La présentation par Dieudonné d’une liste prétendument antisioniste et constituée de militants d’extrême droite aux élections européennes mérite une mise au point.

Communiqué de l’AFPS, mardi 26 mai 2009

La présentation par Dieudonné d’une liste prétendument antisioniste et constituée de militants d’extrême droite aux élections européennes mérite une mise au point.

Dieudonné ne s’en cache plus, il est devenu le grand ami de Le Pen, n’hésite pas à ironiser sur la déportation des juifs d’Europe vers les camps de la mort ni à se commettre avec le négationniste Faurisson.

Qu’il participe d’une telle liste d’extrême droite n’est donc pas pour nous étonner.

Nous aurions pu nous contenter du silence, pour ne pas contribuer à ce que Dieudonné recherche : la médiatisation dont il se repaît.

C’eût été ignorer les dangers de ce qu’il véhicule.

Car le fait que cette liste surfe sur les légitimes émotions et colères suscitées par la politique israélienne en Palestine occupée -notamment après la guerre meurtrière menée cet hiver contre la population de Gaza- pour tenter de les détourner à son profit, ne relève pas seulement de la duperie. Sa logique même est dangereuse. Elle l’est pour notre société et les valeurs de solidarité, d’antiracisme et d’égalité que nous y défendons. Elle l’est pour la cause palestinienne dont le droit et la nécessité de respecter le droit sont les fondements. Les valeurs du combat national du peuple palestinien et celles que prétend défendre l’extrême droite sont aux antipodes les unes des autres.

Si nous condamnons la politique sioniste des dirigeants israéliens, c’est précisément parce qu’elle nie quotidiennement et par principe les droits nationaux du peuple palestinien, en se fondant non seulement sur une logique d’expansionnisme annexionniste mais aussi sur une logique de la séparation, dont le mur d’annexion et les transferts de populations ou de territoires sont parmi les multiples avatars. Cette logique, c’est celle du refus du métissage, celle du refus de l’échange et du partage, celle du rejet du « Ta’ayoush », ce « vivre ensemble » que défendent ensemble militants palestiniens et militants anti-colonialistes israéliens. C’est cette même logique de séparation qui anime historiquement l’extrême droite, en France ou ailleurs.

En dénonçant les deux revers d’une même médaille, nous refusons le piège grossier qui consisterait à voir un allié dans l’adversaire de son adversaire.

Et nous invitons tous ceux qui ont à cœur de défendre l’égalité et la solidarité à condamner également d’une même voix ces deux versions d’un même poison.

Paris,

Le 25 mai 2009