La police israélienne évacue de force des colons à Hébron

AP, jeudi 4 décembre 2008

Les forces de sécurité israé­liennes ont évacué de force jeudi 4 décembre quelque 250 colons juifs qui occu­paient un bâtiment contesté à Hébron, une que­relle qui était devenue l’un des prin­cipaux points chauds de Cisjordanie.

Selon les ser­vices de secours israé­liens, au moins 25 per­sonnes ont été blessés dans les deux camps au cours de cette évacuation musclée.

Selon la porte-​​parole de l’armée Avital Lei­bovitz, l’opération, menée par 600 poli­ciers et soldats, a pris fin en 20 minutes environ. Les colons ont ensuite tenté de réin­vestir le bâtiment, mais les forces anti-​​émeute les en ont empêchés. Des échauf­fourées ont suivi entre poli­ciers et jeunes colons.

L’armée a ensuite déclaré toute la région de Hébron "zone mili­taire fermée". La vio­lence s’est rapi­dement pro­pagée à d’autres zones de Cis­jor­danie, où les colons ont jeté des pierres, brûlé des pneus et bloqué les routes : la cam­pagne de riposte sur tout le ter­ri­toire avait été orga­nisée et devait être déclenchée dans la foulée de l’éviction de Hébron.

Des colons ont également incendié deux maisons pales­ti­niennes, et un Pales­tinien a été blessé par balles, des tirs attribués aux colons. La route prin­cipale menant à Jéru­salem a également été bloquée par des mili­tants de droite, et 11 émeu­tiers ont été interpellés.

Le bâtiment de quatre étages, baptisé "Maison de la Paix" par les colons, consti­tuait une petite enclave dans cette ville tou­jours sous haute tension, où 500 Juifs parmi les plus exré­mistes vivent sous haute pro­tection au milieu de 170.000 Palestiniens.

La ville, qui abrite le Tombeau des Patriarches, est consi­dérée comme le lieu où repose la dépouille d’Abraham, révéré tant par les juifs que par les musulmans.

Les colons se sont ins­tallés dans la "Maison de la Paix" sans auto­ri­sation au début de l’année 2007. Le mois dernier, la Cour suprême israé­lienne a jugé que les colons devaient être expulsés, jusqu’à ce qu’un autre tri­bunal décide qui est le pro­prié­taire légitime.

Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak a donné l’ordre d’intervenir après avoir tenté, au cours d’une ren­contre plus tôt dans la matinée dans les diri­geants des colons, de les faire partir paci­fi­quement, a expliqué son conseiller Eitan Broshi sur les ondes de la radio de l’armée israélienne.

Mark Regev, porte-​​parole du Premier ministre Ehoud Olmert, a quant à lui déclaré qu’"en Israël c’est le règne de la loi qui prévaut, et non le règne des milices".

Il s’agissait de la plus impor­tante évacuation de colons par la force depuis le déman­tè­lement de l’implantation sauvage d’Amona, en février 2006. A l’époque, des cen­taines de poli­ciers anti-​​émeutes avaient affronté les colons en véri­tables batailles rangées qui avaient fait des dizaines de blessés. AP