Le Conseil des droits de l’homme invité à enquêter sur la détention admi­nis­trative en Israël

Service d’informations des Nations-​​Unies, mardi 3 juillet 2012

Le Rap­porteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés depuis 1967, Richard Falk, a pré­senté lundi au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies un rapport sur la mission qu’il a effectuée en février 2012, et dont l’objectif était d’évaluer les efforts consentis pour donner effet au droit à l’autodétermination du peuple pales­tinien, y compris de sa diaspora.

Le Rap­porteur spécial n’a pas béné­ficié de la col­la­bo­ration d’Israël dans le cadre de sa mission, au terme de laquelle il a noté la « dés­illusion » envers le pro­cessus de paix comme moyen de réa­liser l’autodétermination des Pales­ti­niens, ainsi qu’envers le rôle du Quatuor pour le Moyen-​​Orient et de sa feuille de route.

« La com­mu­nauté inter­na­tionale doit agir face au refus de coopé­ration sys­té­ma­tique d’Israël avec les méca­nismes des Nations Unies. La cré­di­bilité de tout le système onusien et l’état de droit inter­na­tional en dépendent », a estimé M. Falk en sou­li­gnant aussi que cette per­sis­tance affecte également la capacité des Nations Unies à traiter les popu­la­tions sur un pied d’égalité.

Le Rap­porteur spécial a par ailleurs constaté le rejet de la résis­tance armée comme moyen d’obtenir la réa­li­sation pro­gressive des droits des Pales­ti­niens. L’expérience a en effet montré, a-​​t-​​il dit, qu’elle ne fait qu’aggraver les dif­fi­cultés et les souf­frances asso­ciées à l’occupation armée, le recours aux approches non-​​violentes s’étant avéré un meilleur moyen de pro­mouvoir la cause palestinienne.

M. Falk a déclaré qu’il dis­cerne chez les Pales­ti­niens un opti­misme à long terme à la lumière des événe­ments qui se pro­duisent au Moyen-​​Orient, par oppo­sition à un pes­si­misme à court terme qui est le résultat des poli­tiques israé­liennes. Au final, M. Falk relève une incer­titude quant à l’avenir de la demande, par l’Autorité pales­ti­nienne, de la création d’un État palestinien.

M. Falk a déploré la pra­tique israé­lienne de détention admi­nis­trative, qui concerne actuel­lement 309 Pales­ti­niens, incar­cérés en l’absence de preuves et en l’absence de pro­cédure judi­ciaire. Cette pra­tique suscite d’autant plus de contro­verses qu’elle s’accompagne de trai­te­ments par­ti­cu­liè­rement durs infligés tant au moment des arres­ta­tions que pendant la détention.

« Des géné­ra­tions entières de Pales­ti­niens vivent sans droits et en l’absence de droits », a estimé M. Falk.

Le rapport de M. Falk dénonce également la pra­tique israé­lienne des assas­sinats ciblés et la pour­suite de la colo­ni­sation illégale, même en vertu de la légis­lation israé­lienne. Cette colo­ni­sation s’accompagne d’actes de vio­lence de la part des colons, notamment à Hébron, a-​​t-​​il fait observer.

Les prin­ci­pales recom­man­da­tions du rapport sont l’adoption, par le Conseil des droits de l’homme, d’une réso­lution de censure et la création de méca­nismes chargés de pré­parer deux études : l’une sur la pra­tique de la détention admi­nis­trative par les auto­rités d’Israël, l’autre sur l’applicabilité du droit inter­na­tional huma­ni­taire aux situa­tions d’occupation prolongée.

M. Falk a en outre recom­mandé que la Cour pénale inter­na­tionale (CPI) soit priée de rendre un avis juri­dique sur le transfert de pri­son­niers pales­ti­niens dans des prisons israé­liennes. Enfin, le Conseil devrait accorder davantage d’attention au fait qu’Israël refuse de coopérer avec les Nations Unies et avec son Rap­porteur spécial.