Hossam Ezzedine, samedi 22 mars 2008
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a critiqué vendredi la colonisation israélienne et le blocus imposé à Gaza et relancé un projet de conférence sur le Proche-Orient à Moscou, à l’issue d’une visite en Israël et chez les Palestiniens.
"Les activités de colonisation israéliennes nous préoccupent et nous appelons Israël à y mettre fin", a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie.
"Le blocus imposé à Gaza est inacceptable et il faut qu’il y soit mis fin pour que le peuple palestinien puisse vivre normalement", a-t-il ajouté.
Israël a renforcé ses sanctions contre la bande de Gaza en janvier en imposant un blocus dans le cadre de sa riposte aux roquettes tirées sur le sud israélien depuis le territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas.
Outre le blocus, l’armée israélienne a multiplié les attaques dans la bande de Gaza, où plus de 130 Palestiniens ont été tués du 27 février au 2 mars.
La rencontre s’est déroulée dans la Mouqataa, le QG de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Avant de voir M. Abbas, le ministre russe a rencontré son homologue palestinien Riyad Al-Malki et le Premier ministre palestinien Salam Fayyad.
M. Lavrov, en tournée au Proche-Orient, a remis sur le tapis jeudi lors de ses rencontres avec les dirigeants israéliens le projet de Moscou d’accueillir une conférence internationale sur le Proche-Orient.
"Nous négocions avec les différentes parties pour organiser une rencontre à Moscou", a déclaré M. Lavrov après son entretien avec son homologue israélienne Tzipi Livni, précédée par une entrevue avec le Premier ministre Ehud Olmert.
A Ramallah, il a affirmé que la date de cette conférence "sera fixée dans un proche avenir".
A la suite de la réunion d’Annapolis aux Etats-Unis organisée en novembre 2007 pour relancer les négociations israélo-palestiniennes, la Russie a proposé d’organiser une réunion de suivi à Moscou, notamment pour relancer le processus de paix israélo-syrien, gelé depuis 2000.
Depuis Annapolis, les négociations israélo-palestiniennes butent sur la poursuite de la colonisation en Cisjordanie et dans la région de Jérusalem.
Israël a exprimé vendredi des réserves sur ce projet de conférence.
"Par courtoisie diplomatique, nous n’avons pas repoussé ce plan mais en vérité il ne nous enthousiasme pas", a déclaré un haut responsable qui a requis l’anonymat.
M. Abbas l’a en revanche favorablement accueilli.
"Nous avons insisté sur la nécessité d’organiser cette conférence de suivi à Moscou le plus tôt possible", a-t-il dit lors de la conférence de presse.
Avant Israël, M. Lavrov a effectué une visite en Syrie où il a prôné "un règlement global" du conflit israélo-arabe. Il aussi rencontré mercredi à Damas Khaled Mechaal, le numéro un du Hamas, le mouvement islamiste qui a chassé M. Abbas du pouvoir dans la bande de Gaza en juin 2007.
Il a affirmé aux côtés de M. Abbas que son pays appuyait les efforts actuellement déployés par le Yémen pour sceller une réconciliation entre le président palestinien et le Hamas.
Après avoir annoncé l’échec de ces efforts jeudi en l’imputant au Hamas, M. Abbas a affirmé vendredi que ses représentants au Yémen allaient y rester jusqu’à samedi pour poursuivre les discussions. "Nous ne voulons pas parler d’un échec à présent et préférons attendre ce qui se passera demain", a-t-il dit.
Avant son départ à l’aéroport Ben Gurion, M. Lavrov s’est entretenu avec le ministre israélien de la Défense Ehud Barak qui a affirmé que la "Russie devait participer aux efforts internationaux pour freiner le programme nucléaire de l’Iran", a indiqué la radio publique israélienne.