Le désespoir total à Gaza

Ziad Medoukh, mercredi 13 juin 2007

C’est très grave ce qui est en train de se passer dans la Bande de Gaza : des affron­te­ments entre fac­tions pales­ti­niennes ; des morts dans les rues de Gaza ; des cen­taines de blessés dans des hôpitaux débordés et qui souffrent du manque de moyens médicaux.

Et des maisons détruites et tou­chées pas à cause des raids ou des bom­bar­de­ments israé­liens mais mal­heu­reu­sement par des mis­siles et des roquettes lancés par des mili­taires pales­ti­niens qui tiennent les armes au nom de la résis­tance contre les forces de l’occupation israélienne.

Trente sept Pales­ti­niens ont été tués en deux jours de combats entre les forces de sécurité qui appar­tiennent au Fatah et les forces exé­cu­tives de soutien qui appar­tiennent au Hamas : les deux grand partis pales­ti­niens qui ont chacun une force mili­taire qui a été créée lors de la deuxième Intifada en 2000 pour affronter les soldats et les colons israé­liens qui se trou­vaient dans la Bande de Gaza avant de se retirer en octobre 2000. Mais après le retrait israélien, qui a été un piège pour enfermer les Pales­ti­niens dans une prison, les armes se sont retournées vers les frères.

Tout le monde est sous le choc, ici on n’arrive pas à com­prendre pourquoi ces affron­te­ments. Ces événe­ments nous choquent avant de choquer tous les amis de notre cause ; une cause noble et juste,la cause de tous les opprimés et la cause de tous les résis­tants. Nous sommes en train de vivre un drame contre une popu­lation en pleine crise.

Depuis deux jours, tout le monde est chez lui dans la bande de Gaza ; malgré toutes les ini­tia­tives pour arrêter ce drame entre les frères, seulement les mili­taires des deux camps et les hommes armés masqués sont dans les rues de Gaza ;les magasins sont fermés ; les uni­ver­sités aussi ; seuls les étudiants qui passent le bac­ca­lauréat conti­nuent d’aller à leurs lycées pour passer les examens du bac malgré les risques ; malgré les check point des deux camps et malgré l’instabilité et cela montre l’attachement de notre peuple à l’éducation comme élément d’espoir pour nos jeunes.

Les événe­ments de Gaza montrent une fois de plus la situation très dif­ficile dans laquelle se trouve plus d’un million et demi de Pales­ti­niens enfermés, encerclés et qui vivent une pau­vreté remar­quable, sans oublier la tension, les pres­sions exté­rieures, la souf­france et les pro­vo­ca­tions israé­liennes par la pour­suite des attaques, raids et bom­bar­de­ments israé­liens contre les villes, les vil­lages et les camps de Gaza.

A mon avis, les événe­ments de Gaza sont le résultat avant tout des mesures de l’occupation israé­liennes qui enferment plus d’un million et demi de Pales­ti­niens dans une grande prison à ciel ouvert. Et le résultat d’un blocus inter­na­tional qui est en train de tuer des enfants privés de lait et de médi­ca­ments et qui est en train d’obliger les Pales­ti­niens déses­pérés à se tuer entre eux.

Il ne faut pas oublier que nous sommes tou­jours occupés dans la Bande de Gaza malgré le retrait israélien ; nous sommes encerclés, enfermés,nous vivons la misère et la pau­vreté devant l’indifférence totale de beaucoup de pays.

Nous demandons la reprise des aides écono­miques gelée par les bailleurs de fonds étrangers,la création des projets et du travail pour des mil­liers de Pales­ti­niens au chômage ,de redonner un peu d’espoir pour ces Pales­ti­niens de Gaza souvent déses­pérés dans leur grande prison.

Nous réclamons une relance rapide du pro­cessus de paix afin d’assurer la sta­bilité à notre région afin d’éviter l’explosion totale de la situation dans une région assoiffée de paix et d’espoir.