Le Hamas annonce la « suspension » des négociations avec Israël sur Shalit

L’Orient le Jour, dimanche 6 juillet 2008

Un res­pon­sable du Hamas a annoncé hier (3 juillet) la « sus­pension » des négo­cia­tions menées par son mou­vement avec Israël par l’entremise de l’Égypte en vue de la libé­ration d’un soldat israélien détenu à Gaza en échange de pri­son­niers palestiniens.

Oussama al-​​Mouzeini, considéré comme le res­pon­sable du Hamas chargé du dossier du soldat israélien Gilad Shalit a affirmé à l’AFP que cette sus­pension avait été décidée « en raison du non-​​respect par Israël des termes de la trêve » en vigueur depuis le 19 juin dans la bande de Gaza. « Le Hamas a sus­pendu les négo­cia­tions indi­rectes avec l’ennemi sur Shalit en raison du non-​​respect par l’ennemi des termes de la trêve, notamment l’ouverture des points de passage et l’autorisation de l’entrée de toutes les mar­chan­dises », a déclaré M. Mouzeini.

Gilad Shalit a été enlevé en juin 2006 lors d’une attaque pales­ti­nienne à la lisière de la bande de Gaza menée par trois groupes armés pales­ti­niens, dont la branche mili­taire du Hamas. Le mou­vement isla­miste exige la libé­ration de cen­taines de pri­son­niers pales­ti­niens en échange du soldat israélien et mène avec Israël des négo­cia­tions par l’entremise de l’Égypte depuis plu­sieurs mois pour par­venir à un accord.

Les points de passage de la bande de Gaza, censés être rou­verts gra­duel­lement par Israël dans le cadre de l’accord de trêve, ont été main­tenus fermés à plu­sieurs reprises depuis son entrée en vigueur, à la suite de tirs de roquettes ou d’obus de mortier par des groupes armés pales­ti­niens. Ils étaient ainsi fermés hier après un nouveau tir de roquette depuis Gaza jeudi après-​​midi. Selon M. Mou­zeini, une délé­gation du Hamas devait se rendre en Égypte jeudi pour de nou­velles dis­cus­sions sur un échange de pri­son­niers comme prévu dans l’accord de trêve mais a renoncé à faire le dépla­cement. Selon lui, ces négo­cia­tions repren­dront à une date qui sera fixée « lorsque l’ennemi aura montré son sérieux et son respect des accords conclus ».

Il a précisé que le Hamas exi­geait dans le cadre d’un éventuel échange la libé­ration par étapes d’un millier de pri­son­niers dont, « dans une pre­mière étape », 450 détenus « pur­geant de lourdes peines ». Sur ces 450 pri­son­niers, « Israël n’a approuvé à présent que 70 noms », a-​​t-​​il affirmé. « Je pense que si l’ennemi trouve un négo­ciateur coriace en face de lui il finira par faire des conces­sions », a-​​t-​​il ajouté.

Le chef du gou­ver­nement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a pour sa part affirmé que la fer­meture des ter­minaux com­mer­ciaux de la bande de Gaza « montre qu’Israël n’applique pas sérieu­sement l’accord de trêve conclu par le biais de l’Égypte ». « La conso­li­dation de la trêve est un intérêt pales­tinien, mais Israël doit de son côté lever le blocus et rouvrir les ter­minaux », a-​​t-​​il ajouté dans des décla­ra­tions à la presse. Sur ce dossier, le pré­sident Nicolas Sarkozy a déclaré hier à Paris qu’il allait demander à son homo­logue syrien Bachar el-​​Assad de mettre « toute la force » de son pays pour la libé­ration du soldat franco-​​israélien Shalit. « J’aurai l’occasion, en voyant pour le sommet » de l’Union pour la Médi­ter­ranée (UPM), « le pré­sident Bachar el-​​Assad, de lui dire de mettre toute la force de la Syrie pour qu’on relâche le soldat Shalit », a pour­suivi M. Sarkozy.