Le cycle de rencontres Israël-​​Palestiniens à Amman s’achève sans résultat

AFP, jeudi 26 janvier 2012

Une série de cinq "ren­contres explo­ra­toires" israélo-​​palestiniennes en Jor­danie pour exa­miner la pos­si­bilité d’une relance des négo­cia­tions de paix s’est achevée mer­credi sans résultat tangible.

Le secré­taire général de l’ONU Ban Ki-​​moon a annoncé qu’il se ren­drait dans la région la semaine pro­chaine "pour encou­rager les deux parties à s’engager pour de bon et créer une atmo­sphère positive pour aller de l’avant".

"Nous pouvons dire que le résultat de toutes ces ren­contres est nul parce qu’Israël n’a pas avancé d’un pas pour reprendre les négo­cia­tions", a déclaré à l’AFP un res­pon­sable pales­tinien sous le couvert de l’anonymat après une ultime réunion à Amman.

"La réunion d’aujourd’hui était la der­nière", a-​​t-​​il assuré, attri­buant l’absence de progrès au "refus d’Israël d’arrêter la colonisation".

Le ministre jor­danien des Affaires étran­gères Nasser Jawdeh a qua­lifié ces ren­contres de "claires et sérieuses".

"Il n’y aura pas de ren­contres la semaine pro­chaine entre Pales­ti­niens et Israé­liens afin que nous puis­sions évaluer les résultats et les moyens de passer à la pro­chaine étape", a-​​t-​​il dit.

"Nous tentons de faire en sorte que nos dis­cus­sions avec les Pales­ti­niens conti­nuent", avait aupa­ravant affirmé le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu, qui a reçu dans la soirée la chef de la diplo­matie de l’Union euro­péenne (UE), Catherine Ashton, en visite dans la région.

Mme Ashton a jugé que ces ren­contres offraient des "oppor­tu­nités impor­tantes" pour revenir aux négo­cia­tions de paix.

Elle s’est aupa­ravant entre­tenue avec le ministre israélien des Affaires étran­gères Avigdor Lie­berman et une diri­geante de l’Organisation de libé­ration de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui.

La chef de la diplo­matie de l’UE doit achever sa visite de trois jours par une ren­contre avec le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas en Jor­danie jeudi.

M. Abbas avait aupa­ravant laissé entendre qu’il pourrait renoncer à exiger un arrêt de la la colo­ni­sation pour reprendre les négo­cia­tions si les deux parties s’entendaient sur le tracé des frontières.

"Si nous déli­mitons les fron­tières, il est pos­sible de revenir aux négo­cia­tions mais les Israé­liens ne veulent pas déli­miter les fron­tières", a-​​t-​​il affirmé lors d’une ren­contre en Jor­danie avec le roi Abdallah II.

"Après la fin de ces réunions explo­ra­toires il y aura une phase d’évaluation et de consul­ta­tions, avec sa majesté le roi Abdallah II, et nous avons une réunion avec le comité de suivi arabe le 4 février, et une décision sera prise à ce moment-​​là", a-​​t-​​il ajouté.

Le Quar­tette pour le Proche-​​Orient (Etats-​​Unis, Russie, UE et ONU) a appelé le 26 octobre les deux parties à pré­senter leur position sur le tracé des fron­tières et la sécurité dans un délai de trois mois.

Les négo­cia­teurs pales­ti­niens consi­dèrent que le délai expire le 26 janvier alors qu’Israël affirme qu’il court à partir de la pre­mière ren­contre à Amman, le 3 janvier, et arrive donc à échéance le 3 avril.

"Nous avons pré­senté ce qui nous était demandé mais le gou­ver­nement israélien n’a pas pré­senté sa vision d’une solution, seulement des têtes de cha­pitre sans aucun contenu", a déploré un res­pon­sable pales­tinien sous le couvert de l’anonymat.

Le ministre pales­tinien des Affaires étran­gères Riyad al-​​Malki a estimé qu’"en cas d’échec des réunions explo­ra­toires, la partie pales­ti­nienne aura rempli ses obli­ga­tions envers la com­mu­nauté inter­na­tionale et pourra choisir comment pré­server ses droits et intérêts nationaux", évoquant la demande d’adhésion à l’ONU d’un Etat de Palestine.

Les ren­contres "explo­ra­toires" à Amman étaient les pre­mières dis­cus­sions israélo-​​palestiniennes offi­cielles depuis l’arrêt des négo­cia­tions de paix en sep­tembre 2010.