Languedoc-​​Roussillon. Le conflit israélo-​​palestinien s’invite à la session de la Région

dimanche 28 juin 2009

L’implantation de la société israé­lienne Agrexco à Sète soulève des pro­tes­ta­tions de la part des pro pales­ti­niens. Il en fut question hier, tout au long de la session du conseil régional consacrée au budget supplémentaire.

Bien qu’elle ne soit pas ins­crite à l’ordre du jour de la session du con seil régional d’hier, l’implantation à Sète de la société israé­lienne d’importation de fruits et légumes Agrexco fut au coeur de son débat le plus virulent.

Alors que le matin même, des mani­fes­tants déployaient une ban­derole à l’entrée de l’hôtel de région pour pro­tester contre l’arrivée de la société israé­lienne, Georges Frêche a lancé le débat en lisant une décla­ration qu’il avait rendue publique la veille (lire l’Indépendant d’hier). "Georges Frêche ne peut pas déclarer qu’il est favo­rable à la création d’un Etat pales­tinien et sou­tenir cette société qui produit des fruits et légumes sur les ter­ri­toires occupés" se révolte Robert Kissous, un des porte-​​parole du col­lectif regroupant quelque 80 asso­cia­tions pro palestiniennes.

Il dénonce également le fonc­tion­nement "anti­dé­mo­cra­tique" de la Région. "Nous nous étions ins­crits pour assister à la session d’aujourd’hui (hier, NDLR) il y a déjà quinze jours. Hier (avant-​​hier, NDLR), on nous appelé pour nous dire qu’il n’y avait plus de places. Le blocage est total, les séances ne sont abso­lument pas publiques", déplore le manifestant.

"Indignation sélective"

Autre son de cloche pour le pré­sident de la Région qui regrette "que le col­lectif n’ait pas demandé à être reçu. J’aurai été heureux de leur donner toute expli­cation…". Et Georges Frêche de s’étonner de ce mou­vement qu’il qua­lifie "d’indignation sélective", la société étant établie à Mar­seille depuis 35 ans sans avoir jamais soulevé la moindre protestation.

point sur lequel le rejoint le groupe écolo­giste mené par Marie Meunier-​​Polge. "La souf­france d’un peuple ne peut pas être mêlée à une que­relle poli­ti­cienne locale", exprime cette der­nière. "Je res­pecte les per­sonnes qui mani­festent en bas de l’hôtel de Région, mais je refuse les amal­games". "L’Etat de guerre per­manent nuit à la sérénité des débats", regrette cette der­nière après l’intervention musclée de "l’électron libre" Vert, Silvain Pastor.

Qua­li­fiant Agrexco "de bras armé du gou­ver­nement israélien", l’élu gardois s’est, en effet, adressé à Georges Frêche pour s’offusquer du "mépris que vous affichez à l’encontre des mani­fes­tants qui vou­laient juste assister à la séance. Vous avez montré votre vrai visage, vous êtes un dic­tateur ! ", s’emporte-t-il, bien que son micro ait été coupé. Présent au sein du col­lectif anti-​​Agrexco, le parti com­mu­niste, quant à lui, "ne cau­tionne pas l’entrée de pro­duits illégaux pro­venant des colonies israé­liennes en ter­ri­toire palestinien".

S’il refuse aussi "de céder à quelque amalgame que ce soit", le com­mu­niste Jean-​​Paul Boré sou­ligne que son parti "exige que les règles pro­posées par l’Union euro­péenne soient scru­pu­leu­sement res­pectées". Georges Frêche, de son côté, a clos les débats en annonçant qu’il avait reçu le soutien de trois syn­dicats de dockers du port de Sète.

200 emplois doivent être créés avec l’installation de nouveau ter­minal fruitier.