Le Hez­bollah accuse Ban et le Conseil de sécurité de parti pris en faveur d’Israël

l’Orient le Jour, vendredi 3 juillet 2009

Évoquant la publi­cation du dixième rapport de l’ONU sur l’application de la réso­lution 1701 du Conseil de sécurité, le bureau des rela­tions inter­na­tio­nales du Hez­bollah a publié hier un com­mu­niqué dans lequel il cri­tique « la position timide et équi­voque » du secré­taire général de l’ONU, Ban Ki-​​moon, concernant l’impact des réseaux israé­liens d’espionnage qui ont été récemment déman­telés par les forces de l’ordre libanaises.

Dans le texte du com­mu­niqué, le parti chiite s’en prend en par­ti­culier au para­graphe relatif à la plainte pré­sentée par le Liban aux Nations unies au sujet des réseaux d’espionnage israéliens.

« Dans ce para­graphe, aucune allusion n’a été faite au danger que repré­sente cette vio­lation de la part de l’État hébreu qui doit être consi­dérée comme une menace à la sécurité et à la sta­bilité de la scène liba­naise, ainsi qu’une vio­lation continue de la sou­ve­raineté du pays ». « Pourtant, poursuit le com­mu­niqué, les inves­ti­ga­tions ont bel et bien prouvé que ces espions ont opéré selon des méca­nismes précis, et à des occa­sions dif­fé­rentes, four­nissant à l’ennemi des ren­sei­gne­ments impor­tants et dan­gereux relatifs à la sécurité des Libanais, que ce soient des hommes poli­tiques, des résis­tants ou des ins­ti­tu­tions sécuritaires ».

Et le Hez­bollah de rap­peler à ce propos que cer­tains parmi ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de ces réseaux « ont avoué avoir eu pour mission de pré­parer le terrain à des assas­sinats et autres actes sub­versifs ». « Par consé­quent, poursuit le texte, les données qui consti­tuent ce dossier sont suf­fi­santes pour condamner Israël et lui adresser des accu­sa­tions claires pour ce qui est de la vio­lation de la sou­ve­raineté libanaise. »

Et le Hez­bollah de pour­suivre : « À travers ses opé­ra­tions d’espionnage, Israël est non seulement res­pon­sable des crimes et des agres­sions qu’il a exé­cutés au cours de la guerre de juillet 2006, mais il est aussi considéré comme étant le suspect prin­cipal dans plu­sieurs crimes qui ont été commis contre le Liban, et qui ont été à l’origine d’incidents et de la pro­pa­gation du chaos, menaçant ainsi la sta­bilité poli­tique du pays dans son ensemble. »

Le parti chiite a indiqué qu’il aurait sou­haité que le rapport émis par le secré­taire général de l’ONU soit plus « explicite » pour ce qui a trait « aux menaces que repré­sentent les actes commis par l’État hébreu », cri­ti­quant au passage « le para­graphe timide et équi­voque qui y fait allusion et qui n’exprime pas la réalité des dangers que consti­tuent les opé­ra­tions israé­liennes d’espionnage ».

Le com­mu­niqué accuse d’ailleurs ouver­tement le secré­taire général de l’ONU ainsi que le Conseil de sécurité « d’avoir un parti pris » que l’on peut déceler « dans leurs lec­tures et prises de position, qui sont clai­rement en faveur d’Israël », conclut le texte.