Le blocus est du terrorisme

Gush Shalom, jeudi 14 janvier 2010

Le premier jour de la guerre de Gaza, il y a un an, les mili­tants de Gush Shalom et d’autres asso­cia­tions pour la paix mani­fes­taient contre celle-​​ci. Aujourd’hui, (2 janvier 2010), beaucoup d’entre elles ont pris part à une impor­tante mani­fes­tation, dont l’exigence prin­cipale était la levée du siège de Gaza.

Quelques 3 000 mani­fes­tants se sont réunis à Rabin Square, Tel Aviv, et ont marché vers Museum Square, où a eu lieu une mani­fes­tation de pro­tes­tation. Les mani­fes­tants, mili­tants d’un nombre important d’associations pour la paix, et d’autres citoyens, ont chanté à l’unisson (en hébreu) « Gaza, ne désespère pas /​ Nous ferons cesser l’occupation », « Israël, nous avons honte - le blocus est inhumain », entre autres.

La mani­fes­tation était encadrée par d’importantes forces de police, y compris un héli­co­ptère qui de temps en temps éclairait la zone avec un énorme pro­jecteur. Cependant, il n’y a pas eu d’incidents.

En dehors des pan­cartes de Gush Shalom « Le blocus est du ter­ro­risme », il y avait les pan­cartes de « la Coa­lition des Femmes », qui disaient « Femmes sans fron­tières – Liberté et Justice pour Gaza ». Un mani­festant avait apporté une pan­carte per­son­nelle « Mou­barak est un cri­minel de guerre » – en pro­tes­tation contre le mur d’acier que les Egyp­tiens construisent actuel­lement à la fron­tière de Rafah. Beaucoup bran­dis­saient le drapeau de Gush Shalom, qui combine le drapeau d’Israël avec celui de la Palestine. Un groupe de tam­bours animait la marche.

Nurit Peled-​​Elchanan, une mère en deuil (et fille de feu le général et militant pour la paix Matti Peled), a dit à la mani­fes­tation : « Je me demande pourquoi les médias s’étonnent de la vio­lence dans les écoles, les clubs et dans la rue. Nos enfants absorbent sim­plement le message transmis par les parents, les grands frères, les médias et les cri­minels de guerre qui viennent dans les écoles et font des dis­cours sur l’héroïsme de l’armée à Gaza ».

Uri Avneri en a appelé au Pré­sident Obama, à l’Union euro­péenne et aux peuples du monde : « Aidez-​​nous à mettre fin au cancer de l’occupation. Pour la paix et la récon­ci­liation entre l’Etat libre d’Israël et l’Etat libre de Palestine ! (ci-​​dessous, le texte complet de son intervention)

Eilat Maoz, de la Coa­lition des femmes a dit : « Tout autour de nous, dans cette ville, nous voyons des cri­minels de guerre qui ont commis ces actes à Gaza. Ils vivent en paix, sans craindre ni enquête ni condamnation ».

Des applau­dis­se­ments spé­ciaux ont salué Nasser Rawi, le père d’une des familles qui ont été expulsées de leurs maisons dans le quartier de Sheik Jarrach à Jéru­salem, qui a demandé au gou­ver­nement, dans un hébreu parfait « d’arrêter la judaï­sation de Jéru­salem et de cesser de nous envoyer des colons qui battent les gens et les expulsent de leurs maisons ».

Les autres inter­ve­nants étaient MK Hanin Zuabi (Balad) : « La pri­vation de farine et de sucre est une méthode de chantage, mais le peuple Pales­tinien n’est pas brisé » ; Yael Ben-​​Yaphet (Mizrahi Rainbow) : « Sderot était le pré­texte de la guerre, mais qui aujourd’hui se sou­vient des pauvres de Sderot ? « ; Abir Kopti (Hadash) : « Je félicite le gou­ver­nement bri­tan­nique de signaler les pro­duits des colonies – cela fait partie des choses qui nous donnent de l’espoir ».

Le point culminant de la soirée était le groupe « Raging Grannies », cinq femmes âgées qui – sur le modèle de l’original canadien – ont chanté des chansons pour enfants « modi­fiées ». Elles ont conclu la soirée avec le texte légè­rement modifié d’une chanson pour enfants en hébreu très connue : « La mère dit à Ahmed /​ Mon fils est un héros /​ Mon fils ne pleure jamais/​ Comme un petit garçon stupide.// Il avait une maison à Gaza /​ Et un père, une mère et un frère /​ Gaza a été bom­bardée /​ Et il n’y a plus de maison /​/​ Je ne pleure jamais /​ Je ne suis pas un pleur­ni­chard /​ Mais pourquoi, mère, pourquoi /​ Les larmes viennent-​​elles toutes seules ? ».

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Dis­cours d’Uri Avneri à la mani­fes­tation de pro­tes­tation pour le premier anni­ver­saire de la guerre de Gaza.

Tel Aviv, Museum Square, 2 janvier 2010

“Plomb durci”

Etait une guerre terrible et cruelle

C’était aussi

Une guerre stupide et inutile.

Si notre gouvernement

Avait bien voulu parler avec le Hamas

Après sa victoire aux élections,

Il n’y aurait pas eu de Qassams,

Gilad Shalit serait chez lui

Depuis longtemps,

Sderot et Jabaliya

Vivraient en paix.

Le but de la guerre

Etait de transformer la vie

De la population de Gaza

En enfer –

Pour qu’elle se retourne contre le Hamas.

Au lieu de cela, le monde entier

Se retourne contre nous.

Nous devons enquêter

Sur ce qui s’est passé.

Pas à cause de Goldstone,

Mais pour notre bien,

Pour le bien d’Israël,

Pour les valeurs auxquelles nous croyons.

Cette guerre terrible

N’est pas finie. Elle continue.

Car

Le blocus, c’est la guerre

Le blocus, c’est du terrorisme.

Le blocus est un crime.

D’ici, nous demandons :

Levez le siège !

Mettez fin à la punition collective

De la population de Gaza !

Mettez fin à la captivité

De Gilat Shalit

Et de Marwan Barghouti !

Nous sommes venus ici pour déclarer :

Même si d’autres peuvent renoncer

Nous ne désespérerons pas

Nous ne nous lasserons pas !

Nous ne capitulerons pas !

Nous continuerons le combat

Pour la paix et la réconciliation

Pour un autre Israël

Un pays où il fait bon vivre.

Israël, ce n’est pas seulement Eux,

Les Netanyahu, les Liberman,

Les colons.

Israël, c’est aussi Nous,

Donc, nous sommes aussi responsables de ces actions,

Donc, il est de notre devoir de les changer.

Ce devoir, nous ne nous y déroberons pas.

Nous demandons au Président Obama,

A l’Union européenne,

Aux peuples du monde :

Aidez-​​nous

A mettre fin au cancer de l’occupation.

Pour la paix et la réconciliation

Entre l’Etat libre d’Israël

Et l’Etat libre de Palestine !