Le chan­gement de ton israélien sur­prend le Liban, qui reste cependant sur ses gardes

Khalil Fleyhane, jeudi 28 janvier 2010

Le chan­gement de ton et de position du Premier ministre israélien, Ben­jamin Neta­nyahu, qui a fait part de sa volonté d’établir des rela­tions « saines » avec le Liban, a surpris les res­pon­sables libanais qui restent cependant prudents.

Dans un com­mu­niqué, qua­lifié d’« inha­bituel » par des agences de presse inter­na­tio­nales, le bureau de M. Neta­nyahu avait démenti samedi les propos d’un ministre israélien sans por­te­feuille, Yossi Peled, qui avait pra­ti­quement jugé comme étant inévi­table et imminent un nouvel affron­tement armé avec le Hezbollah.

Pour les res­pon­sables libanais, si le Premier ministre israélien s’est efforcé de se montrer ras­surant, c’est peut-​​être parce que les États-​​Unis ne lui ont pas donné le feu vert pour lancer une nou­velle offensive contre le Liban. Ce serait aussi pour réagir favo­ra­blement à la requête de Paris, qui avait demandé à Israël de faire preuve de retenue. Quelles que soient les moti­va­tions de Ben­jamin Neta­nyahu, les diri­geants libanais jugent comme étant positif son revi­rement, et estiment qu’il faut l’encourager et tester de la sorte son sérieux car la méfiance reste de mise. De sources minis­té­rielles, on juge ainsi qu’il ne faut pas se fier au nouveau dis­cours du Premier ministre israélien avant de savoir comment il compte le tra­duire. En d’autres termes, les Libanais attendent de ce dernier, s’il sou­haite réel­lement établir des rela­tions « saines » avec ses voisins, qu’il se conforme aux dis­po­si­tions de la réso­lution 1701 du Conseil de sécurité, qu’il retire ses troupes des ter­rains qu’elles conti­nuent d’occuper au nord de Ghajar, dans les hameaux de Chebaa et sur les col­lines de Kfar­chouba, et qu’il cesse les vio­la­tions quo­ti­diennes de l’espace aérien libanais.

Pour ces sources, il est impé­ratif d’attendre pour voir si la nou­velle position du Premier ministre israélien est pro­vi­soire ou vise à donner une impulsion à la mission de l’émissaire amé­ricain pour le Proche-​​Orient, George Mit­chell. Selon ces sources, être prudent n’est pas néces­sai­rement négatif, en ce sens que le Liban n’est pas opposé à une reprise des négo­cia­tions de paix. Quoi qu’il en soit, Bey­routh va essayer de sonder les États proches d’Israël, via les canaux diplo­ma­tiques, pour essayer de com­prendre le chan­gement subit de la position offi­cielle israé­lienne vis-​​à-​​vis du Liban.