Lancement d’une campagne pour libérer un militant du boycott contre Israël

L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 29 mars 2017

Une campagne a été lancée mercredi pour la libération de Omar Barghouti, membre fondateur d’un mouvement militant pour le boycott d’Israël qui a été arrêté pour fraude fiscale par les autorités israéliennes. M. Barghouti, un des dirigeants du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) a été arrêté lundi.

Israël assimile le mouvement de BDS à une menace stratégique et l’accuse d’antisémitisme, ce que récuse cette organisation.

M. Barghouti, Palestinien né au Qatar, est marié à une citoyenne de la minorité arabe israélienne. Cette union lui permet d’avoir un permis de résidence permanente en Israël et lui crée des obligations fiscales. Selon le fisc israélien, il est soupçonné de ne pas avoir déclaré 700.000 dollars de revenus perçus durant la dernière décennie.

Cette mesure est intervenue après que les autorités israéliennes ont refusé l’an dernier de renouveler les documents de voyage d’Omar Barghouti, l’empêchant de fait de se rendre à l’étranger. BDS a dénoncé son arrestation, estimant dans un communiqué qu’il s’agit d’une mesure s’inscrivant dans le cadre d’une campagne plus vaste visant à "réprimer" Omar Barghouti. "Le gouvernement israélien a monté de toutes pièces une affaire sur des soi-disant revenus qu’il aurait perçus en dehors d’Israël", accuse BDS. Ce militant devait se rendre aux Etats-Unis pour recevoir une récompense de l’université de Yale, poursuit le communiqué.

"Quelque soient les mesures extrêmes de répression imposées par Israël, rien n’empêchera ce mouvement des droits de l’Homme d’agir", a proclamé BDS. Le communiqué du fisc israélien précise qu’Omar Barghouti dirige la société National Computing Resources enregistrée à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

"Le suspect a omis de déclarer environ 700.000 dollars de revenus entre 2007 et 2017. Pour dissimuler son activité criminelle il a déposé ces revenus dans une banque de Ramallah", affirme le fisc israélien.

Israël est en butte à une campagne globale de boycott économique, culturel ou scientifique destinée à obtenir la fin de l’occupation et de la colonisation des Territoires palestiniens. Le gouvernement se bat farouchement contre tout ce qui ressemble à une entreprise de boycott.

Le Parlement d’Israël a adopté au début du mois une loi interdisant l’entrée sur le territoire à tout non Israélien ou non résident permanent qui aurait appelé au boycott. Des organisations de défense des droits de l’Homme et d’opposition ont dénoncé cette loi.

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