Le Hamas discute des propositions de Carter

NouvelObs (et RFI), lundi 21 avril 2008

L’ancien pré­sident amé­ricain a indiqué que les res­pon­sables du Hamas au Caire sont prêts à accepter un accord de paix négocié par Israël et Mahmoud Abbas, si les Pales­ti­niens l’approuvent par référendum.

Le Hamas a engagé un débat interne sur les pro­po­si­tions avancées par l’ancien pré­sident amé­ricain Jimmy Carter pour un cessez-​​le-​​feu uni­la­téral avec Israël et une plus grande sou­plesse poli­tique, selon des sources poli­tiques palestiniennes.

Jimmy Carter a quitté Damas, samedi 19 avril, pour Ryad après un entretien au petit matin avec le chef poli­tique en exil du mou­vement, Khaled Méchaal.

Ven­dredi soir déjà, les deux hommes avaient parlé pendant plus de quatre heures des condi­tions qui pour­raient amener le Hamas à intégrer un pro­cessus de paix ou à lever son oppo­sition aux pour­parlers actuel­lement menés entre Israël et le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas.

Il doit obtenir l’accord des autres

Pendant qu’il s’emploie à lever le blocus imposé par l’Etat juif à la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis juin 2007, Jimmy Carter a réclamé l’arrêt des tirs de roquettes sur Israël, ont précisé des res­pon­sables proches des entretiens.

L’un des res­pon­sables a déclaré, "Jimmy Carter a également demandé à Khaled Méchaal d’adopter des décla­ra­tions publiques plus souples et lui a parlé comme à un diri­geant d’un mou­vement de libé­ration nationale, non comme le ter­ro­riste qu’Israël et l’Amérique essaient de dépeindre".

"Khaled Méchaal n’est pas seul au sein de la direction du Hamas. Il doit obtenir l’accord du reste de ses com­pa­gnons", a-​​t-​​il ajouté.

Le Hamas est dirigé par Khaled Méchaal et d’autres membres en exil du bureau poli­tique, ainsi que par des membres pré­sents sur le terrain à Gaza et en Cisjordanie.

Consultations

Mahmoud Zahar et Saïd Seyam, deux diri­geants du Hamas à Gaza que Jimmy Carter a ren­contrés cette semaine au Caire, sont attendus dans la journée à Damas pour des consul­ta­tions avec la direction en exil du mouvement.

Jimmy Carter a indiqué que les res­pon­sables du Hamas au Caire lui avaient dit qu’ils accep­te­raient un accord de paix négocié par Israël et Mahmoud Abbas si les Pales­ti­niens l’approuvaient par référendum [1].

Les efforts déployés par Jimmy Carter envers le Hamas ont fait grincer des dents en Israël et à Washington.

Un ministre israélien issu d’un parti reli­gieux a cependant récemment offert de ren­contrer des diri­geants du Hamas pour évoquer la libé­ration du sergent israélien Gilad Shalit et le sujet a été abordé par Jimmy Carter lors de son entrevue avec Khaled Méchaal.

Shalit en échange de 600 prisonniers palestiniens

Les diri­geants du Hamas ont jugé qu’une offre de libérer Gilad Shalit en échange de 600 pri­son­niers pales­ti­niens était "rai­son­nable" étant donné le nombre élevé, 11.000, de détenus pales­ti­niens dans les geôles israé­liennes. L’impact de la visite de Jimmy Carter en Syrie sera sans doute plus clair lorsque l’ancien artisan des accords de paix de Camp David retournera la semaine pro­chaine à Jéru­salem et donnera à des res­pon­sables israé­liens son sen­timent sur les posi­tions du Hamas, estiment des diplomates.

"Per­sonne ne s’attend à voir Jimmy Carter sortir du QG du Hamas à Damas en tenant la main de Gilad Shalit", sou­ligne l’un d’eux.

[1] selon RFI, Le Hamas rejette la trêve négociée par l’Egypte

Le Hamas a rejeté une pro­po­sition négociée par l’Egypte de cessez-​​​​le-​​​​feu avec Israël dans la bande de Gaza. Le Caire avait dévoilé samedi un plan de sortie de crise dans la bande de Gaza, mais le mou­vement isla­miste dénonce le recours à un réfé­rendum prévu dans le texte.

L’enthousiasme des Egyp­tiens qui faisait état ce week-​​​​end de progrès impor­tants vers la conclusion d’un cessez-​​​​le-​​​​feu à Gaza, a rapi­dement été douché.

Le Hamas dénonce l’une des condi­tions de ce texte qui pré­voyait qu’un éventuel accord de paix entre Israé­liens et Pales­ti­niens, serait soumis au réfé­rendum. L’idée répugne le mou­vement isla­miste qui serait alors obligé d’accepter cet accord si le « oui » l’emportait.

Un plan global pour sortir de la crise

L’Egypte tentait de négocier un plan global pour sortir de la crise à Gaza, une trêve entre l’armée israé­lienne et les groupes armées pales­ti­niens qui ces­se­raient les tirs de roquettes sur l’Etat hébreu, un échange de 400 pri­son­niers pales­ti­niens contre la libé­ration du soldat israélien Gilad Shalit, et enfin, une réou­verture des points de passage pour mettre fin au blocus de Gaza.

Ce plan devait per­mettre de par­venir au moins à une période de calme à Gaza, le temps de donner une chance d’aboutir aux négo­cia­tions qui se déroulent entre Israël et l’Autorité pales­ti­nienne, des dis­cus­sions sans cesse assom­bries par les vio­lences dans la bande de Gaza.

Karim Lebhour, RFI, 21 avril http://​www​.rfi​.fr/​a​c​t​u​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​100​/​​a​r​t​i​c​l​e​_​​65274.asp