon­sable de nom­breuses autres atteintes à l’environnement en Palestine.

Les colonies israé­liennes rejettent chaque année 224,000 tonnes de déchets en Palestine, pol­luant souvent les vil­lages, ruis­seaux et fermes. L’eau potable est conta­minée par des tuyaux d’égouts cassés qui ne sont pas réparés. Plus de 250,000 oli­viers et d’autres arbres frui­tiers ont été détruit pendant les deux der­nières années. Tout ça s’ajoute à la des­truction de l’environnement qui accom­pagne les guerres et les indus­tries qui s’y asso­cient -y compris l’empoisonnement de la terre par les muni­tions, et les biens dévastés par le feu, les bombes et les machines de guerre.

Selon les accords de paix signés en 1995 par le gou­ver­nement israélien et l’Autorité nationale pales­ti­nienne, les deux parties doivent par­tager l’eau du Jourdain et ses sources sou­ter­raines et ne mettre aucun obs­tacle à la construction d’infrastructures par l’autre partie.

Shimon Tal, res­pon­sable de l’Autorité israé­lienne de l’eau, a déclaré que l’accord était "prag­ma­tique" parce que le manque d’eau dans la région est "très important". Ce res­pon­sable a indiqué qu’ un comité joint se réunit régu­liè­rement et comment les deux parties main­tiennent leur équi­pement même quand ça peut aider aussi l’autre côté. "Même pendant les affron­te­ments pendant l’Intifada nous avons maintenu notre enga­gement de ne pas abîmer et endom­mager les infra­struc­tures car les deux parties savent que l’eau c’est la vie" a déclaré Tal lors d’un débat pendant le Forum. Il a ajouté qu’il "appar­tenait aux Pales­ti­niens de trouver d’autres sources" sans prendre en compte que les Israé­liens uti­lisent 10 fois plus d’eau que les Pales­ti­niens et que l’utilisation abusive par les Israé­liens est en train de vider rapi­dement le Lac de Tibé­riade et le Jourdain, les deux prin­ci­pales res­sources en eau de la Cisjordanie

Bien que le gou­ver­nement israélien affirme que ses troupes ne visent pas les res­sources en eau, des groupes de défense des droits humains ont relevé des cen­taines de vio­la­tions des accords sur l’eau, y compris la des­truction par les tirs des soldats israé­liens des citernes dans les maisons, vil­lages et villes pales­ti­niens.

Fadel Kawash, res­pon­sable de l’Autorité pales­ti­nienne de l’eau, a déclaré au Forum que "au Moyen-​​orient l’eau est un pro­blème poli­tique". Il a dit lors d’un débat que "Dix ans ont passé depuis les accords mas ils ne sont tou­jours pas vraiment appliqués".

"L’occupation de la Cis­jor­danie par Israël, les points de contrôle, la confis­cation de la terre, les arres­ta­tions, les démo­li­tions de maisons et le Mur, tout ceci pré­sente un obs­tacle majeur aux projets de déve­lop­pement surtout dans le domaine de l’eau", a -t-​​il dit.

L’Autorité pales­ti­nienne doit acheter l’eau pour sa popu­lation qui s’accroît. Mais dans le même temps Israël pompe de plus en plus d’eau des sources sou­ter­raines qui ali­mentent les villes pales­ti­niennes de Jénine, Jéricho et Qal­qilia, et aussi dans d’autres endroits de Cis­jor­danie où 450,000 Israé­liens vivent illé­ga­lement sur la terre palestinienne.

Des groupes de défense des droits humains ont relevé de nom­breux cas où des colonies israé­liennes construites sur le sommet des col­lines se sont emparées des puits d’eau de la région et coupent régu­liè­rement l’approvisionnement en eau de la popu­lation pales­ti­nienne envi­ron­nante. A plu­sieurs occa­sions, par­ti­cu­liè­rement en été, les groupes de défense des droits humains ont noté que des colons, aidés des soldats israé­liens, coupent l’accès à l’eau des Pales­ti­niens pendant des jours de suite afin de continuer à ali­menter en eau les mul­tiples pis­cines et fon­taines des colonies.

Un exemple de la des­truction par Israël de sources d’eau est l’ordre mili­taire donné cette semaine à Mu’ayad Abed al Ra’oof Hreash par les forces israé­liennes, annonçant la démo­lition prévue du réservoir d’eau agricole qui lui permet de cultiver sa terre. La terre de Mu’ayad Hreash est située dans la partie Nord-​​ouest de Bardala au Nord de la vallée du Jourdain. Les forces israé­liennes ont construit le Mur d’Apartheid à 200 mètres du réservoir d’une capacité de 300 mètres cubes qui irrigue 30 dunums de terre cultivée et des serres.

Les attaques israé­liennes récentes contre les res­sources en eau pales­ti­niennes rendent la vie impos­sible aux habi­tants de la vallée du Jourdain, selon des groupes de défense des droits humains tels que B’tselem.

L’ordre mili­taire à Mu’ayad Hreash n’est que l’un des nom­breux exemples de ce que l’occupation rend la vie impos­sible aux Pales­ti­niens. En plus de la démo­lition sur une grande échelle de maisons, magasins et bâti­ments agri­coles, un certain nombre de check-​​points ferment la région et l’isolent du reste de la Cis­jor­danie. La confis­cation de terres et l’extension des zones mili­taires annexent quo­ti­dien­nement de nou­velles terres palestiniennes.

Le gou­ver­nement israélien a déclaré clai­rement les mois der­niers son intention d’isoler tota­lement la vallée du Jourdain du reste de la Cis­jor­danie. 2.5 mil­lions de Pales­ti­niens vivant en Cis­jor­danie n’auront plus accès à la vallée, à la rivière, à ses réserves en eau, à la Mer Morte et à la chaîne de col­lines à l’est de la Cis­jor­danie. La ghet­toï­sation du peuple pales­tinien à l’est sera achevée.